“Les Crimes de Grindelwald” – Nostalgie et confusion

En bon Potterhead qui se respecte, Maze a été voir Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald dès sa sortie dans les salles obscures ce mercredi. Alors, suite réussie ou déception certaine ?

Les suites sont toujours risquées, et les enjeux pour Les Animaux Fantastiques 2 étaient grands : comment être à la hauteur de la saga Harry Potter et du précédent film, Les Animaux Fantastiques ? Comment renouveler la saga en ne répétant pas les mêmes intrigues que les films antérieurs ? Et surtout, comment ne pas décevoir les fans ?  Les Crimes de Grindelwald a plus ou moins réussi ce défi.

Aux commandes de ce deuxième volet, David Yates, réalisateur des Animaux Fantastiques 1 et des Harry Potter 5, 6 et 7. Il n’est donc pas étranger au Wizarding World, ce qui a pu en partie rassurer les fans. Au niveau du casting,  Eddie Redmayne, Dan Fogler, Alison Sudol, Katherine Waterston, Ezra Miller ainsi que Johnny Depp (malgré le mécontentement de certains fans suite aux accusations de violences conjugales à l’encontre d’Amber Heard). La famille des Animaux Fantastiques accueille de nouveaux personnages, interprétés par Zoë Kravitz (vue dans les Animaux Fantastiques 1), Jude Law, Claudia Kim, Callum Turner et William Nadylam.

Les Crimes de Grindelwald se situent en 1927, six mois après la capture de Gellert Grindelwald. Le film se passe entre Londres et Paris. Le ton du film est d’emblée révélé, avec une atmosphère très sombre, noire, plus proche des derniers Harry Potter que des Animaux Fantastiques.

Dans ce volet, Norbert, Tina, Queenie, Jacob et Croyance sont de retour. Norbert est comme un intermédiaire entre le spectateur et le film, car on découvre tout en même temps que lui.  Beaucoup (trop ?) d’arcs narratifs sont développés, ce qui laisse au final peu de temps pour chaque récit, qui mériterait pourtant d’être plus étendu. Notamment  pour Grindelwald, dont on apprend peu de choses, au contraire de Leta, qui est un personnage auquel il est difficile de s’attacher malgré tout ce qui est rapporté. Sceptique au départ sur le choix de Jude Law pour interpréter Albus Dumbledore, il se révèle finalement parfait pour ce rôle, même si on regrette de peu le voir. L’ambiguité de sa relation passée avec Grindelwald est mise en scène avec subtilité. Ce dernier a d’ailleurs quelques points communs avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Agissants dans l’ombre pour recruter leurs partisans, les deux hommes voient en Dumbledore un sorcier à leur mesure. Grindelwald, à l’instar de Voldemort, a également son “Harry” : Croyance. De plus, Grindewald déclare “il doit venir à moi de son propre gré”. Cela ne vous rappelle rien ?

Tout au long du film, Croyance est en quête de son identité, en vain, jusqu’à la révélation finale tout simplement… aberrante. Cela fait obstacle à certaines choses apprises à la lecture des livres… Cette information de J.K. Rowling herself, est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase, après la validation de la pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant Maudit, qui remettait déjà en question pas mal de choses présentes dans les livres, à coup de retourneur de temps en veux-tu en voilà. Grande déception. Ce n’est d’ailleurs pas la seule incompréhension du film. Comme le fait qu’un certain personnage de Harry Potter fasse un caméo, alors qu’il est censé naître sept ans plus tard.

Y’a-t-il des points positifs à ce film ? Bien sûr que oui ; en tant que Potterhead, revoir Poudlard dans toute sa splendeur est jouissif et les innombrables références à Harry Potter contenues dans Les Crimes de Grindelwald sont un délice ! Parmi elles, et ce n’est pas un spoiler – sauf si vous n’avez pas vu les bandes annonces – l’insertion du personnage de Nagini. Qui, au final, ne sert à strictement rien dans cet opus…

Le spectateur est totalement submergé par l’univers du Wizarding World. De plus, de nouvelles créatures, toutes plus mignonnes les unes que les autres, sont au rendez-vous, ainsi que les trognons niffleurs, incontournables.

Malgré les critiques évoquées et un combat final faiblard, le spectateur passe un bon moment devant un film efficace. Certains Potterheads pointilleux seront sans doute partagés, entre félicité et doutes quant à la suite des événements… Mais on ressort du film la tête remplie de tellement de questions, et plus que tout d’espérance pour les trois films à venir.

La joie de retrouver cet univers drôle et magique occulte (presque) tous ces défauts. Alors, allez le voir ! “Pour votre plus grand bien...”

NB : Selon les salles de cinémas, le film est disponible en “version normale”,  en 4DX ou en 3D. Cette dernière version n’apporte pas grand chose au film, excepté pendant les scènes d’action, et quelques effets plutôt sympathiques sont apportés durant certaines parties. Le point faible est également que cela assombrit considérablement l’image.

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