Les clips du mois – Mars 2019

Pour cette seconde session de visionnage, voici sept nouveaux clips qui ont retenus notre attention ce mois-ci.

Mac DeMarco – Nobody par Ryon Wu, Mac et Robert Deniro

Retour en sobriété (et en latex) pour l’inénarrable Canadien. Sur fond noir, caché sous un masque et des prothèses reptiliennes, Mac DeMarco crapote un gros cigare entre deux couplets quasi-neurasthéniques, chapeau texan vissé sur la crane et chemise-peignoir façon Big Lebowski du pauvre. Vert c’est vert : il ne nous reste plus qu’a attendre que sa prochaine livraison studio (Here Comes the Cowboy, à paraître le 10 mai) soit mûre pour pouvoir la cueillir à point.

Camille Tardieux


Primates – Stick Together par Aube Perrie

Premier single, premier clip, la formation hétéroclite Primates voit les choses en grand. Pour cette séquence d’introduction, ils nous invite dans un court-métrage dystopique, réalisé par le vidéaste et artiste Aube Perrie, exhibant une quête du mouvement et de la relation, matérialisée par des pas de danses espiègles entre No Love et No Future, couple qui porte la video. Primates conjugue dans cette esthétique, toute à la fois brute et colorée, un RnB langoureux et des sonorités électroniques sobres mais envolées. 9 minutes et 50 secondes, c’est exactement la durée de ce clip sorti le 15 mars dernier, et le temps qu’il nous faut pour être convaincu par ce groupe qui revendique son statut conceptuel : une formation à suivre définitivement.

Caroline Fauvel

Hippocampe Fou – Le mal du pays par Hippocampe Fou et Judicaël Olivier

Hippocampe fou est sorti de son terrier new-yorkais le 10 mars dernier en dévoilant le clip du titre Le mal du pays. Ce clip fait maison a été entièrement tourné par l’artiste, à l’aide de son téléphone. Amoureux des mots et des images, Hippo nous invite à le suivre dans les rues de New-York. L’enchaînement rapide des plans verticaux s’adapte aux jeux de mots de cet expatrié qui semble avoir du mal à se faire à sa nouvelle vie outre-atlantique. Un clip ponctué d’humour et empreint de nostalgie qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère de Terminus, l’album dont est extrait le titre.

A lire : notre interview d’Hippocampe Fou, réalisée l’année dernière.

Marie Da Silva

Grand Blanc – Les îles par Andréa Montano

Imagerie et thématique insulaire pour la mise en image du titre d’ouverture du deuxième album du quatuor messin. Tourné au bord du Styx, les habits immaculés des membres du groupe se mêlent à la brise légère du souffle mythologique qui plane sur ces photos en mouvement, d’une douceur et d’une poésie rare. Un morceau envoûtant pour résultat visuel qui l’est tout autant et qui laisse rêveur.

Camille Tardieux

Weyes Blood – Movies par Natalie Mering

Mise en abyme et plongée dans un océan d’images pour le nouveau clip de Weyes Blood. Baignée d’arpèges synthétiques et de la voix enivrante de la jeune californienne, sa nouvelle vidéo nous invite à pénétrer de l’autre côté du miroir, celui de la fabrique à rêve et des rapports d’influences entre réalité et fiction. Somptueux arrangements et jeu de correspondances entre créateurs, spectateurs et auditeurs, c’est finalement tout ce qu’il faut pour faire un vrai beau clip.

Camille Tardieux

Fat White Family – Tastes Good With Money par Róisín Murphy

Une partie de campagne à l’anglaise, ça vous dit ? C’est en tout cas ce que vous propose les frangins terribles de la Fat White Family avec cette suite de situations grotesques et pourtant bien sous tout rapport, au non-sens plus Monty Pythonesque que jamais. Une apparition de Baxter Dury, un générique comme intermède, un humour douteux et le tout réalisé par Róisín Murphy, la curieuse chanteuse islandaise de Moloko. Un mets so british dont se régale nos papilles dérangés. La cuisson ? Saignante, bien entendue.

Camille Tardieux

Karen O & Danger Mouse – Women (live) par Spike Jonze

Petite exception faite ici, puisqu’il s’agit non pas d’un clip mais de la captation télévisée d’une performance live. Sauf qu’avec Spike Jonze derrière la caméra (Daft Punk, Björk, Arcade Fire, Sonic Youth) cela devient forcément tout de suite beaucoup plus intéressant. Une performance édifiante mêlant plan séquence, danse endiablée et voiture carbonisée, le tout dans un somptueux noir et blanc filmé façon caméra de surveillance. Du grand art.

Camille Tardieux

Camille Tardieux

ÉTUDIANT EN MASTER MUSICOLOGIE ET EN COMPOSITION ÉLECTROACOUSTIQUE A BORDEAUX. AMOUREUX DES SONS, DES MOTS ET DES IMAGES, DE TOUT CE QUI EST UNE QUESTION D'ÉMOTION, DE RYTHME ET D'HARMONIE.

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