MUSIQUE EN BREF – Lundi bleu

Tous les 15 jours, Maze vous offre un tour d’horizon des dernières sorties musicales. Cette semaine, retrouvez une sélection qui, pour la fin de l’hiver, fait la part belle à l’électro-pop maze in France, entre autres.

Marble Arch – Children of The Slump

Pas toujours évident de passer la seconde, surtout quand on arbore et vante des influences comme New Order, The Wake ou encore Beach House qui sont d’inestimables références de la scène indé, lesquelles il faut manipuler avec beaucoup de talent et d’émotions. Une tâche qui ne semble pas incomber à Yann le Razavet, leader du collectif, qui transforme brillamment l’essai sur ce second LP. Sublime claque musicale, vos oreilles vous diront merci de les replonger des années en arrière dans vos années lycée, baignées des guitares expéditives de Nada Surf (Instant Love), ou des instrumentales entrainantes de Bloc Party (Gold) et autres signatures rock alternatif. Des titres qui agissent aujourd’hui comme des madeleines de Proust, comme le suggère d’ailleurs le meneur dans cette entrevue avec Maze, qui s’est imprégné de souvenirs pour écrire et composer Children Of The Slump. A mettre d’urgence sur vos playlists fétiches !

Coup de cœur : Instant Love

Sortie le 22 mars

Guillaume Lacoste

Malik Djoudi – Tempéraments

« J’ai peur du loup, encore peur du vide », il y’a bien des choses dont Malik Djoudi a peur, mais une chose est sûre : l’obscurité sonore ne l’effraie pas. Il nous avait déjà séduit avec UN, premier album qui nous dévoilait alors sa pop bleue-noire planante et sensible. Dans Tempéraments, il continue d’apprivoiser l’ombre et l’errance nocturne. De sa voix androgyne et tendre, il s’adresse à la nuit, lui confie ses secrets et ses angoisses sur des bandes électroniques aériennes. Dans la nuit de Malik Djoudi, on pourra aussi croiser, au détour d’un morceau, le grand prince Daho, pour un duo ténébreux où les voix se confondent et se caressent. Avec Tempéraments, Malik Djoudi nous livre une ode à la nuit éternelle, nuit tourmentée où l’on pense plus qu’on ne dort..

Coups de cœur : Dis moi qu’t’y penses, Épouser la nuit, Aussi jolie

Sortie le 22 mars

Pauline Pitrou

Keren Ann – Bleue

« Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même de l’âme après qu’elle s’est déshabillée du corps » nous disait le poète Jean Michel Maulpoix dans son Une histoire de bleu. Pour son huitième album intitulé Bleue, la chanteuse franco-israélienne Keren Ann s’approprie la couleur, bleus à l’âme et bleus au cœur, elle déverse sa mélancolie folk et navigue en terres de spleen. La chanteuse nous livre un album aquatique couleur azur dans lequel on plonge volontiers quitte à boire la tasse. À défaut de nous faire broyer du noir, Keren Ann nous offre un album pour ‘broyer du bleu’.

Coups de cœur : Sous l’eau, Les jours heureux

Sortie le 15 mars

Pauline Pitrou

Vendredi sur mer – Premiers émois

Un nom rose bonbon, une naïveté adolescente et des mots trempés dans le sucre : on ne présente plus la belle Charline Mignot, alias vendredi sur mer, qui sévit sur le paysage de l’électro-pop depuis quelques temps déjà. En ce début de printemps propice aux amours naissants, elle nous révèle ses Premiers émois, un premier album qui colle à la peau. Comme un journal intime dévoilé, elle nous conte ses histoires d’amour entre chagrin et nostalgie. Des balades lancinantes (Laisse moi, Toi moi pas nous), des titres plus dansants (Chewing-gum, Écoute chérie), sur lesquels l’artiste ose un peu plus le chant, préservant tout de même le ‘parlé sensuel’ qui lui est si chère. Pour cet album, la chanteuse s’entoure comme à son habitude du talentueux producteur LewisOfMan qui fait encore une fois des merveilles. Il ne vous reste plus qu’à plonger dans les draps satins de l’envoûtante sirène des eaux romantiques..

Coups de cœur : Laisse moi, Je t’aime trop tôt

Sortie le 22 mars

Pauline Pitrou

Kakkmaddafakka – Diplomacy

Moins de deux ans après leur dernier album Hus, les norvégiens de Kakkmaddafakka (2k, 2d, 2k) soignent leur productivité et débarquent avec une sixième œuvre intitulée Diplomacy. Dans le clip de Restless, single capital de l’indie pop des années 2010, extrait de leur deuxième album Hest (tout aussi capital), le groupe faisait de la gymnastique dans un gymnase plutôt ancien. Pour ce nouvel album, les sujets de Sa Majesté Harald V ont musclé leur jeu, se distinguant de leur dernier opus plutôt lo-fi. Les guitares, la batterie mais aussi le piano sont présents, donnant une certaine profondeur à la production. Certains morceaux ont la carrure de tubes de l’été. Le groupe reste fidèle à sa couleur, avec des morceaux pop souples et dansants, toujours teintés d’une pointe de mélancolie.

Coups de cœurs : My Name, Frequency

Sortie le 22 mars

Victor Costa

Buvette – Life (EP)

Son album Elasticity sorti en 2017 nous a marqué, tant l’unicité et la précision de la production en émanaient. Si ce n’est pas encore fait, il faut courir l’écouter. Buvette, de son vrai nom Cédric Streuli, revient avec un EP de 4 morceaux, sobrement intitulé Life, toujours signé chez Pan European Recordings, le label où évolue également Flavien Berger. D’entrée de jeu, celui qui a pratiqué le football avant de le délaisser pour la batterie donne le ton : tout aussi court qu’il puisse être, ce projet n’en sera pas moins ambitieux. La carrure du premier morceau Deep Morpheus est trop imposante pour un si petit projet. Le morceau est profond par les basses, s’impose par la batterie, mais ne renie pas les synthétiseurs “carillons” chers à Buvette. Suit la balade poétique Bahia de Concepcion, qui semble arriver comme le navire d’Ulysse à Ithaque, une piste ambient poétique et grandiloquente. In Real Life, seul morceau chanté, semble sorti d’un film des années 80 tant il est grave et mélancolique, tout en étant poétique. Il clos très justement ce trop court EP avec The Maze, magnifique épopée aux accents acid techno fortement prononcés, entrecoupé de nappes synthétiques évasives. Une fois de plus, l’helvète a plié la Gaule et donne du fil à retordre à nos bardes. Par Toutatis !

Coup de cœur : The Maze (un pur hasard, ndlr)

Sortie le 15 mars

Victor Costa

Jacques & Superpoze – Endless Cultural Turnover (EP)

Après s’être fait cambriolé l’intégralité de son matériel fin 2017, notre Jacques national et international a récemment pris le large vers le Maroc. Superpoze, lui, depuis son album en 2017, a récemment composé pour et avec Lomepal — il est à ce titre deux fois disque de platine. Jacques et Superpoze ont composé un morceau en commun, où la célèbre cloche synthétique entendue sur Tout est magnifique résonne. Les deux univers des artistes se superposent, où les “bruits” de Jacques viennent troubler la production linéaire de Superpoze, pour donner une piste ambient, évasive et par moment inquiète. Les deux autres morceaux, vraisemblablement composés en solo, mais troublent puisque celui que l’on pensait avoir été écrit par Jacques l’est par Superpoze, et inversement. D’une piste à l’autre, on passe de techno à house, teintés de délicatesse et de précision, mais avec toujours ces sonorités naturelles qui jalonnent le disque. Selon Jacques, “dans un monde où la position debout serait ringarde, où les mots ne voudraient (enfin) plus rien dire, et où les journées dureraient des semaines, je suis certain que Endless Cultural Turnover serait un hit”. On ne peut qu’approuver, tout comme ce projet, et on attend impatiemment les autres EP en collaboration qu’il a annoncé.

Coup de cœur : The Corridor

Sortie le 22 mars

Victor Costa

Mr. Oizo – Rythme Plat (EP)

Tout juste vingt ans après le Flat Beat qui l’a révélé sur la scène internationale, Quentin Dupieux rebranche (partiellement) son MS20 pour cet EP en forme d’hommage au maxi fondateur de la french touch. Au programme : 4 titres à demi-convaincants, mêlant samples absurdes (Viandes Légumes Véhicules), basses modulaires et tics de production plus dispensables. Moins old school que l’original, ce nouveau cru a au moins le mérite de se démarquer des dernières sorties plutôt décevantes de l’homme à la peluche jaune. Flat Eric est de retour, et au delà du loufoque mais pénible Dolce Vita, le minimalisme analogique de l’oiseau électronique fait mouche.

Coup de cœur : Nuque

Sortie le 22 mars.

Camille Tardieux

Camille Tardieux

ÉTUDIANT EN MASTER MUSICOLOGIE ET EN COMPOSITION ÉLECTROACOUSTIQUE A BORDEAUX. AMOUREUX DES SONS, DES MOTS ET DES IMAGES, DE TOUT CE QUI EST UNE QUESTION D'ÉMOTION, DE RYTHME ET D'HARMONIE.

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