Dormir – L’édito de juin 2017

C’est une vague. Au moment où nous bouclons ce numéro, le parti du président de la République s’apprête à conclure son opération sur l’Assemblée Nationale en se dotant d’une écrasante majorité. Est-ce pourtant ce qu’il faut retenir de la période électorale qui s’achève en ce mois de juin ?

Le 11 juin 2017, 15% des électrices et électeurs inscrit·e·s sur les listes électorales ont choisi d’accorder leur voix à ce parti. L’hégémonie à venir sur les institutions et l’abstention croissante lors de scrutins pourtant déterminants sont le signe d’une fatigue. Notre République est fatiguée, nous sommes fatigué·e·s.

Celles et ceux qui ont toujours refusé une plus grande représentation s’émeuvent aujourd’hui des résultats qui mettent en place un presque parti unique mais ont toujours refusé le scrutin proportionnel. Les vieux partis politiques, ringardisés, qui ont parfois préféré présenter des candidats se targuant de l’étiquette « majorité présidentielle », sont en voie de disparition. De fait, pourquoi choisir un ersatz quand il est possible d’avoir l’original ?

La formulation d’offres alternatives est nécessaire, ne serait-ce que pour donner de l’air à notre démocratie. Notre République est fatiguée, nous ne pouvons pas dormir.

Baptiste Thevelein

Directeur de la publication et de la rédaction

Co-fondateur, directeur de la publication et de la rédaction du magazine Maze. Étudiant en politiques culturelles et gestion de la culture en Europe à l'Institut d'Études Européennes de l'Université Paris 8. Vice-président d'Animafac, le réseau national des associations étudiantes.

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