Musique en bref – Grandeur et décadence

Tour d’horizon  des albums sortis début novembre, au rythme de Muse, Jozef Van Wissem, Part Time et Muddy Monk.

Muse – Simulation Theory

Muse se moque du monde. Après Drones en 2015, un album retour aux sources bien lourd et électrique, on était en droit d’espérer que ces trois là se concentrent à nouveau sur l’essentiel après des expériences musicales plus ou moins réussies sur Resistance puis The 2nd Law. Il n’en est rien. Muse fait sa crise de la quarantaine, en essayant de faire jeune, et de s’emparer de tous les codes et sonorités électro à la mode, tombant ainsi dans leur propre caricature. La blague va jusqu’à ressembler à une pub pour voiture (Algorithm), une mauvaise imitation de Prince (Propaganda) ou même à une parodie de summer band américain de la fin de nineties (Get up and Fight). La simplicité des débuts qui avait fait la réussite de Muse est noyée dans un magma inaudible d’effets et de fioritures. Rien n’est à sauver, à part le passable The Dark Side. Muse a voulu trop en faire, résultat on oublie aussi vite qu’on l’a écouté, cet album d’un ennui mortel.

 

Sortie : 9 novembre 2018

Coups de coeur : néant.

Kevin Dufrêche

 

Jozef Van Wissem – We Adore You, You Have No Name

Revenu de ses aventures musicales aux côtés de Jim Jarmush, le luthiste néerlandais révélé pour la bande originale de Only Lovers Left Alive publie un nouvel album en toute discrétion. Poésie gothique, motifs répétitifs et rythmes lancinants juchent cette toile de maître que l’on écoute comme on regarderait une vanité. Derrières les longs larsens de guitares électriques, comme de lointains échos du monde moderne, boite à rythme et voix lugubre noyée dans des delay d’outre-tombe nous feraient presque oublier que la cold wave n’est pas née au Moyen-Âge. Un disque somptueux, idéal pour traverser l’automne et les longues nuits sans lune.

 

Sortie : 9 novembre 2018

Coup de cœur : Deliverance

Camille Tardieux

Part Time – Spell #6

Groupe encore méconnu en activité depuis 2011, Part Time gagne à être plus amplement connu. Après cinq albums et quelques EPs le groupe publie son sixième album, Spell #6. Au programme, de belles références eighties notamment sur Shattered Love ou The Boys That Make Her Cry, qui ne manquent pas de nous rappeler Tears for Fears, New Order ou encore David Bowie. D’autres artistes plus contemporains nous viennent également en tête à l’écoute de cet album, comme le groupe danois Gents ou Connan Mockasin. Un panorama harmonieux qui ancre l’album dans une esthétique bien définie, entre balades et morceaux plus énergiques. La belle surprise de cette production est entre autres le morceau I Can Treat You Better en duo avec le musicien californien Ariel Pink, apportant une touche psyché bienvenue.

 

Sortie : 2 novembre 2018

Coup de cœur : So Far Away 

Caroline Fauvel

 

Muddy Monk – Longue Ride

On ne cessera pas de tarir d’éloges à l’égard du nouveau prodige de l’électro pop francophone, Muddy Monk, dont on vantait déjà les mérites dans nos coups de cœur du Pitchfork Music Festival de Paris début novembre. Dans ce premier album, Longue Ride, sa musique émerge comme un cri sourd et abyssal à l’instar du sublime Splash. Si on le connaissait essentiellement pour ses prods rap et hip-hop, l’artiste suisse s’avère être un touche à tout sensible et minutieux à la voix fugitive. L’album et son protagoniste baignent dans une esthétique à la Drive, Drift, Circuit 71 ou Si l’on ride, le ton est donné et l’ensemble est parfaitement cohérent. Muddy Monk aura encore l’occasion de présenter cet album lors de ses premières parties d’Eddy de Pretto, à Strasbourg, Alençon et Grenoble.

 

Sortie : 9 novembre 2018

Coup de cœur : Splash et Boy

Caroline Fauvel

Noémie Villard

Bordeaux

Rédactrice en chef de la rubrique musique et étudiante en master numérique à Bordeaux. Passionnée de musique et de photo.

Pas encore de commentaires

Les commentaires sont fermés