« Elite » – Juste un plaisir coupable d’adolescents

Après La Casa de papel, Netflix a dévoilé sa nouvelle série espagnole. Elite a toutes les qualités pour plaire aux adolescents et celui qui sommeille encore en nous s’en est délecté jusqu’à un certain point. Le dernier bébé espagnol de la plateforme s’inspire des teenage series à succès et plonge dans les abimes d’un catalogue de thèmes à aborder et d’intrigues secondaires qui s’épuisent.

Vous vous souvenez de Physique ou Chimie, diffusée sur NRJ12 entre 2009 et 2011 ? Mais si, rappelez-vous  ! Ce feuilleton espagnol où les intrigues se déroulaient dans un lycée entre nouveaux enseignants et premiers émois adolescents. Son créateur, Carlos Montero est de retour dans le milieu scolaire avec une nouvelle série ibérique produite par Netflix, Elite. Le petit nouveau  de la plateforme américaine, co-créé avec Darío Maronna, surfe sur le succès de la Casa del papel et trois de ces comédiens ont été intégrés à la distribution : Miguel Herron, Jaime Lorente Lopez et María Pedraza.

Physique ou Chimie. Copyright Antena 3 Televisión

Le pilote s’ouvre dans la piscine un lycée d’«élite », un jeune homme en uniforme, les yeux dans le vide et couvert de sang assiste à l’arrivée de la police sur les lieux. La narration alterne entre des souvenirs grisâtres d’avant meurtre, l’interrogatoire de la police et le flashback constituant la dramaturgie principale de la série. Plus aucun doutes, les créateurs d’Elite connaissent les recettes qui marchent. Le jeune homme de l’ouverture se nomme Samuel, un jeune serveur réservé dont le grand frère sort de prison, lui et deux autres élèves (Nadia, musulmane carriériste et Christian intrépide arriviste) ont obtenu une bourse pour étudier dans ce lycée prestigieux ambiance Gossip Girl (uniformes compris). Ces petits nouveaux d’origines modestes vont devoir s’intégrer au sein de l’établissement qui héberge une galerie de personnages de la classe sociale supérieure pas vraiment enthousiastes à l’idée de se mélanger.

Catalogue de société

Les premiers épisodes accrochent l’œil grâce à une mise en scène soignée, voire stylisée. On se se surprend à s’attacher aux personnages et à se demander qui est le coupable parmi cette petite bande d’adolescents et leur entourage ? Toutefois, le suspens du début s’essouffle très vite et la révélation finale de l’enquête, bien que surprenante, n’a plus d’importance pour ceux qui ont regardé le huitième et dernier épisode de cette première saison.

Elite. Copyright Netflix.

Il faut reconnaitre que sous la chaleur espagnole, Elite va plus loin que ses consœurs américaines parfois trop prude, ici les corps se dénudent et se mélangent. Mais malgré des intentions louables, la série espagnole abordent trop de sujets d’adolescents et également de société : homosexualité, religion, virilité, drogue, VIH, avortement, adoption, éducation, corruption, polyamour, la liste est longue, trop longue. Ces thèmes aussi intéressants soient ils, ne peuvent pas être développés en profondeur et restent à la surface des nombreuses intrigues secondaires qui jalonnent les épisodes.

On ne va pas se mentir si on a regardé Elite jusqu’à la fin c’est plus par plaisir coupable d’ex teenager que par réel intérêt pour son histoire. Pendant huit épisodes, la nostalgie nous a envoyé un parfum de Serena dans Gossip Girl, un soupçon d’Alison de Pretty Little Liars ou encore l’insolence de Buffy, et le rythme d’Un, dos, tres. Être adolescent, encore un instant. Une saison 2 a déjà été commandé par Netflix, et l’adulte que l’on est, s’en passera bien.

Diane Lestage

Une étudiante en Bachelor Journalisme à l'ISCPA Paris qui entretient une relation de polygamie culturelle avec le cinéma, le théâtre et la littérature classique.

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