« Millénium : ce qui ne me tue pas » – Entre préquel et fantasme SM

Adaptation de l’ouvrage de David Lagercrantz publié en 2015 – qui marche dans les pas de Stieg Larson, auteur suédois que nous ne présentons plus, le film de Fede Álvarez filme la vie de Lisbeth Salander (interprétée par Claire Foy) et permet de mieux saisir pour quelles raisons elle est devenue celle qu’elle est.

Une femme se fait frapper par son mari, du moins c’est ce que nous comprenons dans l’ouverture in medias res du film. Lisbeth Salander fait rapidement son entrée et vient en aide à cette femme qui est victime des violences de son mari. Tout au long de l’histoire qui est montrée à l’écran, les éléments se mettent peu à peu en place pour mieux comprendre les évènements qui ont rendu Lisbeth aussi spéciale.

Entre son père aux fantasmes sadomasochistes et sa soeur qu’elle a laissée derrière elle, Lisbeth n’a jamais pu se reconstruire. Son personnage, complexe, s’enroule autour de celui de Mikael Blomkvist joué par Sverrir Gudnason. Ce rôle, pas très exploité dans les autres adaptations des livres de Stieg Larson, est plus profond et fouillé dans cet opus et laisse à penser qu’il développe une sorte d’obsession qui a pour objet Lisbeth. Le parti est pris de prendre un bel homme pour interpréter Blomkvist qui est loin d’être décrit comme un sex symbol par l’auteur dans la trilogie originelle et qui tranche avec les adaptations précédentes.

Le film est techniquement une belle réussite. Les couleurs froides présentes en grande partie durant le déroulé de l’intrigue permettent de mieux situer le lieu de l’action, soit en Suède. Quelques touches rouges et orange permettent de réchauffer l’ambiance et de donner au spectateur deux atmosphères, celle de l’ancienne vie de Lisbeth qui repose sur de nombreuses blessures d’enfance, et celle de sa vie actuelle qu’elle tente de mettre en place dans un esprit de stabilité.

Des hauts et des bas pour cette adaptation qui ne permet pas d’émettre un avis tranché mais qui laisse dans l’attente de quelque chose de plus. L’aspect technophile de Lisbeth est bien exploité. Les fantasmes BDSM du père de cette dernière ne mettent pas le spectateur à l’aise. Il ne lui facilite pas la tâche quand il s’agit de s’attacher à l’histoire qui devient très malaisante à la moitié du film.

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