Rock en Seine – Jour 1 – Démarrage en côte

Depuis 2003, chaque année, à la fin du mois d’août, un étrange ballet remue le parc du domaine national de Saint-Cloud, sur les rives de la Seine. Dans ce jardin dessiné par Le Nôtre, classé monument historique, cette première journée du vendredi a posé les bases de cette quinzième édition de Rock en Seine.

Le rendez-vous parisien, qui marque la fin de la saison des festivals, a proposé pour son jour d’ouverture une programmation complexe, teintée de découvertes et de confirmations, en conservant un objectif : plaire.

Découvertes

Six scènes, plusieurs dizaines d’artistes, des milliers de festivaliers et des dizaines de flaques de boues. Rock en Seine ouvre ses portes à 15h30 et invite les festivaliers à commencer cet après midi avec de brillantes découvertes. Nous avons commencé la journée avec le groupe Inüit, avec un igloo de fraicheur et un éclectisme musical affirmé, le groupe que nous avons découvert il y a deux ans aux Trans Musicales de Rennes a bien évolué. Pour leur en avoir touché deux mots, eux-mêmes sont surpris de leur évolution et ne comptent pas s’arrêter la, ils sont en ce moment même en train de produire leur premier album avec Benjamin Lebeau du groupe The Shoes. Inüit ne va pas tarder à faire fondre la glace, nous vous en parlions déjà dans “Maze In France”.

Les découvertes ne sont pas finies, les éclaircies nous ayant dirigé.e.s vers le talentueux Témé Tan. Le jeune musicien Tanguy Haesevoets nous a transporté.e.s à travers ses histoires. Le jeune belge aux racines congolaises était à notre grande surprise seul sur scène. Ses paroles françaises racontent avec sensibilité des histoires personnelles.

Old school

The Jesus and Mary Chain, qui nous avaient laissés pantois la semaine dernière lors de la Route du Rock, ont activé le pilote automatique lors de leur show. Le groupe de shoegaze, dont on comprend assez mal l’horaire de programmation, a fait plaisir à son public, c’est le principal. Reformé en 2007, le groupe présentait ici son nouvel album studio Damage and Joy, en déclenchant, comme souvent, des salves d’applaudissements heureux et parfois libérés en reprenant leurs classiques.

La tête d’affiche de cette première soirée, c’est évidemment le groupe écossais Franz Ferdinand, amputés de leur guitariste/claviériste Nick McCarthy, parti vers des horizons plus familiaux l’an dernier. Pas d’album récent, pas de promotion à faire, mais un spectacle surprenant, de No You Girls à Love Illumination. C’est donc avec le sentiment plutôt agréable de vivre un best-of en live que nous avons assisté à leur set, millimétré, certes, mais laissant toujours de la place à l’interaction avec le public. Si certain.e.s ont trouvé que Franz Ferdinand « c’est plus ce que c’était », on leur donne rendez-vous l’an prochain pour leur prochain album, sur lequel plane toujours le mystère.

Place à l’électro

A peine le temps de se remettre de la claque infligée par Franz Ferdinand que Mø commence sur la scène opposée. Un set électro-pop incisif, qui souffle le chaud et le froid, se donne au maximum en sautant dans le public, au grand dam des services de sécurité. Il y a des classiques qu’on espère quand on achète un billet pour un festival, voir un.e artiste porté.e par le public en est un. Mø a alterné des titres issus de son premier album, tout en distillant quelques avant-premières prometteuses du prochain. Un grand møment.

La soirée s’est clôturée avec le tant attendu Flume. Un large rideau recouvrait toute la grande scène jusqu’à l’arrivée de l’Australien Harley Streten. L’esthétique scénique était d’autant plus travaillée pendant tout le set d’une heure et demie. Honoré d’être ici, Flume communiquait au public toute la joie de sa présence en proposant un set entre le hip hop, l’électro-pop et la techno. Ce soir, ce sera le caennais Fakear qui aura la chance de clôturer cette journée pour nous présenter son nouvel album, et comment vous dire, on a hâte.

Baptiste Thevelein

Directeur de la publication et de la rédaction

Co-fondateur, directeur de la publication et de la rédaction du magazine Maze. Étudiant en politiques culturelles et gestion de la culture en Europe à l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8. Vice-président d’Animafac, le réseau national des associations étudiantes.