L’édito de mai 2018

En ce mois de mai, alors que les musées, les cinémas et les théâtres commémorent le cinquantième anniversaire de mai 68, sur les places, dans les rues et les universités, les forces de l’ordre sont appelées à le maintenir. Au-delà de ce qui semble être un oxymore historique, la barrière entre les revendications des soixante-huitards et celles qui sont portées par les différents mouvements sociaux et étudiants paraît plus fine que ce que certains observateurs indiquent. En 1968, Christophe avait déjà connu le succès avec ses premières chansons et se dirigeait vers une carrière qui le mena a nous recevoir chez lui, une nuit de 2018. En 1968, Robert Guédiguian, lycéen à Marseille, menait ses premiers combats. Cette année, le cinéaste est membre du jury du festival de Cannes. A l’heure où notre rédaction se dirige vers le sud de la France pour couvrir cet événement international, qui sera au cœur de notre prochain numéro, le souvenir de l’édition 1968 semble resurgir. Interrompu par des cinéastes indignés, solidaires des mouvements étudiants et ouvriers, le Festival avait dû lui aussi évoluer vers une autre formule. À nouveau cette année, après les déclarations sur l’interdiction des selfies sur le tapis rouge, le caractère commercial et industriel des séries et les disputes autour du règlement du festival avec Netflix, le plus grand et plus prestigieux rassemblement cinématographique du monde semble être appelé à se réinventer pour maintenir son rang et continuer à infuser dans son époque. Événement hautement politique, peut-être même plus qu’économique et tout autant qu’artistique, il nous importe de nous y rendre pour essayer de décrypter voire d’anticiper les mutations de nos sociétés. Pour les mêmes raisons que les médias qui n’y vont pas, nous y allons.

Baptiste Thevelein

Directeur de la publication et de la rédaction

Co-fondateur, directeur de la publication et de la rédaction du magazine Maze. Étudiant au CELSA. Vice-président d'Animafac, le réseau national des associations étudiantes.