La french touch rencontre la « West Coast » californienne à Bordeaux

Le 17 mars dernier, Maze a fêté la Saint Patrick de façon plutôt originale et en musique. Au premier rang pour assister au concert des Naive New Beaters au Krakatoa de Mérignac (33), ce sont les groupes Pandore et Killason qui ont ouvert le bal : deux belles découvertes aussi bien auditives que visuelles tandis que les NNBS, eux, nous ont offert un show digne du succès de leur dernier album A La Folie (2016).

Manon Vercouter © Maze

Pandore, esthétique musicale électro-fantasmagorique

C’est le groupe Pandore qui est entré sur scène à 20h30 au Krakatoa, nouveau groupe créé par Stéphane Mourgues (ex Hello Bye Bye) à Bordeaux. Pandore est un groupe surprenant qui mélange le plaisir auditif au visuel pour une expérience électr(on)ique envoûtante en live.

Gaelle au chant, apparaît comme une déesse mystique au cœur d’un nuage musical voluptueux et hypnotique sur scène tandis que les deux musiciens – en particulier le guitariste – s’en donnent à cœur joie en dansant et se mettant à terre, transportés par leur musique.

Définit comme un « projet protéiforme » qui a comme « fil conducteur l’absence de principe » sur leur page Facebook, Pandore a parfaitement su mettre en exergue la dualité de son univers francophone associé à ses caractéristiques de production à l’anglo-saxonne, le tout dans une esthétique musicale construite, et le public de Mérignac semble avoir été conquis.

Tous les lundis depuis le 30 janvier, le groupe dévoile sur Soundcloud un nouveau remix du titre A moitié humaine, le tout figurant un maxi qui sortira sur les plateformes le 24 mars.

Killason : voyage éclair sur la West Coast, “on flickah”

C’est ensuite à Killason d’entrer sur scène, et là, ce fut le gros coup de cœur – pour moi mais pour le reste de la salle également. Arrivant seul, vêtu d’une cape épaisse et de lunettes de soleil, le mystère est entier. Puis les premiers sons tombent, et tout le monde se retrouve entraîné par le flow impressionnant (et en anglais) du chanteur qui a définitivement tous les attributs du rappeur américain.

Français nourrit à la culture hip hop, Marcus Dossavi-Gourdot alias Killason se démarque clairement par ses tracks à la forte influence West Coast. Ce showman exceptionnel nous offre non seulement une prestation musicale excellente, mais aussi un spectacle de danse et d’acrobaties – c’est en effet un membre actif de deux crews renommés, Wanted Posse et Undercover.

Très à l’aise sur scène, il prend le temps de dialoguer avec son public, très réceptif, entre chaque chanson et ça nous rend davantage enivrés par cette vague « street californienne ». Il fait vite tomber la cape, les lunettes et… la chemise (*cris du public féminin*) pour nous offrir toujours plus de spectacle, et ça marche ! Le public est mordu et crie son slogan : “On flickah, ya ya ya !”

On sent que l’identité de Killason n’est pas et ne doit pas être étiquetée puisqu’elle se forme et se reforme au gré de ses expérimentations musicales dans son univers bien à lui : chaque morceau a ses originalités et joue sur des sons et nuances différentes. Un gros coup de cœur !

Manon Vercouter © Maze

NNBS : On les aime “à la folie”

Vous avez forcément entendu parler d’eux. Après leur dernier album la Onda (2012), les Naive New Beaters ont sorti un nouvel album, A la Folie, l’été dernier, réalisé sans aide extérieure et sans label, qui a connu un grand succès notamment grâce au clip Heal Tomorrow réalisé en 360° avec Izia qui a été visionné plus d’un million de fois.

Le groupe nous a fait partager son univers déjanté, mélange subversif de pop rock électro plus qu’énergique alimentée de flow rap et hip hop. Cette simple description suffit a comprendre qu’en live, ça envoie du lourd !

Vêtus d’une combinaison bleue et or sortie d’un autre monde qui captive le regard, David Boring, Martin Luther BB King et Eurobelix retransmettent par leur performance live les influences musicales alternatives californiennes issues de leur éducation dans un lycée français de LA dans les années 1990 – faisant, en ce sens également, une excellente transition avec Killason.

Manon Vercouter © Maze

Ça groove, ça pète, ça « pop » niveau instrumental tandis que côté lyrics David Boring combine chant et phrasé hip-hop, le tout enveloppé d’une French touch toujours plus déjantée. Sur scène ça n’arrête pas : ça sautille de façon improbable, ça gigote et danse. Pour autant le groupe n’en oublie pas d’interagir avec son public : Boring ne cesse de blaguer, de se faire désirer en demandant du bruit, de nous troller et nous teaser, tout en annonçant subtilement le titre des prochaines chanson.

Car c’est ça aussi les NNBS : la dérision, ne pas se prendre au sérieux, comme le montre d’ailleurs leur film moyen-métrage, Yo Pékin (2015) réalisé par Boring (aussi acteur et réalisateur), sous son nom de cinéaste Estéban, durant la tournée du groupe en Chine à l’été 2014 et qui était projeté juste avant le concert.

Les NNBS n’ont que faire des étiquettes, passant du rap au rock, de la pop à l’électro, et cela ravit le public qui était aux anges et en redemande : des cris, des bras en l’air, des acclamations de soutien… C’est Montecristo et en particulier Heal Tomorrow qui ont suscité le plus d’entrain de la part de la foule qui s’en donnait à cœur joie en chantant les paroles par cœur.

Manon Vercouter © Maze
Manon Vercouter

Rédactrice Actualités

Etudiante en M2 of International Relations à Science PO Bordeaux et diplômée de Cardiff University en Economics & Social Sciences, je fais partie de l'équipe de Maze depuis un peu plus de trois ans. Passionnée d'écriture, de cinéma, de photo, de littérature et surtout de voyages, je suis également rédactrice d'un blog personnel écrit en anglais où je partage des recettes, mes voyages, et des articles sur la productivité et le bonheur - canvasofthoughts.wordpress.com

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