L’édito de novembre 2017 – Inclusive

L’époque est polémique. Depuis ces dernières semaines, de nombreuses voix se lèvent. La médiatisation, outre-atlantique, de plusieurs affaires sordides de violences et de harcèlement sexuel, a entraîné une soi-disant “libération de la parole”. C’est notamment par le biais d’un mot-dièse que certaines femmes ont pu, parfois après des années, des dizaines d’années de silence, mettre des mots sur leur expérience. Pour leurs détracteurs – notez l’emploi du masculin -, ces témoignages sont soit mensongers, soit inutiles, soit dangereux. En effet, ils sont dangereux, et c’est tant mieux. C’est par des actions comme celles-ci, par des revendications, semblant parfois éloignées d’une terrible réalité, aussi, comme l’écriture inclusive, la féminisation des noms de métiers, l’accord de proximité, que pas à pas, l’égalité est en chemin.

La langue que nous parlons construit la manière dont nous pensons. Comment penser à quelque chose si cela n’existe pas dans notre vocabulaire ? De nouveaux mots, de nouveaux usages de la langue se construisent de jour en jour. Il ne s’agit pas d’une révolution du langage proposée par quelques personnes radicalisées. Il s’agit plutôt de mettre des mots sur de nouvelles réalités, d’essayer d’imprimer, par le vocabulaire et la grammaire, une dynamique à l’oeuvre dans notre société. Le chemin sera long.

Baptiste Thevelein

Directeur de la publication et de la rédaction

Co-fondateur, directeur de la publication et de la rédaction du magazine Maze. Étudiant en politiques culturelles et gestion de la culture en Europe à l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8. Vice-président d’Animafac, le réseau national des associations étudiantes.