Le perfecto fait-il le rockeur ?

Notre société, comme toute société, est divisée en codes. Le style vestimentaire n’y échappe pas. Que ce soit dans les films ou la vraie vie, on se représente souvent l’intello de la classe avec des lunettes, la peste en blonde et le bad boy arborant une boucle d’oreille. Oui, un peu comme dans The Breakfast Club.

Depuis l’âge de la cour de récré, impossible de ne pas remarquer les similarités vestimentaires entre pairs. Les vêtements semblent être en interaction avec les passions puisqu’ils sont partagés par les membres d’un même groupe. Les rockeurs d’un côté, les émos, les jeunes premiers, les hippies, les geeks d’un autre… tous rangés avec leurs semblables dans des catégories précises en rapport avec leur genre musical, leur sport, ou leur mode de vie.

Ce sentiment d’appartenance observé dans le style se manifeste sous plusieurs formes comme les lieux fréquentés ou la musique écoutée ; il permet aux individus de tisser des liens particuliers basés sur des goûts communs et le sentiment d’appartenir à une famille.

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Du perfecto de Marlon Brando au col roulé d’Andy Warhol, le groupe des Butterscoth Hawaiian s’inspire librement des années 60’s/70’s avec un style rock à tendance vintage, à l’image de leur musique. – Droits réservés

Avons-nous besoin de nous ranger dans des cases pour nous sentir en sécurité ou nous laissons-nous influencer, parfois inconsciemment, par l’effet de groupe ?

Le style vestimentaire permet d’être reconnu et en conséquence de s’intégrer dans un groupe. Si l’être humain ne rentre pas dans une case, il a tendance à en inventer de nouvelles.

On découvre alors l’apparition de nouveaux styles, comme le hipster qui connait toutes les meilleures adresses pour déguster un smoothie pomme-petit pois bio, dont il laisse des résidus dans sa barbe faussement négligée, et écouter un vinyle de techno années 80 ; ou la tumblr girl qui cumule les likes sur Intagram…

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Manon – Droits réservés

Les marques ont bien compris le phénomène en cherchant à viser des types de personnes, à l’instar des marques de skate qui vendent de plus en plus de vêtements, avec une visée presque plus esthétique que pratique, et qui participent donc à la définition du style.

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Le t-shirt large : la marque des skateurs ? – Droits réservés

Mais pouvons-nous vraiment cerner quelqu’un seulement en regardant son look ? De nombreuses études ont été menées pour savoir s’il l’on peut deviner à quel concert telle ou telle personne s’est rendue ou dans quelle école elle est (prépa maths ou école d’art ?) ainsi que des tests comme « Reconnaître le style vestimentaire de votre ado pour avoir à quelle tribu il appartient ».

J’ai voulu essayer de savoir ce que je peux deviner sur quelqu’un seulement en me basant sur son style :

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Droits réservés

Camille

A première vue, avec son petit pull en dentelle trouvé au grenier et sa veste en daim dénichée dans le Marais, on peut déjà s’avancer en disant que Camille aime le vintage. Elle a un style que l’on pourrait qualifier de « bien rock & roll » et on l’imagine parfaitement secouer sa frange sur du Led Zeppelin avec un perfecto en cuir et un t-shirt Gun & Roses. Pour ce qui est du sentiment d’appartenance, Camille avoue « quand tu vois quelqu’un avec des Docs, tu te dis forcément : Yeah moi aussi je kiffe sur des solos de gratte ! ».

En regardant quelqu’un, on pourrait donc presque deviner la musique qu’il écoute, s’il aime lire ou s’il préfère les jeux vidéo ; mais c’est aussi le meilleur moyen de se faire une fausse idée sur une personne. Par exemple, je ne suis pas sûre qu’on puisse lire sur le visage de mon père qu’il écoute le CD de Louane en boucle dans la voiture.

Toutes les photos ont été publiées avec l’aimable autorisation de leurs auteurs.