Le Black Bass, un festival au coeur des marais

Les 1 et 2 septembre, le Black Bass Festival a posé ses quartiers au coeur des marais du Blayais (33). Si le coin est un peu paumé, les festivaliers trouvent toujours leur chemin pour profiter d’un week end rock dans un cadre atypique.

Le Black Bass Festival, BBF pour les intimes, est un festival qui a soufflé sa quatrième bougie cette année. Tout jeune mais bien solide, ce festival offre une belle programmation et s’améliore d’année en année. Pour l’édition 2017, nous avons eu le plaisir de voir grandir les deux scènes qui se font face à l’arrière du domaine de la Paillerie.

Nicolas Ker de Poni Hoax ©Noémie Villard – Maze Magazine

Poni Hoax sur ses grands chevaux

Cette année, Totorro a ouvert le bal en grandes pompes avec un set aussi millimétré que puissant. Nous avons pu entendre Chevalier Bulltoe, titre extrait de leur premier album Home Alone (2014), mais aussi le puissant Yaaaago, issu du dernier album, Come to Mexico (2016). Par la suite Ropoporose a créé la surprise grâce à la symbiose entre le frère et la soeur. Ils ont autant envoûté que libéré le public grâce Consolation, un titre fort et mélancolique.

Ropoporose ©Noémie Villard – Maze Magazine

Puis, on ne sait pas comment, mais la soirée a basculé à partir du set de Poni Hoax. Alors que l’on entendait les premiers coups de batterie de Budapest, la foule s’est électrisée jusqu’au bout de la nuit. Les vibration new-wave se sont sûrement fait sentir jusqu’au fin fond des marais. C’est donc tout naturellement que Pogo Car Crash Control, du rock garage bien comme il faut, a pu embrayer. Les pogos se sont fait dans la joie et la bonne humeur, comme toujours au Black Bass.

C’est finalement Cheveu, groupe bordelais, qui a terminé la soirée en beauté. Leur maniement subtil des boîtes à rythmes accompagne la force du chant parlé, comme on l’entend sur Happiness. On les suivra au festival Lévitation France à Angers pour vous parler de leur collaboration avec Group Doueh qui a donné naissance au très bon album Dakhla Sahara Session (2016).

Cheveu ©Noémie Villard – Maze Magazine

De Bordeaux à la Suède

Le lendemain a accueilli avec une certaine émotion le retour de Julien Pras, qui n’avait pas donné de concert depuis 2014. Il a joué de tout : des vieux titres tirés de l’album Southern Kind Of Slang (2010), des nouveaux de Shady Hollow Circus (2013), mais toujours avec une sensibilité qui lui est particulière. La soirée a donc commencé avec beaucoup de douceur.

Le duo bordelais Blackbird Hill a enchaîné avec son rock teinté de blues, énervé mais toujours classe. Puis, on a (encore) retrouvé Julien Pras, mais cette fois-ci dans la formation Calc, groupe bordelais orienté vers le rock indé. Dans Bad Actor, le public a pu entendre la voix de M. Pras au sein d’une formation rock.

Juliens Pras ©Noémie Villard – Maze Magazine

La douceur du début de soirée a finalement vite fait place à un grand élan d’énergie. Le traditionnel concours de Air Guitar a permis de motiver les troupes pour accueillir comme il se devait Truckfighters, groupe suédois de heavy metal. On a pu pratiquer et perfectionner notre headbang sur Desert Cruiser. Lysistrata, gagnant du prix Ricard SA Live Music 2017, a continué avec son rock instrumental à vous faire vibrer les tripes. Hark, groupe de metal britannique, a clos le deuxième et ultime soir avec grandeur. Bref, on peut le dire, le festival a été conclu sur un sans faute.

Blackbird Hill ©Noémie Villard – Maze Magazine

BBF Forever

Le BBF est un festival de rock, oui. Certains l’entendront comme une programmation où tous les groupes se ressemblent. Mais ceux qui sont venus ont bien vu que le rock était présent dans toute sa diversité et qu’il y en avait pour tous les goûts.

Il fait partie des festivals qui ne sont pas bien grands par la taille mais qui le sont par leur succès local et la chaleur humaine que l’on peut y trouver. Il fait surtout partie de ces évènements qui deviennent des rendez-vous incontournables et qui nous font nous sentir bien dans les marais.

©Noémie Villard – Maze Magazine

 

Noémie Villard

Bordeaux

Étudiante et rédactrice pour Maze, je vis pour ce qui me passionne : la musique, la photographie, la littérature, la peinture... la liste est longue et ne cesse de s'étendre.