« Chacun pour tous » – Une époustouflante tricherie 

Pour Vianney Lebasque, Chacun pour tous est un pari réussi : montrer les coulisses de la plus grande histoire de tricherie sportive. Le film est émotionnellement chargé : la joie, le rire, la compassion, la tristesse transportent le spectateur dans une histoire délirante tirée de faits réels. Aucun temps mort pour cette comédie dramatique.

« J’avais envie de faire un film sur la différence » se justifiait le réalisateur de Chacun pour tous, Vianney Lebasque au site Allociné. Seule exigence pour le cinéaste : les handicapés mentaux du film devaient absolument être interprétés par des acteurs handicapés et non des acteurs jouant aux handicapés. Vincent Chalambert (Freddie) et Clément Langlais (Yohan) sont autistes mais avant tout des comédiens. Dans une équipe de basket où dix d’entre eux sont valides, ils apportent de la douceur et de l’authenticité naturelle à cette supercherie. Ils sont touchants par leur innocence et leur générosité vis-à-vis de leurs coéquipiers.

Même s’il est difficile de ne pas franchir la limite entre l’humour et la moquerie à ce sujet, c’est avec une grande légèreté qu’il est traité. Le spectateur découvre à travers les yeux des tricheurs le monde du handicap dans sa plus grande globalité. Cependant, le film n’est aucunement moralisateur. Il expose les faits : le manque d’intérêt flagrant pour les Jeux Olympiques paralympiques et la tendance à traiter les personnes, avec un QI inférieur à la moyenne, différemment.

Une leçon de vivre ensemble

Chacun pour tous, c’est aussi l’histoire de personnages très différents forcés à la cohabitation. Au départ, tous s’engagent dans cette tricherie pour de mauvaises raisons (l’argent). A leur manière chacun est désœuvré (pour ne pas dire des losers) et perdu. Ils auront tous un but commun : convaincre les autres de leur déficience mentale et devenir une vraie équipe de basket. Ils se lancent alors sans le savoir dans une aventure humaine unique qui les changera pour toujours. Apprendre à vivre ensemble c’est le maître mot du film de Vianney Lebasque. Le titre parle aussi de lui-même, au départ ils étaient « chacun » dans leur bulle et finalement ils se retrouvent tous ensemble pour ne plus se lâcher. Des liens d’amitié se créent et tous se trouvent des points communs, s’entraident sans pour autant en faire trop. Le jeu des acteurs et la personnalité de chaque personnage y est pour beaucoup.

Cependant même si tout se déroule bien entre eux, la tricherie des basketteurs valides incarnés entre autre par Ahmed Sylla (Stan) et Olivier Bathelemy (Pippo) reste le fil conducteur du film.

Une vraie escroquerie

Cette histoire immorale est un mélange choc de tricherie et d’audace. Le coach Martin interprété par Jean-Pierre Darroussin décide de prendre le risque pour de bonnes raisons : sauver sa fédération, garder ses subventions et rendre fière sa fille qui est elle-aussi en situation de handicap. C’est le sentiment partagé entre : être contre la triche et souhaiter que tout se passe bien qui fait la réussite du film. La tension liée au mensonge et les quiproquos surprenants rythment le film et permettent de tenir en haleine le spectateur.

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