Rencontre avec French 79 : “Je suis un boulimique de studio”

Fin avril, Simon Henner, alias French 79 enflammait le Club Sésame pour la 21ème édition du festival Panoramas en Bretagne. Avec ses synthés, il produit une électro-pop à la française, à la fois douce et effrénée. Inspiré par les Daft Punk dans sa jeunesse, il s’est lancé en solo depuis 2016. Nous l’avons rencontré peu de temps avant qu’il ne monte sur scène à Morlaix.

Avant French 79, tu avais déjà fondé deux groupes sur Marseille. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire une carrière solo ?

Je suis un peu un boulimique de studio. J’essaie de composer un peu tous les jours et je m’étais retrouvé avec des morceaux plus électroniques, donc qui ne correspondaient à aucun de mes deux groupes. Plutôt que de les mettre à la poubelle, mes potes de studio m’ont conseillé d’en faire quelque chose, donc je me suis dit : “Pourquoi ne pas faire un projet solo ?” Et voilà, French 79 est né comme ça.

Qu’est-ce qui change dans le fond et la forme par rapport à tes deux autres groupes ?

Premièrement il y a plein de choses qui diffèrent entre un groupe et être tout seul. French 79 est un projet beaucoup plus électronique, donc le live est beaucoup plus dancefloor qu’avec un groupe. Après, ce qui change beaucoup, c’est sur scène et sur la vie de tournée -même si je suis pas tout seul à tourner, il y a aussi les ingés son et lumière-, parce que sur scène je suis quand même tout seul et ça donne un peu plus la pression. Mais en même temps, tu reçois encore plus de trucs, parce que tu prends tout pour toi, et que pour toi. Et quand ça se passe mal c’est pour tout toi aussi. Bon, après ça se passe rarement mal (rires). Donc voilà, c’est plus de pression et plus de satisfaction personnelle. C’est différent mais je pense que ce qui est sympa, c’est l’alternance entre les deux.

Tu continues à jouer avec tes groupes alors ?

Exactement, là avec NASSER on est en train de commencer une tournée alors que je suis en train de finir celle avec French. Avec Husbands, on a fait une bonne grosse pause parce qu’on tourne chacun séparément. Mais c’est différent parce qu’avec NASSER je suis à la guitare et au chant, et là je suis sur des synthés, ça n’a rien à voir. Ça permet de changer, c’est ça qui est bien.

Comment as-tu vécu l’ascension de French 79 ?

Je la vis plutôt bien. Même très bien puisque je ne m’y attendais pas du tout, j’avais sorti ça un peu comme ça entre deux projets et aussi pour m’amuser. Et puis finalement, ça a bien pris et ça continue de bien prendre. Ça commence à marcher dans les pays étrangers, c’est vraiment cool. Je pense que quand tu ne t’y attends pas, tu le prends toujours bien de toutes façons. Il n’y a aucune déception, que des satisfactions et des bonnes surprises.

Tu as joué dans de petits clubs comme dans de grands festivals. Qu’est-ce que ça te fait d’être programmé à Panos, la pointure de la musique électronique ?

Ca me fait super plaisir parce que j’étais déjà venu justement avec mon groupe NASSER, il y a cinq ans, quelque chose comme ça, et j’en garde un super souvenir de ce festival. Ca m’avait marqué et donc là, quand l’équipe de Wart m’a appelé j’ai tout de suite accepté. D’ailleurs c’est une date un peu exceptionnelle parce que normalement j’ai arrêté la tournée, mais j’avais toujours dit à mon tourneur que je voulais jouer ici. J’aurais du faire une vraie pause, mais ça me fait plaisir d’être ici, vraiment.

Plusieurs de tes morceaux passent dans des pubs (notamment pour McDonald’s en 2017), il y a quelque chose de gratifiant à ça ?

Oui, ça fait forcément plaisir parce qu’on entend ta musique. Après, c’est pas plus gratifiant que de jouer dans un gros festival comme les Vieilles Charrues. C’est différent. C’est une autre utilisation de la musique. T’es content parce qu’il y a des gens qui veulent associer ta musique à une marque et ça c’est quand même énorme. C’est une démarche pas anodine mais c’est particulier d’être la musique qui sert d’ambassadeur à une marque. Il y a deux jours, Jean-Michel Jarre a fait une playlist sur les artistes français qu’il aimait bien, il m’a mis en tête de liste et ça c’est plus gratifiant que de passer dans une pub à la télé.

Pour toi, lequel de tes sons a eu le plus de succès ? Diamond Veins ?

Oui je pense, en tout cas dans le grand public, pour les gens qui sont pas venus me voir en live. C’est celui qui a fédéré plein de gens et puis c’est celui qui est passé à la télé, et donc qui a été le plus médiatisé. Après, en live c’est différent. Quand t’écoutes l’album en entier, je pense que ce n’est pas forcément celle-là que les gens préfèrent. Ce n’est pas celle qui ressort en général, qui reflète le projet en entier. En tout cas, Diamond Veins c’est la chanson qui m’a permis de me faire connaître.

Depuis ta carrière solo, est-ce qu’une date t’a marqué plus que les autres ?

Hmmm (il réfléchit). Ouais, une belle date à la Gaieté Lyrique à Paris, c’était exceptionnel. C’est une belle salle, il s’est passé un truc, le public parisien est assez étonnant et puis c’est plus facile, quand il y a mille personnes qui ne viennent que pour toi… Donc je retiendrai cette date là, et puis les Vieilles Charrues quand même. Ce genre de dates, ça fait toujours un peu peur mais finalement ça s’est hyper bien passé, je n’ai eu que des bons retours.

Maintenant que la tournée de French 79 est terminée, tu as des projets en cours ?

Là je viens de sortir mon album avec NASSER il y a un mois. Je commence à bien développer French donc je suis en train de travailler pour pouvoir commencer la prochaine tournée de l’album à l’étranger, puis commencer aussi à produire le prochain album, donc ça va venir assez vite. Vous aurez des nouvelles de moi très rapidement !

 

Noa Coupey

21 ans. Passionnée de cinéma et étudiante en Audiovisuel. Rédactrice cinéma et musique à Maze.

Pas encore de commentaires

Les commentaires sont fermés