Rencontre avec Keep Dancing Inc – “Une multinationale du fun”

KDI par F. Cresseaux (2016)

Keep Dancing Inc, c’est Charles, Joseph et Louis. Depuis un an, les garçons ravagent les scènes de Paris. Leur nouvel EP, Initial Public Offering sort ce vendredi. Apprenez dès aujourd’hui à les connaître et à les aimer.

Bonjour les garçons est-ce que vous pourriez présenter votre groupe et expliquer sa formation ?

Charles : Tous les trois on a un groupe, c’est Keep Dancing Inc. Le groupe existe depuis à peu près deux ans. Au départ c’était juste Louis et moi. Ensuite Joseph nous a rejoint dans le projet. Louis fait principalement de la guitare, moi je chante et Joseph fait du synthé et de la basse. Quand on est au studio, on fait tous un peu tout ; genre du synthé, de la guitare, du chant, de la basse, des boites à rythmes… De temps en temps il y a des copains qui viennent en concert pour jouer avec nous.

Joseph, Louis & Charles (F. Cresseaux, 2016)
Joseph, Louis & Charles

Ça vient d’où ce nom Keep Dancing Inc ?

Louis : Je crois que toi (Charles) t’as trouvé le « Keep Dancing ».

Charles : Oui. On s’était dit que ça serait chouette d’avoir un nom de groupe qui rappelle l’imagerie des entreprises un peu nazes des années 70/80 avec les « 2000 » à la fin du nom de l’entreprise. En gros on voulait un groupe de rock qui ne soit pas vraiment un groupe de rock mais plutôt une entreprise qui exporte du fun.

Louis : Une multinationale du fun.

Charles : J’avais trouvé « Keep Dancing » dans le livret d’un album de Warpaint. Au 1er degré, Keep Dancing, c’est le fun, danser en concert. Puis si tu extrapoles un peu, la vie c’est pas toujours fun, mais même quand c’est pas fun il faut continuer à danser.

Louis : C’est voir la vie du côté Danette quoi.

Charles : ça fait un peu naze dis comme ça, non ?

Non ça va. Vous venez de sortir votre premier EP Initial Public Offering, comment s’est constitué cet EP ?

Charles : L’écriture de l’EP a été assez étalée dans le temps. Fix Me Now, par exemple, c’est peut-être le morceau le plus ancien sur cet album qui a été écrit avant même que l’on connaisse Joseph. Ça nous a pris entre le mois de novembre et mars dernier. On faisait ça en parallèle de nos cours. Ensuite, notre label, Un Plan Simple, nous a envoyé le mixer à New York où l’on a travaillé avec Daniel Lynas qui est un type en or. Il est surtout connu pour avoir bossé avec A$ap Rocky, il a produit toute sa première mixtape.

Joseph : Il a aussi co-produit un titre avec Kanye West, Monster.

Charles : Puis il a bossé avec Devonté Hynes, ce qui est assez important pour nous.

Joseph : Mais surtout, il a travaillé avec des gens de l’univers du hip-hop moderne et RnB

Charles : C’est qui ça nous plaisait car c’est clairement pas la musique que l’on fait. Mais ça nous disait bien d’avoir une autre manière de voir la musique et le mixage.

Keep Dancing Inc à New York en février (Un Plan Simple, 2017)

 

Ça a apporté quoi exactement?

Joseph : D’abord une vraie puissance.

Charles : Puis c’était vraiment un bon moment. C’était assez kiffant de se retrouver là-bas. Et oui, pour l’EP ça a apporté un son d’une super bonne qualité, et aussi c’est rencontrer ce gars-là avec qui on a encore envie de travailler. On espère que c’est surtout le début de pas mal de chose et surtout de pas mal de choses aux Etats-Unis.

Louis : l’avenir le dira.

Le premier single de l’EP, Rhum and Ginger Magic, est sorti le 1er septembre, ça parle de quoi ?

Joseph : ça parle de nos soirées parisiennes dans un petit bar sympa qui s’appelle la Chambre Noire dans le 11ème.

Louis : C’est un de nos quartiers généraux.

Charles : Ça parle de toutes les histoires qui se passent là-bas avec nos amis. De toutes les fêtes qu’on y fait qui sont parfois compliquées. Genre les trucs basiques, d’être amoureux de quelqu’un qui nous aime pas trop ou d’être amoureux de quelqu’un qui est genre un peu un trou de balle. C’est un morceau dont on est assez fier au niveau des paroles et que l’on a trouvé assez vite musicalement. J’avais composé la base des accords et j’avais l’idée d’en faire un morceau assez calme puis quand je l’ai montré à Louis et Joseph en studio, ils l’ont amené dans une direction totalement différente.

Joseph : On peut dire qu’on a terminé le morceau en une journée. Tout le reste c’était du peaufinage après. C’est un des morceaux qu’on a fini le plus rapidement.

Quel futur vous envisagez pour le groupe?

Louis : Déjà, on va peut-être produire d’autres artistes.

Joseph : Produire d’autres artistes, c’est-à-dire, enregistrer des potes qui ont des bonnes chansons, puis pourquoi pas participer à la composition, et surtout produire leurs albums

Louis : Ou participer en live. Avec Superlife, surtout.

Charles : Aussi en terme de collaboration, on veut étendre notre live et essayer d’inclure plus de personnes. Ça va prendre du temps. Mais déjà on a un morceau sur l’EP enregistré avec une vraie batterie et un saxophone. Sur scène, on veut continuer dans cette direction et peut-être rajouter plus de monde. On aime beaucoup les groupes comme Talking Heads, LCD Soundsystem, Hot Chip, Jungle, Arcade Fire. Tous ces groupes qui sont super nombreux sur scène et qui ont une dimension live assez géniale. On voit que quand ils jouent ce n’est pas que l’exécution d’un morceau.

Louis : C’est vraiment fun, c’est une grosse fête où les gens jouent au premier sens du terme.

Vous pensez quoi de la musique actuelle ?

Joseph : C’est super bien

Charles : Je crois que l’on a vraiment rien à envier au passé. Ce qui est assez exceptionnel et unique dans l’histoire de la musique c’est que grâce à Internet on arrive à redécouvrir toute la musique du passé ultra facilement, alors qu’avant s’était réservé à une élite de puriste qui pouvait aller chercher dans des disquaires. Aujourd’hui on peut tout écouter n’importe quand. On peut avoir des influences beaucoup plus large qu’avant et mélanger tout ça. Depuis quelques années, on découvre pleins d’artistes qui sont complètement passé à la trappe sous un nouvel angle. C’est une drôle de référence mais le mec de Foster the People, parlait de ça mélanger toutes les musiques du passé.

Louis : La mode est moins importante qu’avant.

Joseph : C’est très difficile de définir des genres aujourd’hui ; ce que l’on écoute aujourd’hui on a du mal à les mettre dans des cases c’est beaucoup trop riche et avec des influences différentes qui se mélangent. Ce qui est bien aussi aujourd’hui c’est que c’est tellement facile d’enregistrer de la musique. On se rend compte que la majeure partie de ce que l’on écoute et de ce qu’on adore c’est de la musique enregistrée avec peu de moyens par des musiciens dans leur chambre. C’est tellement plus intéressant que ce qu’on peut faire avec des gros moyen dans des gros studios, ce que l’on était obligé de faire avant et ce dont on peut totalement se passer maintenant.

Charles : D’autant plus qu’on a cette dynamique de studio et home recording qui permet d’enregistrer de la musique à faible budget et on a aussi tout ce réseau de distribution web qui permet de partager de manière massive sa musique. Bon, quand on sort de la musique sur bandcamp on s’attend pas à faire beaucoup d’écoute mais quand les gens te cherchent, ils peuvent te trouver. Et c’est assez génial. C’est comme ça que le groupe à commencer finalement ; c’était du home recording et de la diffusion sur SoundCloud.

Joseph : On est un vrai groupe d’Internet.

Initial Public Offering - EP
Initial Public Offering (2017)

Vous faites quoi sinon de vos vies ?

Charles : On faisait des études. On a tous les trois un Bac+3. Mais on vient d’arrêter ça pour se mettre dans la musique à fond. Sinon, je donne des cours de guitare.

Louis : Je fais du babysitting.

Joseph : Et moi je fais du mannequinat…

Charles et Louis : Bâtard !

Quand est-ce que l’on pourra vous revoir sur scène ?

Louis : C’est une date très importante, la release party, le 16 octobre au pop up du label. On se retrouve là-bas.

 


 

Initial Public Offering, le premier EP de Keep Dancing Inc, © Un Plan Simple,  sorti le 6 octobre

Noé Cornuau

Etudiante en M1 de Communication et Médias à Sciences Po Paris; créatrice du site lhistoirecestchouette.com