Rencontre avec Miel de Montagne : « Ce projet est un retour aux sources » - Maze Magazine

Rencontre avec Miel de Montagne : « Ce projet est un retour aux sources »

Miel de Montagne a enchanté les festivaliers et festivalières de Vie Sauvage. Talent tout neuf, nous l’avons rencontré à sa sortie de scène et avons parlé de son enfance, du syndrome du cool et d’amour.

D’où vient ce nom, Miel de Montagne ?

Mon oncle fait du miel en Haute Savoie donc du vrai miel de montagne. Au moment où j’ai fait mon premier morceau j’ai pris ce nom qui était sur un pot à côté de moi. J’ai posé ce nom et un an après le projet s’est lancé. Le nom collait bien, apportait une bonne ambiance. Il me donnait le sourire, c’est important pour moi.

Le logo aussi met de bonne humeur !

Il est très important oui. Au début je voulais faire de la BD. Je dessinais en cours et faisais de la musique le week-end. Faire de la musique c’est vraiment ce que j’avais dans le coeur, le dessin était plutôt une fuite du scolaire. Maintenant je ressors ces petits dessins qui datent du collège. C’est moi qui ait fait le logo, je fais tout de A à Z.

Même les clips ?

Même les clips. J’ai fait les trois premiers clips de l’EP avec Insomnie Club. On s’est tellement marrés après le premier, Pourquoi Pas, qu’on s’est dit qu’il fallait en faire un deuxième, Slow pour mon chien. Il a été tourné dans le village de mes parents. Pour le dernier, j’ai un peu plus laissé le réalisateur faire pour les plans-séquence. Mais tout est autoproduit. Il y a une cohérence qui se fait naturellement, avec toujours une place pour la surprise.

Les bonnes choses sont celles qui sont devant toi donc il faut revenir à des bases importantes et assumer le brut.

On sent que tu aimes ce que tu fais, avec ce côté très “à la cool”.

Je suis quelqu’un qui aime bien les bonnes choses. Plus c’est simple mieux c’est et plus tu kiffes aussi. Les bonnes choses sont celles qui sont devant toi donc il faut revenir à des bases importantes et assumer le brut. J’essaie d’être au plus simple avec ma musique et mes dessins, d’être sincère.

Tu peux me parler de l’EP ?

Il vient tout juste de sortir, il contient quatre titres. Dedans il y a les deux singles et deux nouvelles chansons, dont une avec ma mère. La dernière c’est Petit Garçon, avec un nouveau clip.

 

Avant Miel de Montagne, tu jouais déjà ?

Avant oui, j’avais plein de projets comme tout le monde, plein de groupes d’ado. Je suis né dans la musique avec mon père. J’ai toujours traîné dans les milieux artistiques, j’ai toujours fait de la musique. J’ai commencé la batterie à cinq ans, mes parents écoutaient de la musique à la maison. Ce projet est un retour aux sources, à ces petites mélodies que je faisais déjà dans ma chambre à quatorze ans. J’ai d’abord été DJ pendant un temps, j’ai suivi des modes pour finalement me retrouver à la campagne. J’ai pris le temps de m’écouter, je me sens bien à ma place, chose dont je doutais avant. C’est le début de l’aventure, on est tout excités !

Être seulement deux sur scène ça demande beaucoup de travail en amont. Je voulais vraiment concentrer le live sur mon chant et ma guitare, chose que les gens ne s’imaginent pas forcément avec Pourquoi pas, parce que c’est penché sur le synthé. J’avais envie de me sentir libre et de pouvoir communiquer avec le public. Ayant été DJ, je n’avais pas envie de me retrouver bloqué derrière les machines. Là c’est l’opposé.

Tu dis que tu écoutais beaucoup de musique étant petit. Par qui as-tu été influencé ? 

La grosse influence a été Mathieu Chedid. Mon père est un très bon ami à lui, il a écrit le texte de Qui de nous deux. Donc je me suis retrouvé à huit ans dans les loges du Zénith. Voir des show comme ça quand tu es tout petit, ça reste, j’en ai des souvenirs assez forts. Mes parents ont toujours écouté beaucoup de musique, notamment Leonard Cohen. Mon père m’a fait découvrir Led Zeppelin et Jimi Hendrix quand j’étais en sixième, bref les classiques rock. C’est à partir de ce moment-là que j’ai compris que la musique pouvait partager des trucs, chose que je ne captais pas avant. Sûrement parce que je trouvais ça normal à force de baigner dedans.

Miel de Montagne
© Gabriel Maydieu

Tu as une touche assez rétro dans ta musique

Ça c’est ma génération, c’est la mode, je n’y échappe pas et c’est complètement assumé. Les gens me comparent à Mac Demarco mais c’est juste que le vintage est revenu à la mode, c’est le syndrome du cool. Avec Pourquoi pas, alors qu’il n’y a aucune guitare, on me comparait à lui qui ne fait pas un morceau sans. Mais les gens font ce qu’ils veulent, je suis ravi qu’on me compare à lui même si je n’y peux rien.

On vit dans une société où on a envie de plaire donc c’est normal que je réponde à des codes générationnels. Je reviens même à des choses qui étaient à la mode à l’époque de mes parents. Ceux qui ne comprennent pas cette boucle planent complètement. Parle deux minutes avec tes parents et tu verras que les codes sont les mêmes et que ça ne changera jamais. Mais heureusement que ça existe, faire de la musique dans sa chambre devient plus facile.

Tu parles beaucoup d’amour dans tes chansons, tu peux m’en dire plus ?

L’amour me préoccupe pas mal en ce moment. J’ai écris pas mal de chansons là-dessus. Peut-être que quand je serai amoureux j’écrirai sur autre chose. Enfin, je suis amoureux mais je n’ai pas encore trouvé la fille dont je suis amoureux. Tout le monde passe par cette projection de l’amour, ce fantasme. Surtout quand tu as deux parents qui s’aiment fort, ça fait réfléchir. C’est quelque chose qui me touche en ce moment, j’ai envie d’en parler. Il y a des mecs qui écrivent des chansons d’amour en étant amoureux, moi je ne connais pas ça encore donc je parle de mes fantasmes. C’est de là que vient Pourquoi pas. Le track est porté sur le toi. Avec peu de mots l’imagination se laisse emporter. Les gens qui écoutent ce titre s’imaginent des choses, ils sont au même stade que moi. C’est sérieux ce que je raconte (rires).

 


 

Miel de Montagne sera en concert cet été :

Courant Alternatif – 25/08

Grand Coe – 31/08

Festival Détonation – 27/09

Image à la une : Letype.fr

Noémie Villard

Bordeaux

Rédactrice en chef de la rubrique musique et étudiante en master numérique à Bordeaux. Passionnée de musique et de photo.

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