« Werner et les catastrophes naturelles » de Laura Fredducci – Werner le terrible

Laura Fredducci livre un premier roman biographique original et passionnant qui revisite le parcours du réalisateur Werner Herzog.

Depuis plusieurs années, les romans biographiques sont nombreux, proposant un regard subjectif sur la vie et la carrière d’un artiste ou d’une personnalité. Qui mieux que ce cinéaste fou de Werner Herzog pour faire alors un parfait héros de roman. La vie du réalisateur du film culte Fitzcarraldo a toujours été faite de nombreuses aventures, ne se fixant aucune limite, pas même l’impossible, comme faire voler un bateau en pleine jungle amazonienne. De la jeunesse bavaroise, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à la vie hollywoodienne où le cinéaste mythique professe ses leçons à qui le veut, en passant par les années de gloire et de provocations, Laura Fredducci retrace le parcours haut en couleurs de Werner Herzog.

L’originalité de ce livre tient dans l’habile mélange de biographie romancée, d’essai et de témoignage subjectif d’admiratrice qui connait bien l’œuvre et le personnage. Le roman prend aussi la forme de l’enquête, à la manière d’Emmanuel Carrère, d’ailleurs grand amateur de Werner Herzog à qui il a consacré un essai (Werner Herzog, 1982), pour essayer de saisir ensemble les différentes facettes, parfois contradictoires, de Werner Herzog.

Au bord de la folie

À travers la figure d’Herzog, Laura Fredducci évoque également la difficile quête d’identité de la génération née en Allemagne pendant la guerre, marquée par la honte et la volonté de redorer l’image de leur pays. Par le parcours du réalisateur, on plonge également dans le milieu du cinéma, entre Festival de Cannes et tournages chaotiques dans la jungle.

Évidemment, difficile de faire le récit de la vie de Werner Herzog sans évoquer son « ennemi intime », Klaus Kinski, constamment à la limite de lui voler le premier rôle. L’acteur qui a incarné le conquistador Don Lope de Aguirre (Aguirre, la colère de Dieu) et le vampire Nosferatu dans le remake (Nosferatu, le fantôme de la nuit) du célèbre film de Murnau, aura toujours représenté un puit de folie destructrice fascinant le cinéaste allemand. La recherche de ce qu’il peut s’exprimer de plus extrême a toujours animé Werner Herzog, au point de s’y perdre lui-même. Le roman est alors l’occasion de trouver un sens à cette vie, émaillée de dangers, de succès et de paradoxes, qui s’est parfois confondue aux films, et d’en faire revivre quelques moments marquants.

Werner et les catastrophes naturelles de Laura Fredducci, éditions Anne Carrière.

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