159.000 ou une embarquée sur la tournée de Fauve - Maze Magazine

159.000 ou une embarquée sur la tournée de Fauve

Après cinq années de bons et loyaux services, le collectif parisien a décidé de prendre une pause bien méritée et quasi indéfinie, au grand dam de leurs nombreux fans. Leur dernier album live 159.000, vient clôturer une aventure passée à écumer les routes, entre festivals, concerts et rencontres multiples.

159.000 nous permet de vivre l'expérience Fauve à travers la tournée du groupe. © FauveCorp
159.000 nous permet de vivre l’expérience Fauve à travers la tournée du groupe. ©
FauveCorp

Un carnet de route avant d’être un album

Le nom de l’album découle du nombre de kilomètres parcourus par le groupe au cours de trois années d’une tournée intense et presque continue. Dans une interview accordée récemment aux Inrocks, pour la promo de l’album, les membres du groupe ont fait une petite mise au point qui a toute son importance. Alors que beaucoup d’artistes prennent l’option de sous-titrer un album enregistré durant un ou des concerts « en live », le Corp a lui décidé d’annoter la mention « Fauve en tournée ». Au fur et à mesure des 37 pistes qui jalonnent le projet, on s’arrête, l’espace d’une ou deux minutes, sur des témoignages de membres qui partagent leur ressenti. Les sensations avant de monter sur scène, les raisons qui les ont poussés à créer Fauve, les rencontres qu’ils ont faites et les liens qui en ont découlé y sont donc abordés. Comme tous leurs projets, cet album fait office d’exutoire scénique mais également de journal intime en quelque sorte.

Encore et toujours plus de rage et de puissance

Fauve, c’est tout d’abord des paroles pour la plupart énervées, rageuses, symboles d’une jeunesse ou d’une caste de personnes perdues, désemparées. Ce genre de lyrics qui ne laissent pas indifférent et qui parlent au plus grand nombre. Sur 159.000, ces paroles gagnent en puissance. Ceci grâce aux performances des chanteurs du groupe. Album live oblige, point d’artifice qui vient modifier ou améliorer la voix, effacer les petits défauts. Et c’est ce qui fait tout le charme de ces 159.000 kilomètres parcourus. La rage, la hargne, la tristesse et la peur qui ont, à n’en pas douter, motivé le groupe au moment de l’écriture de certains morceaux, sont aisément perceptibles à l’oreille. La liste est longue mais on pourrait citer Voyous, Sous les arcades, Sainte Anne, Loterie, De Ceux, Azulejos et bien sûr Blizzard, comme étant les parfaits exemples de cette approche brute de décoffrage qui se dégage de l’album.

[https://www.youtube.com/watch?v=3DkUzAdEY3w]

La scène pour se libérer et même créer

Le côté positif des concerts, c’est qu’ils laissent souvent la possibilité aux artistes de se libérer, d’expérimenter de nouvelles manières de débuter, clôturer ou même développer un morceau. Fauve ne déroge pas à la règle et s’est permis de modifier par petites touches certaines chansons voire en transformer une pour pondre un son inédit. C’est le cas d’Azulejos, issu de Vieux Frères Part II, deuxième album du groupe. Au départ, il fait en quelque sorte office d’interlude de moins de trois minutes. Pas d’instrument ou même de musique, tout s’y fait a cappella. En live, c’est un tout autre morceau qui a été offert au public puisqu’il suit une construction oscillant entre des moments doux pour ensuite atteindre des sommets en terme de rage, une vraie explosion d’énergie ! Sentiment renforcé par l’instrumentale qui l’accompagne et bien sûr, par la voix de son interprète qui n’hésite pas à martyriser ses cordes vocales, notamment vers la fin. De Ceux ou encore Bermudes bénéficient aussi de cet effet concert.

[https://www.youtube.com/watch?v=tbj3mfbtdfQ]

159.000 se révèle être un album efficace pour ceux qui souhaitent (re)découvrir Fauve en tournée.