Trans Musicales 2014 : Rencontre avec Fragments

Quelques heures avant leur live, Benjamin, Sylvain et Tom, les trois membres du groupe instrumental Fragments, ont accepté de répondre à nos questions. L’occasion de découvrir à leurs côtés ce projet musical singulier.

Comment est né le projet Fragments ?

Benjamin : Ce projet a deux ans. A l’origine, on l’avait créé avec Sylvain, on avait des connaissances en commun. En discutant musique, on s’est retrouvés autour de quelques influences communes. On a voulu monter un projet autour de musiques instrumentales, entre ambient et electronica. A la base c’était beaucoup plus basé sur le piano. On aimait bien des artistes comme Nils Frahm, Apparat ou Mogwai. On a enregistré des premiers morceaux qu’on a mis sur internet. Beaucoup de nos proches et de pros nous ont alors encouragé à faire de la scène. Au moment où on a envisagé de faire des concerts, c’est là où on a eu l’idée d’amener un troisième membre, à savoir Tom, qui est arrivé pour mettre un peu plus de puissance dans la musique que l’on faisait.

Pourquoi ce choix de la musique instrumentale ? Vous n’avez pas eu peur que cela bloque certains spectateurs en live ?

Sylvain : En fait, on s’est pas vraiment posés la question. Quand Benjamin et moi avions monté le projet, on s’est dits tout de suite que l’on voulait faire de la musique instrumentale parce que non seulement on était influencés par des choses de la musique instrumentale mais aussi on était à un carrefour de notre vie musicale où on avait plus forcément envie d’écrire de textes. C’était mon cas, car j’avais un autre groupe à côté, j’avais envie de faire un travail essentiellement sur la musique. C’est parti de là et depuis on a pas lâché l’affaire parce que c’est aussi un travail intéressant et c’est ce qui fait aussi notre originalité.

Benjamin : Au début du projet on a eu quelques remarques. A chaque concert, il y avait au moins une personne qui venait nous voir pour dire «Vous avez pas pensé à mettre un chanteur ? ».

Sylvain : Sans blagues (rires).

Tom : Mais au moins ça suscite une réaction.

Benjamin : Maintenant que le projet a mûri un peu, qu’on a un peu plus travaillé sur les ambiances, sur les arrangements et sur la construction du concert où on part de musiques assez planantes à des choses vraiment plus puissantes, plus post-rock sur la fin du set, on a beaucoup moins ce type de réactions ou de questions.

Vous n’envisagez donc pas dans le futur d’utiliser la voix ?

Sylvain : C’est pas exclu mais ce n’est pas la priorité, on verra comment ça vient.

Vous avez fait des résidences à Lorient (MAPL), Vannes (Echonova) et Rennes (Antipode) : que vous a apporté cette opportunité de pouvoir bénéficier de trois résidences ?

Benjamin : On a pas mal bossé le live pour se préparer. On avait commencé les résidences pour pouvoir se préparer au Printemps de Bourges, et ça a continué pour se préparer aux Trans Musicales. Cela nous a permis de développer une scénographie avec un collectif rennais qui s’appelle Grand-Géant. On a eu de la chance car on a eu beaucoup de périodes de résidence, ce qui nous a pas mal préparé à ce qui arrive maintenant.

Vous avez une musique très évocatrice, assez visuelle : n’avez-vous pas par exemple l’envie de mêler musique et vidéo sur scène ?

Sylvain : Ca a été un long débat justement (rires)

Benjamin : Justement, on voulait pas mettre de vidéos car on voulait laisser la possibilité aux gens de se faire leurs propres images. Et c’est pour ça qu’il y a cette nouvelle scénographie avec des miroirs pilotés par des petits moteurs …

Sylvain : Mais dis pas tout !

Benjamin : … et qui sont synchronisés avec la musique. Y’a donc un aspect visuel mais c’est pas de la vidéo, ça reste mystérieux.

Sylvain : C’est assez mystique.

Vous jouez dans des formations musicales différentes à côté de Fragments : où en sont ces différents projets ? 

Sylvain : Moi je fais partie d’un projet folk qui s’appelle The Last Morning Soundtrack. Je viens d’enregistrer le deuxième album qui devrait sortir en 2015, avec une tournée à la clé.

Tom : Moi je jouais dans un groupe qui s’appelle Piranha et aussi dans un groupe de Laval, Throw Me Off The Bridge. J’ai un peu mis de côté Piranha pour Fragments mais je tente au maximum de jongler entre mes différents projets.

Benjamin : Mais tous ces projets qu’on a à côté nous permettent de nourrir l’univers de Fragments. On travaille pas forcément avec les mêmes personnes, on échange pas forcément les mêmes choses dans le cadre de ces différents projets et donc on vient avec de nouvelles idées.

Sylvain : Et vice-versa, Fragments nourri aussi les autres projets.

Quels sont les projets pour Fragments dans les mois qui vont suivre ?

Benjamin : Après les Trans on va prendre un peu de temps début 2015 pour composer et enregistrer le premier album, qu’on espère sortir dans le courant 2015.

Qu’est ce que ça vous fait de jouer aux Trans Musicales en tant que Rennais : c’est plutôt la maison ou intimidant ? 

Sylvain : (rires) C’est pas tant que ça la maison parce que les Trans Musicales, on y a été en tant que spectateurs souvent mais jamais en tant que musiciens. Et ça fait bizarre … je pense même que ça fait plus bizarre aux Rennais, aux locaux, qu’à ceux qui viennent d’ailleurs.

Benjamin : Tu découvres vraiment un autre festival …

Sylvain : C’est aussi de la pression parce qu’on sait ce que ça peut engendrer en termes de public ou de pros. C’est à la maison oui, mais c’est à la maison stressante.

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