« Knapp! », un nom qui rime avec liberté

Il y a cinquante ans, c’était mai 68. Il y’a cinquante ans, le sable s’égrenait sous les pavés et c’était la liberté qui envahissait tout Paris. Un demi-siècle plus tard, la Cité de la Mode et du Design célèbre cette folle période en mettant à l’honneur le photographe Peter Knapp avec l’exposition Dancing in the street, Peter Knapp and fashion 1960-1970.

La forme voluptueuse

Chaque printemps, sur les quais d’Austerlitz, la Cité de la Mode et du Design célèbre la photographie de mode. Et cette année, qui de mieux que Peter Knapp pour perpétrer la tradition ? A l’occasion de l’anniversaire de mai 68, l’institution parisienne remet au centre de l’attention ce génie aux multiples facettes.

Photographe ? Oui, mais pas que. D’origine suisse, Peter Knapp suit dans un premier temps une formation de graphiste à la Haute École d’art de Zurich. L’influence du Bauhaus suisse et de Mondrian le suivra ainsi toute sa vie. Se tournant très rapidement vers la photographie, sa passion pour la forme et la géométrie va ainsi apparaître dans toutes ses images. 

La ligne rencontre le cercle. Le carré fait écho à l’amande d’un oeil. Chaque forme est disséquée pour la magnifier. En colimaçon, la scénographie de l’exposition (conçue par Vasken Yéghiayan) renforce encore cet aspect géométrique, prégnant dans la photographie de Knapp. Chaque mur n’en est finalement pas un, mais un assemblage complexe de cercles beiges, ou bien gris, faisant office de séparations  entre chaque partie de l’exposition. Les titres mêmes de ces volets photographiques sont traités comme des éléments graphiques plus que comme de l’information. Succincts, éclatants, ils guident le spectateur tout au long de son parcours au coeur du Studio, l’espace d’exposition de la Cité.

Mais la forme ne serait rien sans son sujet. Knapp photographie la femme. Cette femme qui, dans les années soixante, n’est plus le stéréotype de la ménagère, de la gardienne de maison. Elle est cette femme libérée, cette femme en mouvement (ce mouvement d’ailleurs mis à l’honneur à l’accueil de l’exposition), cette femme qui travaille et qui n’est plus enfermée dans cette image de l’idéal.

Elle, cette figure moderne

Cela ne veut pas dire que Peter Knapp ne magnifie pas cette femme pour autant. Les fantômes de Audrey Hepburn, Mireille Darc ou encore Jean Shrimpton hantent les couloirs de l’exposition. La femme n’est pas une forme pour Knapp. Elle est bien plus que cela.

Au travers de ses multiples métiers (directeur artistique du magazine Elle entre 1959 et 1966 et 1974 et 1978, professeur, réalisateur, etc.) cette figure féminine sera son fil rouge. Que cela soit pour Dim, Dam, Dom, films réalisés pour la télévision, ses campagnes pour Courrèges ou encore ses nombreux éditoriaux pour Stern, Knapp célèbre la femme sous toutes ses apparences. Tour à tour sans maquillage, mise en scène, en studio ou en extérieur, elle apparaît sans arrêt dans sa photographie.

Sa seule parure ? Son vêtement. Il ne faut pas l’oublier (même si cela semble difficile, l’exposition nous le rappelant constamment), Peter Knapp est photographe de mode avant tout. Sa collaboration avec le magazine Elle lui offrit la possibilité de montrer tous ses talents dans l’exercice de la mise en page mais également de collaborer avec les plus grands photographes tels que Robert Frank ou Paolo Roversi.

En guise de conclusion, ce sont Courrège, Pierre Cardin et Ungarro qui clôturent l’exposition. Comme pour nous rappeler une énième fois que Knapp redéfinit la mode avec ses images. Cette mode vivante, en mouvement, à l’image de la femme des années soixante qu’il a tant représenté, une femme libérée, à l’égal de l’homme.


Infos pratiques

Dancing in the street, Peter Knapp and fashion 1960-1970
Les Docks,
Cité de la Mode et du Design,
34, quai d’Austerlitz
75013 PARIS

Jusqu’au 10 juin 2018
Ouvert tous les jours de 12h à 16h sauf le mardi

Tarifs
Plein tarif : 5 euros
Tarif réduit : 4 euros
Gratuit pour les moins de 12 ans

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