« First Man » – Un voyage dans les étoiles

Après le très réussi La La Land, Damien Chazelle revient avec un projet très différent, First Man, sorti le 17 octobre. Ce biopic retrace la vie de Neil Armstrong de 1961, à son retour de la mission Apollo 11 en 1969.

Pour ce nouveau long-métrage tiré du livre de James R. Hansen, le réalisateur s’entoure de nouveau du compositeur Justin Hurwitz (et cela s’entend), du directeur de la photo Linus Sandgren ainsi que de Ryan Gosling qui endosse le rôle de Armstrong.

Le film révèle un génie mis à nu, démystifié, avec ses failles, ses doutes et ses peurs. Le personnage est traité comme un homme ordinaire, et non comme un héros. Malgré toutes les prouesses accomplies, Damien Chazelle dresse le portrait de quelqu’un  d’humble, sensible, difficile à vivre et hanté par son passé. L’utilisation du gros plan permet une proximité et une certaine intimité entre le spectateur et Neil Armstrong, particulièrement lors des scènes d’émotions fortes. La caméra filme souvent à la première personne, ce qui accentue l’effet d’immersion, et de ressenti des sensations du personnage, notamment pendant le décollage, où le spectateur est dans le même état d’angoisse que les astronautes. Ces séquences sont longues et installent une réelle ambiance de stress et de peur. Le spectateur est dans un même temps Neil Armstrong et un voyageur.
Plus généralement, les difficultés à pratiquer un tel métier sont démontrées tout le long du film: l’incertitude du déroulement des missions; les accidents fréquents, voir mortels; les échecs répétés;  le stress engendré par le travail à fournir, et les proches subissant tout cela.
Les scènes de la vie professionnelle et de la vie privée sont d’ailleurs filmées très différemment. Deux ambiances distinctes sont créées, avec des couleurs plutôt froides quand Armstrong est au travail, et au contraire des couleurs chaudes pendant la vie de famille, avec des images montrées comme si elles étaient filmées par une tierce personne, comme si c’était des souvenirs. La manière d’exposer la vie privée est à la limite du documentaire. Le spectateur a l’impression d’être invité dans une intimité qui lui est étrangère.
First Man est un très bon biopic ; parfois poétique, et empli d’émotions. Damien Chazelle nous plonge dans un univers dangereux mais fascinant.
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