La tendance vegan en France : ça marche ou pas ?

La culture gastronomique française a laissé la porte fermée aux végétariens et vegans, contrairement à ses voisins européens. Pourtant, il serait sage de les laisser entrer !

Le CSA a établi, dans une étude de 2015, que les plats préférés des français sont les fruits de mer, le fameux steak-frites, le poulet rôti, le couscous, la pizza, et puis d’autres plats typiques comme la choucroute et le cassoulet. Pas vraiment varié, puisque un élément revient souvent, si ce n’est tout le temps, dans l’alimentation des français : la viande ! Cliché et réalité : les français aiment la bonne bouffe. Malheureusement, la tendance actuelle est au healthy, tout ce qui est sain, qui peut permettre d’avoir un style de vie équilibré ou qui nous évitera le diabète, le cancer et la mort par consommation de viande. Ce mouvement healthy arrive donc un peu comme un cheveu sur la soupe dans un pays qui préfère manger du cassoulet plutôt que de la salade.

Face à cette opposition culturelle/culinaire flagrante, il est tout naturel de se demander quel est le sort et l’influence de cette tendance en France. Végétariens, vegans, on a tous entendu ces mots. Un végétarien est quelqu’un qui s’abstient de manger de la viande. Et puis le vegan, c’est bien plus extrême : il ne consomme aucun produit issu des animaux, que ce soit au niveau de l’alimentation, de l’habillement ou même des cosmétiques. Rien ne doit provenir de l’exploitation des animaux : viande, miel, cuir, maquillage testé sur nos amis les bêtes, tout ça est interdit.

Être vegan est assez compliqué dans la vie de tous les jours, mais c’est aussi une question d’adaptation : tout ce qu’on perd parce qu’on ne peut pas le consommer, on peut le remplacer. Techniquement, de nombreux substituts existent : le lait de soja/noix de coco/amande, le beurre et le fromage vegans, le tofu, et les légumes qui contiennent les protéines et minéraux dont on se « prive »… Il faut reconnaître toutefois que ce n’est pas une simple mise à jour de son style de vie, mais une complète rénovation, qui peut être parfois difficile. Les pays comme l’Angleterre, les Pays-Bas, ou encore outre-Atlantique avec les États-Unis et le Canada, sont un peu plus ouverts à ce style de vie, et on y trouve de nombreux magasins spécialisés voire des alternatives vegans dans des magasins tout à fait « normaux ». En France, pas vraiment, ou alors bien moins… Il y aurait comme un blocage à ce style d’alimentation. La fibre healthy n’a pas encore atteint l’hexagone.

Elle existe toutefois. Mais au-delà d’arrêter de consommer un certain type de produits, il semble que la France, connaisse une tendance plus marginalisée du véganisme : le véganisme militantiste, activiste. Parfois violent (même si ça ne veut pas dire que tous les vegans le sont). Faire ce choix de vie peut avoir de multiples raisons : de simples intolérances alimentaires, un souci pour l’environnement, des arguments éthiques. Il semble qu’en Europe plus qu’ailleurs, le véganisme soit devenu un choix politique et de plus en plus politisé, avec des militants qui stigmatisent les mangeurs de viande et protestent un peu plus violemment à chaque fois.

En définitive, ce que l’on peut retenir de ce mode de vie : ce n’est pas parce qu’on est vegan qu’on ne mange que des pousses d’herbe ou des légumes oubliés même de nos grands-parents. De nombreuses alternatives sont présentes sur le marché mais ont encore besoin d’un peu de temps pour arriver en France, un pays peut-être moins ouvert culturellement à ce type d’alimentation. Les motivations pour devenir vegan sont nobles même si elles peuvent être considérées comme légèrement utopistes. Mais en aucun cas elles ne justifient certaines réactions violentes que l’on a pu voir récemment. Il est temps que plus de français aillent au-delà du cassoulet et du pâté en croûte et découvrent les joies de l’alimentation vegan !