« Breaking Away » – Quarante ans plus tard

Le long-métrage de Peter Yates est sorti en France pour la première fois en 1979 sous le titre, La Bande des Quatre. L’année suivante, il gagne l’Oscar du meilleur scénario original. Breaking Away fait son retour dans les salles obscures cette semaine.

Breaking Away marque un tournant dans la carrière du réalisateur britannique, après une dizaine de films d’action hollywoodiens. Ce film, plus sensible et personnel, raconte l’été suivant la fin du lycée de quatre amis, issus de la classe ouvrière à Bloomington, Indiana. Oisifs, ils semblent ignorer l’appel de la vie adulte et les pressions familiales, préférant se baigner dans le décor idyllique d’anciennes carrières de pierre dans lesquelles leurs pères travaillaient. L’un d’entre eux, Dave, joué par Dennis Christopher, se prend de passion pour le cyclisme italien, et décide de participer à une course pour se mesurer à ses idoles. Il se mesurera également aux réticences de son père, agacé par la culture italienne qui envahit son quotidien et l’esprit de son fils.

Revisiter le teen-movie

Le film aborde des thèmes propres au coming of age, comme l’idéalisme de la jeunesse, la relation complexe père-fils, et le refus de grandir. En toile de fond, on retrouve aussi la rivalité entre les cutters, fils d’anciens tailleurs de pierre, et les étudiants de l’université méprisants. Peter Yates réalise ici un film d’adolescents jamais stéréotypés, où aucun personnage n’est mis à l’écart. Du père qui supporte mal les lubies de son fils à l’ex-quarterback joué par Dennis Quaid, déjà aigri et nostalgique. Le point culminant du film, une course cycliste de relais nommée Little 500disputée à l’Université de l’Indiana, permet aux protagonistes de se confronter à leurs rivaux et prouver à leurs parents et à eux-mêmes leur valeur et la puissance de leur passion.

Quarante ans plus tard, on découvre ou redécouvre un film qui n’a pas vieilli. Parce qu’il est poétique, sensible, et qu’il ne représente pas qu’une génération ou une classe sociale, mais un état d’esprit propre à ceux qui refusent de grandir, c’est un film qui lui aussi a refusé de devenir obsolète. C’est un film drôle sans être lourd, et sensible sans être larmoyant, que nous vous conseillons vivement.

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