Plus de tabous – Elles témoignent

 Après une enfance paisible et détachée à la fois des regards et des problématiques liées à mon corps, l’entrée dans l’ère de l’adolescence s’est avérée houleuse et compliquée. Devenue hyper consciente de mon corps, et de tous les changements qui s’opéraient, j’ai accumulé complexe sur complexe, pour finir par m’en détacher et ne plus l’habiter. La voie de la réconciliation n’est jamais une voie facile, surtout dans le contexte actuel, mais elle est si douce, quand on réussit à l’emprunter. Parler du corps des femmes restera à mes yeux un des sujets les plus passionnants, car plus que jamais d’actualité, vaste, et quelque peu périlleux.  Alors qui de mieux pour le faire que les principales intéressées ? Comment parlent-elles de leurs corps ? Quelle pressions ont-elles ressenties ces dernières années ? Quels changements aimeraient-elles voir ? Quels messages veulent-elles faire passer ? Elles sont une quinzaine à avoir accepté de répondre à quelques unes de mes questions. Cette porte d’entrée sur leurs pensées les plus intimes s’est révélée touchante et poignante. La diversité des voix qui s’élèvent et la vulnérabilité des témoignages est une vraie force. Parler, témoigner, informer, voilà le premier pas que l’on peut effectuer pour faire bouger les choses.

Quelle est ta relation à ton corps ? Comment a-t-elle évolué ?

Ma relation à mon corps est bonne. Quand j’étais enfant, il ne m’intéressait pas. Je ne prêtais pas attention à comment je m’habillais tant que c’était confortable. Et les gens pour lesquels c’était important, d’être bien vêtu, je les ignorais. Puis, il a commencé à changer, et le regard des autres est arrivé. Alors mon corps est devenu une sorte d’arme, à mon service. La découverte de la sexualité, et les rencontres que j’ai faites au fur et à mesure m’ont aidée à comprendre, que mon corps, je pouvais en faire ce que je voulais, sans que les autres aient leur mot à dire. J’ai rencontré des gens extrêmement positif·ve·s, pas forcément belles·aux à l’extérieur mais merveilleux·ses à l’intérieur et qui se fichaient du regard des autres. Et qui vivaient un rapport à leur corps loin des diktats. Et il y avait quelque chose de beau à aimer tous les types de corps. J’en ai aimé des vieux, des gros, des maigres, et on a aimé le mien. Souvent, on m’a dit que j’étais belle, et j’y crois un peu. Je veux dire que je n’ai pas de difformité qui soit vraiment handicapante. Mais je n’ai pas une taille de mannequin, mes dents sont de travers et tant pis ! Au final, plus les gens qui m’entourent sont âgé·e·s, plus ils ont compris que ce n’était pas important. Je ne me maquille que quand je veux. Je m’habille désormais bien pour aller au travail parce que je pense que c’est important la première image que je donne. Mais c’est tout. Et je fréquente des lieux dans lesquels mon corps n’a pas d’importance, notamment les Catacombes de Paris, où le fait que je sois une femme n’intéresse personne, si j’ai réussi à rentrer, c’est que je mérite ma place et une bière.

Juliette

Je me rappelle très bien n’avoir jamais eu de problème avec mon corps dans mon enfance. J’avais même une fascination pour les égratignures que je me faisais en vélo, toutes les fois où je me cassais les bras et les jambes je me sentais en adéquation avec mon corps qui me rappelait que je devais faire attention à lui. Puis un jour en 6e primaire (11 ans, dernière année avant d’entrer à l’école des grand·e·s) on m’a appelée le singe et là patatras le drame. J’ai réalisé que j’étais arabe physiquement, que je n’étais pas comme les autres (tou·te·s blanc·he·s) de mon entourage, que j’étais boulotte et pas très gracieuse. À l’école secondaire j’ai gardé ce corps de boulette qui a empiré avec la puberté. Je n’étais vraiment pas belle à voir, complexée, et les moqueries des jeunes garçons n’aidaient pas. Je suis passée d’un je-m’en-foutisme absolu à une obsession de l’apparence, particulièrement du poids.

Sofia

J’ai appris à accepter que j’aurai toujours des formes, et plus encore en devenant une femme, car elles se sont harmonisées. Les hommes m’ont appris à aimer mon corps encore plus.

Diane

Bonne relation : j’ai confiance en mon corps. Je suis fine donc mon corps est plutôt proche des standards imposés par la société (malheureusement c’est plus simple de s’accepter) mais quand j’étais petite j’étais complexée par mon manque de forme. Dans tous les cas, je m’accepte et me plait de plus en plus.

Emy

Ma relation à mon corps a toujours été simple et assez bonne… par contre peut-être que je ne le connais pas assez bien et que je n’en prends pas assez soin. Je ne mesure pas ma chance d’avoir un corps en bonne santé.

Emma

La relation que j’entretiens avec mon corps est relativement rationnelle ; jamais je ne suis tombée dans l’obsession de l’apparence et de la culture de mon image. Je peux en partie remercier la natation. En effet, pratiquant la natation en compétition, je voyais mon corps plutôt comme un outil pour gagner un championnat.

Pauline

Ma relation à mon corps fut très influencée par ma pratique de la danse classique pendant 10 ans. En tant qu’élève au conservatoire, la relation au poids et aux formes était très contraignante et controversée. Chaque danseuse se regardait et se jugeait sous toutes les coutures, et jugeait beaucoup les autres. Les phrases « je suis trop grosse », « je dois faire attention », « j’ai trop mangé » revenaient très souvent. Nous étions donc non seulement amenées à nous juger personnellement sur notre poids, nos formes, et surtout sur notre rapport à la nourriture et à nos « en-cas plaisir », mais aussi à juger les autres, les vestiaires étant des lieux d’intimité, et la danse une pratique où le corps est important, et surtout visible. Ce jugement pouvait être admiratif comme péjoratif, voire méprisant. Personnellement j’étais assez inconsciente de mon corps, je n’arrivais pas à le juger, ni à le mettre en comparaison au début, mais très vite je me suis mise à me surveiller et à regarder les autres. C’était comme un jeu mais très malsain, on jugeait notre prise de poids avec le nombre de bonbons avalés.

Phane

Quelles pressions as-tu déjà ressenties par rapport à ton corps ?

Beaucoup de pression quant aux poils, au fait de devoir toujours paraître jolie, bien coiffée. Et surtout mince. On m’a beaucoup poussée à faire du sport étant petite alors que je n’aimais pas ça, j’étais aussi un gros bébé donc mon père restreignait les doses de sucre à mettre dans mes yaourts ! Je pense qu’à l’adolescence, j’ai grandi avec le modèle de la minceur, ma mère, mon médecin, l’école, tout renvoyait cette idée.

Alice

Quand j’étais en primaire, un copain d’école m’a demandé si j’étais enceinte, j’avoue l’avoir vécu comme un mini traumatisme.

Diane

Ma mère était professeure de danse classique alors un petit bourrelet et hop, à la diète !

Soraya

Les pressions sur mon corps venant de moi-même sont nombreuses. Ma peau translucide, mes cheveux crépus façon boule disco, mes hanches sur-développées, mes côtes asymétriques, mes pieds atrophiés… chaque partie de mon corps y est passée et la liste de qualificatifs pour décrire négativement mon physique est impressionnante. Autant, pendant l’adolescence, chaque défaut physique détruisait un peu plus l’estime que j’avais de moi, autant maintenant, je préfère l’autodérision. Aujourd’hui, tous ces qualificatifs me font bien rire et me montre à quel point je pouvais être créative à cet âge. C’est fou comment le rire nous libère de nos obsessions ; bien sûr je vois encore mes défauts mais je préfère rire d’eux et relativiser ; ils ne partiront pas, alors pourquoi se morfondre ?

Pauline

Qu’est ce qui te révolte le plus à ce sujet ?

Plus rien ne me révolte, j’ai l’impression que rien ne change ni ne changera. Ce ne sont même plus les pressions qui me révoltent mais la faiblesse de certaines femmes qui suivent les normes établies par la société, le savent, l’avouent, mais ne font rien pour changer… ça doit venir de nous, on est le changement, il ne faut pas s’attendre à ce que la société change, c’est peine perdue.

Camille 

Ce qui me révolte le plus, c’est que bien souvent on passe à côté de l’aspect sanitaire. On vit avec des idéaux, on se force à ressembler à un idéal érigé par une société consumériste, qui a une tendance en plus, à sexualiser des corps sculpturaux. Quid de la santé mentale de beaucoup ? Je tiens à préciser que je ne me place pas exclusivement d’un point de vue féminin.

Louison

Ce qui me révolte, le plus est l’hypocrisie concernant le corps de la femme. En effet, nous prônons de plus en plus la diversité des corps, dans les médias notamment. De nombreux reportages portent sur ces célébrités qui assument leur pilosité (comme Miley Cyrus, Alicia Keys, etc), ou leurs formes qui ne répondent pas au diktat de la société actuelle (Beyoncé, Rihanna, etc). Les marques commencent, elles aussi, à s’y mettre (notamment la marque Evian). C’est une bonne chose, car, pour que les choses changent, il faut des femmes et des marques importantes qui osent ouvrir la voie vers la libéralisation des diktats de beauté auxquels sont confrontées les femmes. Mais d’un autre côté, les femmes « ordinaires », qui ne sont pas célèbres, sont fustigées et cataloguées de féministes extrémistes lorsqu’elles se laissent simplement pousser les poils, etc. Faut-il est célèbre pour se défaire des diktats ?

Pauline

Je trouve mes petites formes pratiques dans le sens où je me fais beaucoup moins regardée pour mes atouts physiques. On me regarde, on vient me parler pour moi, la personne que je suis, pas pour mes seins ou mes fesses. Je sens le regard des gens plus véridique. Dans la rue, les transports, les hommes ne me regardent pas trop, il est plus facile de me cacher et d’apparaître « moins attirante ». Je déteste cet « atout » en même temps, car aucune femme ne devrait cacher ses formes, petites ou imposantes. Ce n’est pas aux femmes de se cacher, de porter des vêtements amples, de se tenir droite pour ne pas trop se faire voir, c’est aux hommes d’arrêter de nous reluquer de la tête aux pieds, de nous juger sur notre physique. Certaines femmes sont obligées de trouver des « parades » pour ne pas subir ce regard jugeant et très désagréable : ne pas porter de jupes, de décolletés. D’autres, subissent ce regard mais décident de passer au-dessus et se comportent comme elles le veulent. Mais nous n’avons pas toute la force de s’en ficher et de passe outre.

Judith

Le fait qu’il y ait une sorte de modèle type de comment on doit aimer son corps et aucun autre. J’ai pas mal d’amis trans, qui ont accepté que leur corps de naissance ne leur convenait pas, et qui effectuent des transitions plus ou moins poussées. C’est leur choix, et la société les juge énormément. De la même façon, j’ai des amies travailleuses du sexe, qui considèrent que la façon dont elles utilisent leur corps est un choix, et qui n’acceptent pas qu’on décide pour elles que c’est un mauvais choix. Évidemment je suis contre la traite d’êtres humains dans certains cas, mais quand la décision d’utiliser son corps comme cela est personnelle, je ne comprends pas qu’on puisse émettre une opinion.

Juliette

Le manque d’empathie des gens qui n’ont pas ce corps (les hommes). Si j’étais un homme, je n’aurais pas besoin de voir les choses autrement, mais un jour j’ai eu un corps de femme… Qu’on voit des corps de femme partout en sous-vêtement dans la rue (les publicités) ! J’ai l’impression de me voir nue partout maintenant que j’ai ce corps (c’est quoi cette société qui affiche mon corps comme un objet ?!).

Claire

Je trouve révoltant qu’une femme puisse se sentir réduite à l’image qu’elle donne d’elle-même et que ses qualités et compétences puissent se résumer, voire se soustraire à son physique ou justement non si celui-ci n’est pas jugé flatteur. Cette remarque est par ailleurs aussi valable pour les hommes, car un physique considéré par le plus grand nombre comme « beau » continuera de recevoir des traitements de faveur par la société. Cet état de fait n’est pas nouveau mais il est certain qu’il reste d’actualité et qu’il est difficile de s’en défaire.

Nelly

Qu’est-ce que tu préfères chez toi ?

J’aime ma cambrure.

Emy

C’est une question difficile. Je pense à des choses très anecdotiques comme mes oreilles ou mes pieds.

Nelly

Mes fesses parce qu’elles sont rebondies et franchement visibles. Toute ma jeunesse j’ai bien galéré à trouver des pantalons allant parfaitement à cause de ça. Mais à chaque fois, on me disait que c’était parce que j’avais les fesses de La Réunion (vu que ma grand-mère est réunionnaise). Ça aurait dû me faire complexer mais au final ça m’a juste appris à aimer cette partie de mon corps.

Eléonore

J’aime bien mon dos, mes tâches de rousseur, ma nuque et ma bouche

Valentine

Mes yeux, mes cheveux, mes mains et mes seins (même s’ils sont petits il sont parfaits, et ça, c’était pas gagné pour que j’en sois fière mais je le suis !).

Camille

Alors justement, c’est toujours une question compliquée ! J’aime la couleur de mes cheveux et de mes yeux, j’aime mes mains, ma poitrine et mon dos. C’est déjà pas mal.

Louison

Je crois que sans mes cheveux je suis perdue…

Soraya

Qu’est ce qu’on pourrait faire mieux pour que les choses changent ?

Commencer par porter un regard indulgent sur son corps pour ensuite être capable de porter un regard doux sur celui des autres, et par voie de conséquence, ne pas entrer dans un cercle vicieux de critiques. Et se libérer de l’idée d’une « norme » : la norme n’existe pas, c’est un concept qui évolue avec le temps, selon les époques, les aires géographiques, les cultures, les religions. Alors autant être bien, là, tout de suite !

Valentine

Dites-vous entre vous que vous êtes belles. Dans le métro, je n’hésite jamais à complimenter une femme bien habillée ou charmante. Pareil à l’université. Et je pense que ça donne le sourire, ça montre qu’on se soutient dans la gent féminine

Sofia

À mon avis, tout passe par l’éducation. Changer le rapport au corps féminin ça passe par l’éducation à la sexualité, je pense. On ne parle quasiment jamais de la puberté avant que celle-ci arrive. Forcément on est perdue face à ça. Si on démocratisait l’apprentissage de la sexualité on démocratiserait toutes ces questions liées aux corps à mon avis. Parce qu’au final, avant le collège et la puberté les enfants se fichent un peu de leur rapport au corps. Ça va aussi bien pour le corps féminin que pour le corps masculin d’ailleurs

Eléonore

En parler à l’oral, dans l’art (plastique, littérature, performances, cinéma, théâtre).

Diane

Il y a effectivement le mouvement du « body positivism » que j’apprécie vraiment. Je crois qu’il est important de sensibiliser dès le plus jeune âge sur le fait que l’on va vivre toute notre vie dans cette enveloppe charnelle, que c’est important de l’apprivoiser, et de faire les choses afin d’être bien avec soi-même et non pour les autres. Que l’on est effectivement tous et toutes différentes, avec nos forces et nos faiblesses. Qu’un corps est beau dans sa diversité, et qu’il ne faut ni culpabiliser d’être très mince naturellement ou en embonpoint. L’essentiel serait donc de valoriser le bien-être mental et physique, tout en acceptant que tous les corps ne peuvent se ressembler.

Louison

Il faudrait éduquer le coeur plus que le regard.

Soraya

Mettre au premier plan des personnalités féminines entières et singulières permettront de faire bouger les lignes, en particulier auprès des jeunes générations qui restent très influencées par certains stéréotypes quant à ce qu’il faut penser et ce à quoi il faut ressembler, images et pensées par ailleurs fortement véhiculées et relayées par les réseaux sociaux.

Nelly

Un message que tu aimerais faire passer ?

Ce qui fait la beauté d’un corps ce n’est pas son apparence physique, mais le respect et l’amour que la personne (qui habite ce corps) lui porte !

Valentine

J’aimerais que les femmes soient plus soudées, qu’elles passent plus de temps à s’entraider plutôt qu’à s’envier.

Alicia

Le message que je voudrais faire passer, et qui serait, selon moi, la meilleure chose à faire pour faire évoluer la société, est de changer la mentalité des enfants dès leur plus jeune âge, aussi bien chez les filles que chez les garçons. Il faut élever les filles à être fières d’elles et de leur corps. Il faut les éduquer à avoir confiance en elles, et à assumer les asymétries de leur corps (qu’elles qualifient de « défauts » mais qui sont en réalité des marqueurs de leur unicité). Il faut notamment redoubler d’efforts lors de l’adolescence. Comme l’avait fait remarquer la marque Always, lors de sa campagne de publicité de 2016, les filles perdent leur confiance en elles pendant la puberté. C’est aussi pendant cette période de leur vie que leur corps change le plus, et que les jeunes filles sont le plus critique avec celui-ci. Mais éduquer les jeunes filles à croire en elles n’aura qu’un effet minime si on ne change pas aussi la mentalité des garçons. Il faut qu’on apprenne à ces derniers à respecter le corps des femmes, et à changer la vision qu’ils portent sur le corps féminin. En effet, les femmes sont de plus en plus utilisées, dans la publicité notamment, comme un moyen qui pousse à la consommation (les publicités des femmes qui correspondent parfaitement aux critères de beauté imposés par la société et qui posent auprès des voitures de luxe, dans le but d’accroître les ventes de voitures de luxe). Le corps de ces « belles » femmes est, pour certains types d’hommes, le reflet de la réussite professionnelle et/ou sociale. Transformer cette chosification du corps de la femme vers une vision où le physique féminin serait la personnification de l’âme qu’elle abrite, serait le meilleur message à enseigner aux garçons.

Pauline

Free Yourself. Love Yourself.

Soraya

Aimez-vous, soyez fières de vos différences et surtout affranchissez-vous des normes.

Emy

Une femme qui t’inspire ?

Ma grand-mère, la seule femme que je connaisse qui n’a AUCUN problème avec son corps et qui pourrait faire un f*** à toutes les personnes qui oseraient la critiquer.

Camille

Audrey Hepburn. Parce qu’elle est devenue une des plus belles femmes de son époque en se le répétant tous les jours alors qu’elle ne s’aimait pas et qu’elle avait un physique androgyne et enfantin.

Diane

Patti Smith, qui a toujours fait ce qu’elle a voulu, qui a accepté sa part androgyne, et qui s’est détournée du seul jugement d’autrui.

Louison

Swan Périssé, la youtubeuse humoriste qui affiche son corps de façon totalement décomplexée dans ses vidéos, alors que c’est un lieu où les jugements sur le corps des femmes est le plus grand ! Elle assume sa féminité, elle assume ses formes, et elle les montre comme quelque chose de normal et je me sens bien dans mon corps en regardant ses vidéos.

Phane

Ma mère, j’ai eu la chance d’être élevée par une femme qui ne m’a jamais rien imposé et qui m’a donné confiance en moi en me complimentant et en m’accompagnant sans jamais me juger.

Emy

 


 

Merci à Sofia, Eléonore, Juliette, Nelly, Soraya, Claire, Phane, Emy, Emma, Pauline, Alicia, Alice, Diane, Louison, Judith, Camille et Valentine.