Musique en Bref – Une rentrée sous le signe de la fièvre, de l’amour et du voyage

Tous les quinze jours, la rédaction fait le tour des dernières sorties musicales.

M – Lettre Infinie

Mathieu Chedid revient en ce début d’année avec un album à la fois personnel, dansant et émouvant. Il y chante avec sa fille Billie qui apporte de la fraîcheur à ses nouveaux morceaux. On y retrouve des chansons très intimes comme L.O.Ï.C.A, très touchante avec la voix pure de M accompagnée seulement par un piano. L’autre paradis, qui rappelle Fly de Ludovico Einaudi, nous offre une suspension dans le temps. Des sonorités se rapprochant de groupes populaires comme Polo & Pan ou L’Impératrice se remarquent dans Si près si … Tout cela donne un coté plus jeune qui touche un public plus large. Pour les férus de rock, vous trouverez votre bonheur avec le morceau L’Alchimiste. Très bien interprété par M avec son air malicieux, on y retrouve son côté plus spontané. L’album se clos en beauté avec Billie, questions-réponses entre le père et la fille. Cette note intime, fraîche et franche termine cet album qui apparaît déjà comme l’un de ses plus complet d’un point de vue musical. Il affirme le nouveau M, fidèle à lui-même mais qui, allant de l’avant, n’a pas peur de tester des nouveaux genres et de se livrer.

Coups de cœur : Si près si…, L’alchimiste, Billie

Apolline Froger

Après une parenthèse bienvenue (Lamomali) où il délaissait les apparats et tics parfois encombrants de ses personnages, Mathieu Chedid est de retour en grande pompe et sous une nouvelle perruque dorée pour un album aussi surprenant que dispensable. Produit en partie par Thomas Bangalter (Daft Punk), la plupart des titres de ce nouveau disque font pourtant flop, à l’image du tubesque mais agaçant Superchérie. Pendant ses rares pics d’émotions (L’autre paradis, bel hommage au duo Gall-Berger) ou d’énergie (L’alchimiste), on parviendrait presque à oublier la faiblesse de l’ensemble qui, au niveau musical, semble trop souvent hésiter entre courir après une jeunesse éternelle, en vain, et proposer des ballades plus intimistes relativement convaincantes. Reste la qualité indéniable des paroles, souvent poétiques et touchantes, venant contraster avec le manque d’inspiration musical, proposant pourtant la belle idée de partager les voix avec celle de sa fille, Billie. Alors aimer peut-être, mais certainement pas tout.

Coup de cœur : Lettres Infinies

Camille Tardieux

Sortie le 25 janvier 2019

Toro Y Moi – Outer Peace

On vous avez prévenu, cette année est celle du producteur génial Toro y Moi. Un peu moins de deux ans après le brillant Boo Boo, le jeune artiste américain propose Outer Peace, un album aux rythmiques détonantes. A la fois décousue et cohérente, cette composition dotée de dix morceaux invite l’auditeur dans une musique à la texture nouvelle bien plus saccadée et excessivement dance. Si Outer Peace se veut complexe dans sa structure et ses influences, rendant la première écoute étrangère, cet album gagne pourtant à être écouté à de multiples reprises, c’est alors qu’il révèle toutes ses subtilités. On apprécie soudainement, et ce d’une nouvelle façon, l’électro funk du morceau d’ouverture Fading, ou la voix disloquée de cet artiste imprévisible sur Freelance, un ensemble qui nous promet encore bien des surprises musicales et scéniques. Toro y Moi sera en concert à We Love Green le 2 juin prochain.

Coups de cœur : Fading, Monte Carlo

Sortie le 18 janvier 2019

Caroline Fauvel

James Blake – Assume Form

Quatrième album du prince de la néo-soul électronique. Porté par de sublimes arrangements, une production exemplaire et un sens aiguë du songwriting qui ne démentit pas, cette nouvelle livraison avait tout pour plaire. Pourtant, difficile de ne pas être frustré par les éternels tics du britannique, traitant sa voix à l’extrême et se perdant dans des mélismes prévisibles et dispensables, si bien qu’on se prend à rêver d’une musique plus accidentée, dépouillée et moins artificielle. Lorgnant de plus en plus vers le hip-hop (avec des samples prodigieux mais des collaborations souvent infructueuses) et une pop futuriste à la Franck Ocean ou Bon Iver, faite de synthétiseurs et de structures toujours plus mouvantes, le principal atout de l’artiste reste pourtant ses textes touchants, sa voix sublime et la qualité de son jeu au piano. Cela fait presque dix ans que James Blake nous laisse espérer l’album idéal, le frôlant un peu plus à chaque fois, mais ratant toujours le coche par sa volonté de contrôler la moindre aspérité de sa musique, rendant le tout bien trop sage. Gageons que la prochaine sera la bonne.

Coups de cœur : Can’t Believe The Way We Flow, Don’t Miss It, Lullaby For My Insomniac

Sortie le 18 janvier 2019

Camille Tardieux

Thylacine – ROADS – Vol. 1

Après son dernier album composé à bord du Transsibérien, c’est avec beaucoup d’impatience que nous attendions Roads – Vol.1 de Thylacine. Alternant tantôt entre titres purement électro et titres rendant hommage à la culture latine, William Rezé – de son vrai nom – innove tout en restant dans la continuité. Il signe ici un nouvel album à la fois planant et dépaysant. La musique, composée au rythme de son voyage à bord d’une caravane aménagée nous retranscrit la solitude des grands espaces argentins. Mêlant savamment guitare, saxophone, électro et rythmes de tango, Thylacine nous fait vivre à chaque note les émotions du voyage. La solitude certes, mais aussi les rencontres qui le compose. Chacun de ses disques nous raconte une nouvelle histoire. À peine fini d’écouter pour la quinzième fois Roads – Vol.1 et on se demande déjà : Où nous mènera notre prochaine escale musicale, M. Thylacine ? Nous, on vous suit !

Coups de cœur : Purmamarca, The Road, 30 (Outro)

Sortie le 18 janvier 2019

Charlène Ponzo

Balthazar – Fever

Quatre ans après Thin Walls et huit ans après leur premier opus, nos Belges préférés (n’en déplaise aux deux frères et sœurs en vogue du moment) reviennent avec leur quatrième album Fever. Une attente justifiée quand on sait que les leaders Maarten Devoldere et Jinte Deprez s’adonnent, depuis quelques années en parallèle, à d’autres projets individuels tels que Warhaus pour l’un et J. Bernardt pour l’autre. Une multitude d’inspirations personnelles qui se croisent et définissent ce quatrième LP ; de nouveaux horizons sonores, et des rythmiques plus variées contrairement aux précédents albums qui nous avaient (trop bien ?) habitués à des atmosphères bien établies. Un album qui, in fine, semble décousu, moins sérieux mais qui préserve cette signature si particulière qu’est celle de Balthazar, à savoir construire des mélodies et refrains toujours aussi entêtants et de temps en temps quelques solos (I’m Never Gonna Let You Down Again) qui font bien leur effet.

Coups de cœur : I’m never gonna let you down again, You’re so real

Sortie le 25 janvier 2019

Guillaume Lacoste


Marvin Jouno – Sur Mars

Trois ans après Intérieur Nuit, Marvin Jouno confie Sur Mars, disque sensible et salvateur. Sa musique, son histoire, sa nouvelle vie : notre entretien avec Marvin Jouno est à retrouver ici.

La brève de Sofia

Alice Merton – Mint : Comment passer de chanteuse ambitieuse à pop commerciale similaire à Béa Miller.

James Blake – Assume Form : Tirer sur la corde ça fait du mal à tout le monde.

Ariana Grande – 7 Rings : Le big bang maria carrey-sien devient gênant.

Camille Tardieux

ÉTUDIANT EN MASTER MUSICOLOGIE ET EN COMPOSITION ÉLECTROACOUSTIQUE A BORDEAUX. AMOUREUX DES SONS, DES MOTS ET DES IMAGES, DE TOUT CE QUI EST UNE QUESTION D'ÉMOTION, DE RYTHME ET D'HARMONIE.

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