La cuisine fusion : une invitation au voyage

La chaleur et le bruit de nos villes en période estivale donnent parfois envie de s’envoler vers d’autres contrées, partir à la découverte d’autres couleurs, d’autres odeurs, d’autres saveurs. La cuisine fusion, ou « fusion-food » propose de partir, parfois très loin, sans covoiturer. A Lyon, au coin d’une rue du 7ème arrondissement, un restaurant nommé Imouto, tout de bois vêtu, nous a ouvert sa porte et offert un voyage dans une contrée née de la fusion des savoir-faire du chef Gaby Didonna et de son équipe, aussi précise et exigeante que talentueuse.

Du choc à la finesse

La cuisine fusion, amenée dans le monde de la gastronomie dans les années 70, consiste à confronter au moins deux cultures culinaires, c’est-à-dire des saveurs et des odeurs, d’abord, mais aussi des techniques. A première vue, il semblerait que cette confrontation amène à des choses farfelues, à des plats expérimentaux, de véritables chocs gustatifs. Or, chez Imouto, lorsqu’est servi, en entrée, un panaché de légumes et que ses 18 légumes de saison, tous cuits un à un, se dressent merveilleusement bien dans une assiette blanche, un spectacle d’alchimie franco-asiatique s’offre à nous. D’abord les couleurs, toutes éclatantes, appellent tout de suite à la photographie, l’immortalisation de chaque détail, chaque nuance. Ensuite, ce sont les textures qui surprennent les papilles ; là où nous nous attendons à de la tendresse, c’est croquant. Là où nous sommes habitués à d’épaisses tranches, ils choisissent la finesse. Le voyage débute de façon esthétique et se poursuit de façon épique sous le palais : nous sommes bel et bien devant de l’art culinaire, et c’est un travail de maître.

Se nourrir en silence : un héritage asiatique ?

Dans certaines régions de l’Asie, historiquement et culturellement, la méditation se vit, se passe en silence, en communion avec soi-même : ce silence permettrait un retour à soi, une meilleure compréhension de soi et de son entourage. Chez Imouto, le périple gustatif est aussi une leçon de méditation, et cela grâce au calme. En effet, passé la porte et même à un midi bondé, le bruit des assiettes, des couverts, et des discussions se font entendre, mais ni musique ni bruits de réfrigérateurs n’emplit la pièce. Nous entrons dans un havre de paix, où l’écoute, la concentration et la discrétion accompagnent la dégustation. En effet, la découverte d’un financier au thé vert accompagné de sa glace au sésame noir avec ce calme, devient une expérience plus exquise encore. Plus rien n’existe, sauf les regards et ce qu’il se passe, de très fin dans les bouches de chacun.

Les façons de voyager n’ont jamais été aussi sont nombreuses et aussi facilitées par la mondialisation, mais il n’est pas rare d’oublier que la cuisine, grâce à la multiplicité incroyable de saveurs qu’elle peut nous offrir, est une clé de compréhension du monde, et une manière de voyager : il suffit parfois de fermer les yeux. Cela à un coût bien sûr, mais chez Imouto, l’excursion du midi est possible pour la somme de vingt et un euros.

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