Rencontre avec The Kooks : “Cet album est un retour aux sources”

The Kooks sont de retour, un nouvel album, Let’s Go Sunshine prévu pour le 31 août et déjà trois singles et un clip dévoilés. Quatre ans après leur album à succès “Listen”, on est impatients de voir ce que ça va donner. Nous avons rencontré Luke Pritchard, guitariste du groupe, qui a accepté de nous en dire plus sur l’album et sa réalisation…

 

L’album sort le 31 août, pendant combien de temps avez-vous travaillé dessus ?

C’est une question assez difficile car on a commencé par effectuer des enregistrements avec le producteur pendant à peu près deux ou trois mois. C’était vraiment cool mais ça ne fonctionnait pas vraiment alors on a laissé ça de côté avant de recommencer encore et encore. Donc ça ne se concrétisait pas vraiment. On a passé environ un an et deux mois à écrire, et l’enregistrement a pris un mois et demi, six semaines.

 

Vous étiez en tournée l’an dernier. Donc vous avez commencé l’album juste après la tournée ?

Oui, on était en tournée. Mais on a plutôt alterné : tournée, retour aux studios, tournée, retour aux studios…

 

Avec All the Time et No Pressure, vous avez offert aux fans un double lancement. Est-ce que ces deux musiques ont quelque chose en commun ? D’où vient la décision de les faire sortir ensemble ?

On est tellement généreux (rires). On devait surtout décider de la manière de le faire parce qu’on a été absents un long moment et c’est assez agréable de donner quelque chose de construit jusqu’au bout. C’est un album assez long, on a quelques quatorze morceaux dessus, (rires) ne vous en faites pas. C’était super difficile de choisir un seul single, et on ne pouvait pas choisir, voilà tout !

Donner deux musiques nous permet aussi de montrer deux côtés de l’album, ça en donne le ton. No Pressure c’est un peu nous faisant ce qu’on fait le mieux, c’est vraiment nous. All the Time est probablement un peu plus différente de nous et sonne plus disco. Donc on a voulu montrer deux côtés de l’album et on s’est dit que ça n’aurait pas été abouti si on avait juste donné No Pressure à entendre aux gens car ce sont deux ambiances très différentes.

Personnellement, je voulais vraiment voir sortir No Pressure juste pour être réellement et honnêtement The Kooks. Il s’agissait d’être nous-mêmes.

©Andrew Whitton

 

Quatre ans plus tard, votre état d’esprit est-il différent de celui que vous aviez lors de la sortie de la sortie de Listen, votre quatrième album studio ?

C’est très différent. Le processus de fabrication de l’album était très différent. Listen était une expérience très audacieuse. Le producteur était plus jeune que moi et il était dans le milieu du hip-hop britannique donc c’était à la fois très différent et un véritable challenge. Il était aussi très différent de moi, par exemple il utilisait beaucoup de breakbeats donc c’était quelque chose de vraiment nouveau pour nous à ce moment-là.

On n’est pas démodés, on essaye d’être plus cools et d’apporter de la nouveauté sans utiliser les outils modernes.  On essaye de conserver le passé et l’héritage dans la manière dont on enregistre notre musique. C’est ce qui est important dans cet album : il est assez simple et on y trouve beaucoup d’harmonie et de layering mais c’est de la guitare, de la batterie et des basses. C’est très basique.

 

Le cinquième album était une décision difficile ?

Je crois, oui. Je crois que c’était un assez grand engagement, un enregistrement ambitieux qui a demandé beaucoup de travail. Mais je ne sais pas, je dirais qu’on va juste là où les chansons nous mènent. On fait de la musique en étant bien dans ce qu’on fait, en étant un groupe de rock n’ roll britannique.

Quand tu dis « difficile » je ne sais pas si ça l’était pour être honnête. Mais un enregistrement comme ça demande beaucoup de travail. J’ai passé beaucoup de temps à m’assurer que les paroles étaient bien et j’ai essayé de me mettre au défi dans l’écriture des chansons pour être le plus honnête possible […].

 

©Andrew Whitton

 

Pour les clips, vous avez une ligne directrice ?

Les vidéos vont suivre les chansons mais on veut faire quelque chose d’un peu différent et prendre un peu de recul. On veut faire plusieurs prises instantanées du quotidien britannique. Toutes les vidéos vont se focaliser sur des femmes fortes et sur tout un tas de petites choses du quotidien britannique mais avec une sorte de gros filtre Instagram. Je voulais que ce soit comme sur Tumblr ou Instagram où on obtient des très belles images positives. Et il y ce truc autour de la femme, on veut rendre hommage à la femme et au quotidien dans une petite ville britannique.

 

Ce nouvel album semble très différent du précédent en termes de style. Tu as dit qu’il y avait deux styles ?

Je ne sais pas s’il y en a deux, l’album est très éclectique. On essaye un peu de passer d’une chose à l’autre, de présenter des choses différentes et on voulait donner à entendre des ambiances distinctes. C’est ce que j’en pense, qu’est-ce que vous en avez pensé ?

 

On a remarqué des synthé, plus d’effets et de chœurs… il semblerait que vous soyez passé d’un style grunge/pop à quelque chose de plus électro. Comment vous expliquez ce renouveau ?

J’essaye de me souvenir des anciens sons (rires). Généralement les musiques sont assez complètes et résultent d’un important travail. Comme je vous l’ai dit c’était assez ambitieux, on ne voulait pas exagérer ni mettre trop de choses donc on s’est mis au défi comme je disais.

Cet album retourne en quelque sorte aux sources. C’est un peu l’enregistrement que je voulais faire pour le premier album. On a fait beaucoup d’enregistrements donc c’est sorti de manières différentes. Alors je ne sais pas vraiment, je dirais que cet album c’est nous et ce qu’on fait de mieux. L’album est très neuf mais c’est vraiment nous faisant ce qu’on fait le mieux.

 

Une anecdote, quelque chose de drôle à propos de l’enregistrement de l’album ?

Il n’y a eu aucun moment drôle (rires). Il y avait des trucs bizarres, définitivement. Je veux dire, on a enregistré à Los Angeles, c’est plutôt une ville “hot” et on a enregistré là-bas, aux Ray Charles studios. Ces studios sont littéralement les bureaux et le musée de la mort, c’est bizarre. On a clairement vu des trucs dont on ne soupçonnait pas l’existence. Mais ce n’est pas vraiment une anecdote ; j’y reviendrai si j’en trouve une !

 

Pourquoi avoir enregistré à Los Angeles et non en Angleterre ?

Principalement parce que les deux producteurs vivent à Los Angeles. L’un d’eux est un peu du genre années soixante-dix et il y a eu des moments de… chaos et de débauche. Brandon est un super producteur et j’apprécie le fait qu’il ne soit pas super mainstream, qu’il cherche des personnes plus que des stars.

 

Vous planifiez déjà un sixième album ?

(Rires) Oui toujours ! On prévoit toujours ! Je ne sais pas trop quoi vous dire… J’ai des plans mais je devrais pas, je devrais me poser un peu. Mais oui, je pense qu’on va essayer d’en sortir un avant quatre ans, c’est une pause assez longue…

 

De nouvelles musiques dont on doit attendre la sortie ?

A la fin du mois d’août l’album sera disponible dans son intégralité. Et une nouvelle musique va sortir dans quelques semaines, pendant le mois !
Ndlr : Il s’agit de Fractured and Dazed, sortie le 14 juin.

©Romane Guéchot / Maze Magazine

 

Remerciements à Eva PIRES.

 

 

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