Karl Lagerfeld, A Visual Journey

Depuis le 16 octobre, la Pinacothèque de Paris rend hommage au talent artistique de Karl Lagerfeld et son œuvre photographique. L’exposition Karl Lagerfeld, A Visual Journey, invite à découvrir des impressions personnelles du créateur, capturées et imprimées en utilisant de différentes techniques. Quiconque admirant la créativité du Kaiser a pu être ravi de l’annonce de cette exposition.  

Malgré les nombreux articles qui circulent depuis le premier jour de l’exposition, son contenu n’a jamais été trop dévoilé, ce qui laissait beaucoup de suspense par rapport au contenu et aux images qui font partie de A Visual Journey. Tout de même, ou peut-être grâce à ce suspens, chaque article créait le pressentiment que cette exposition allait être un succès et que les visiteurs n’auraient aucune raison d’être déçus.

Avant de la présenter de manière plus détaillée, il faut mentionner qu’il n’est pas du tout nécessaire d’être un pro de l’art pour pouvoir apprécier l’exposition. De plus, et contrairement à ce que certains articles déjà publiés sur l’expo auraient pu faire croire, les photographies sont d’une grande diversité – et il ne s’agit pas que de clichés de mode.

Culture pop, mais pas seulement

Eiffeltower
Karl Lagerfeld – Droits réservés

Tandis que les photographies exposées en première salle montrent les personnalités idolâtrées : Diane Krüger, Lou Doillon, Carole Bouquet, Carla Bruni, la deuxième est consacrée à l’architecture et aux impressions urbaines de Paris, New York, Capri et Weil am Rhein. Sur les séries Designed by Man and Nature, Factory Constructivism, A different view, une juxtaposition de motifs naturels et de motifs architecturaux montre des éléments de notre quotidien sous un angle inhabituel, au point de presque en créer une illusion d’optique et de mouvement. Ce qui est également frappant, c’est l’amour du détail. L’image n’est jamais complète. Ce qui est montré, c’est une partie d’un tout, qui peut exister avec ou bien sans son contexte. 

Comme mentionné précédemment, l’expo contient également de nombreux portraits, soit de personnalités, soit de caractères littéraires. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’il semble y avoir une remarquable ressemblance entre les portraits masculins exposés et les portraits du jeune Karl Lagerfeld (qui ne font pourtant pas partie de l’exposition) – surtout quand il s’agit de photos de Baptiste Giabiconi. On peut aussi soupçonner un lien autobiographique dans la série AKT|STR|AKT, qui, en douze images, montre un homme nu à côté d’un cube géométrique. Là encore, l’association avec Karl Lagerfeld en tant que bodybuilder n’est pas loin, surtout parce que la ressemblance entre le jeune homme sur les photos et le jeune Karl est bien présente.

Il est également digne d’attention que la lumière et la technique de l’impression des images étaient soigneusement sélectionnées afin de donner une certaine ambiance aux images. La sérigraphie A Portrait of Dorian Gray montre cela par excellence. Deux portraits, d’une femme et d’un homme, dont chacun est reproduit et légèrement altéré quatre fois, créent une succession où le déclin des deux personnages devient visible.
L’image du départ reste la même, mais c’est le jeu entre ombre et lumière qui donne un caractère complètement différent à chaque élément de la série, rendant son personnage principal plus petit, frêle et âgé, selon l’accentuation faite par la lumière. D’autres images ont l’air flou, comme si elles faisaient partie d’un rêve. Ceci est notamment le cas des photos inspirées par l’Antiquité.

D’ailleurs, l’Antiquité est un thème récurrent dans l’exposition, dont des clichés représentant Les Amours Pastorales de Daphnis et Chloé et Le Voyage d’Ulysse font partie. Dans le même style que ces photos, on y voit également une série nommé Body Freedom, où on voit un modèle masculin prenant des poses sculpturales dans un décor rappelant l’architecture antique.Encore une fois, il est étonnant à quel point il fait penser au jeune Karl Lagerfeld.

Candice Swanepoel, Harper's Bazaar
Candice Swanepoel, Harper’s Bazaar – Karl Lagerfeld – Droits réservés

Enfin, la dernière salle est consacrée aux clichés de mode et de célébrités qu’on peut également trouver dans des magazines comme Harper’s Bazaar et Vogue. Mes favoris dans cette sélections sont sans doute les photos en noir et blanc qui donnent une idée d’opulence et de luxe, grâce aux poses des mannequins et, bien sûr, les vêtements qu’ils portent.

Pour conclure, sachez que cette belle expo vraiment exceptionnelle est fortement recommandable. Donc allez voir A Visual Journey, vous en serez content. Vous avez jusqu’au 20 mars 2016.

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