Revolver, Let Go



Le groupe Revolver nous avait déjà séduit il y a quelques années avec l’album Music For a While (2009) et sa pop de chambre rondement menée, le groupe, toujours composé d’Ambroise Willaume (chant, guitare), Christophe Musset (guitare, chant) et Jérémie Arcache (violoncelle, chant), récidive avec un album tout en finesse et en harmonies. On aurait pu penser être déçu, mais tout en gardant la même formule, l’album se fait inattendu, parfois même surprenant, mais toujours agréable.

Le nouvel album, constitué de douze chansons oscillant entre mélancolie doucereuse et exaltation lumineuse est, à la lumière de son titre, «Let Go», un voyage sur la longue route du présent, se détachant du passé («No, I’m not the same person», The Letter) pour se diriger vers l’inconnu.

Le voyage de Revolver met de côté les fantômes qui nous hantaient, les égrenant le long d’une route éthérée. Reprenant leurs bonnes habitudes, l’album enchaîne les chansons joyeuses, parfois aux accents Beach Boys (When you’re away), ou plus sombres (Losing you), ne reniant pas le style du premier album, que l’on retrouve avec joie, sans pour autant se laisser enfermer dedans (l’héroïque 49 States).

L’album atteint une noblesse certaine avec de belles harmonies et des choeurs délicats, ainsi que l’on pouvait s’y attendre, mais aussi pour des petits éclats osés, tel qu’un violoncelle vaguement dissonant ou des effets inattendus (l’intro synthé de Let’s get together, première chanson de l’album, notamment).

Là où l’album aurait pu sembler répétitif, Revolver évite joliment le piège, se servant de l’un des avantages marqué du groupe : avoir plusieurs chanteurs, pour ne pas sombrer dans la monotonie. Alternant les ambiances les plus sombres (Parallel Lives, chanson ivre d’amertume) aux atmosphères les plus douces (Brothers) tout en jouant des genres, créant une surprise bien appréciable (Le slow inattendu, Still), Revolver réussi le tour de force de faire un album équilibré où chaque chanson, justement à sa place, mérite autant que la précédente la qualification de bijou, jusqu’à la fin du disque, sublimé par la pièce maîtresse (My Lady I), et une fin sonnant comme une réconciliation, Let go.

Toujours dirigés par Julien Delfaud, et accompagnés du même batteur, ils s’enrichissent cette fois-ci de la participation de Pino Palladino, célèbre bassiste ayant accompagné nombre d’artistes (Simon & Garfunkel, The Who, Eric Clapton) pour une collaboration largement appréciable.

L’album de Revolver est un voyage dans lequel il est bon de se perdre, se laissant glisser le long des mélodies délicates et travaillées et des choeurs séraphiques que le groupe maîtrise à la perfection.

Let Go, Revolver, sortira le 12 Mars 2012, deux EP sont déjà disponibles : Wind Song, sorti en décembre dernier, proposant le single éponyme ainsi que deux remix, dont l’un de The Shoes, ainsi que The LetterIl y a aussi Parallel Lives sur lequel vous pourrez retrouver Losing You et deux de leurs fameuses reprises, Monk de Mini Mansions, et Ballulalow des Ceremony of Carols de Benjamin Britten, un véritable bijou rappelant que le groupe ne renie pas ses origines plus classiques de la maîtrise Notre Dame de Paris.

Déjà tournée dans toute la France, les dates se trouvent ici : http://www.revolvermusic.tv/ et d’autres ne tarderont pas à arriver pour la fin d’année.

June De Witt

J'ai 23 ans, j'écris de la fiction, je bois du thé, et je suis plutôt sympa. La dernière fois que j'ai été cool c'était en 2009. J'ai pas mal d'avis sur pas mal de sujets, mais si je t'ennuie, sache qu'on peut toujours parler du chat de mon coloc à la place.

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