Mr. Robot : ils vont tous vous hacker

Les vacances d’été sont enfin là, ce qui signifie aussi, plus de temps libre à consacrer à des séries télévisées. Le 13 juillet, c’est la sortie de la saison 2 de Mr. Robot. Retour sur une première saison peu médiatisée en France, qui a pourtant accumulée les récompenses et permis a la série dramatique de s’imposer comme l’une des séries  américaines du moment.

 A la genèse du projet, le créateur Sam Esmail voulait en faire un film. Le récit étant trop long, il a finalement opté pour le format série télévisée. Cela permet ainsi à l’histoire de se développer tranquillement. Mr. Robot est ce qu’on appelle un techno-thriller et présente une intrigue très ancrée dans notre réel. Le scénario retrace comment un groupe de hackers nommé Fsociety crée sa révolution grâce au système informatique. Leur but est principalement de détruire les puissances bancaires et redonner au monde un certain équilibre pour libérer le peuple et redistribuer les richesses. Ils se battent  virtuellement contre “Un monde construit sur du faux. Des émotions synthétiques sous forme de médicaments, des guerres psychologiques sous forme de publicité, des produits chimiques qui bousillent le cerveau sous forme de nourriture, des séminaires de lavage de cerveau sous forme de média, des bulles contrôlées et isolées sous forme de réseaux sociaux.” comme l’explique dans un discours le personnage de Mr. Robot à la fin de la saison.

Immersion dans un cerveau perturbé

Le premier point fort de cette saison se révèle être le personnage principal à la personnalité complexe. Elliott Anderson (Rami Malek) souffre d’anxiété sociale et de paranoïa. Il oscille entre le héros et le antihéros. Drogué et lucide, tendre et violent, le spectateur a du mal à le cerner. Et s’il veut bousculer le monde c’est inconsciemment qu’il le fait, il n’est donc pas un super justicier voulant sauver la population. Surtout que ce dernier, qui s’adresse à son public comme s’il était dans sa tête, lui montre en réalité que ce qu’il veut bien lui laisser voir. C’est ce qui est d’ailleurs intéressant : il parait impossible de s’attacher à un personnage et pourtant ils ont tous un côté séduisant. Ils sont tous présentés dans leur intégralité – et même les personnages secondaires, avec leurs névroses. Fascinant.

Deux autres personnages se distinguent clairement par leur personnalité. D’un côté, Mr. Robot (Christian Slater), le personnage éponyme, qui est un anarchiste à l’initiative du projet. C’est lui qui vient chercher Elliot pour l’arracher à l’entreprise de sécurité où il travaille comme technicien et le rallier à sa cause. Il détient un secret qui fait complètement basculer l’intrigue à la fin de la saison. De l’autre, l’obscure Tyrell Wellick (Martin Wallström), le directeur technique adjoint de la société Ecorp, (conglomérat principal client de la société pour laquelle travaille Elliot) que le spectateur a du mal à comprendre. Les personnages féminins ne sont pas non plus laissés sur le bas côté, que ce soit Angela, l’amie d’enfance et collègue d’Elliot, Darlène, une autre hackeuse de Fsociety ou la femme de Wellick. Elles savent ce qu’elles veulent et semblent prêtes à tout pour parvenir à leurs fins.

Une série cinématographique

Mr. Robot  – qui aurait donc du être un long métrage, est aussi une série destinée aux cinéphiles. En effet, la série est parsemée de références comme à Fight club de David Fincher pour la complexité de la personnalité du personnage central ainsi que la portée sociale, que l’on retrouve également dans V pour Vendetta, le masque qui ressemblant beaucoup à celui de Guy Fakwes et des Anonymous. Il y a également beaucoup d’éléments qui semblent renvoyer aux films de Martin Scorsese  et de Stanley Kubrick. Elliot ressemble beaucoup au héros solitaire de Taxi driver, incarné à l’écran par Robert de Niro : comme lui, il s’exprime en voix off pour permettre au spectateur de rentrer dans son esprit. L’ambiance est également très proche de celle de l’angoissant Eyes wide shut de Kubrick.

La technique de la série est, elle aussi, très importante. Sam Esmail semble avoir une parfaite maîtrise de la mise en scène et de l’écriture de scénario. Les plans et mouvements de caméras sont perfectionnés pour faire monter l’angoisse du public. Chaque épisode est unique dans son intrigue et son montage, ce qui contribue à former un tout fascinant. Tout est parfaitement mis en place pour que le spectateur se laisse promener dans ce techno-thriller. La musique est en parfait accord avec le reste, tout en étant très variée dans les genres. Le dernier élément qui fait toute la série, c’est le jeu incroyable des acteurs qui leur ont valu d’ailleurs nominations et/ou récompenses.

Message politique et social ?

Fsociety veut créer une révolution en s’attaquant à l’économie mondiale pour supprimer les dettes afin de libérer la population et pour que l’argent ne profite pas seulement aux puissants. La série met le public face à une déshumanisation de notre société et à un capitalisme exacerbé. Mais en même temps, il n’y a pas vraiment de parti pris possible car le spectateur ne sait pas quelles sont les réelles motivations du personnage principal et Elliot n’a pas l’allure d’un justicier qui veut sauver le monde.

La saison 2 sort le 13 juillet et il semble impossible pour un cinéphile de passer à côté de cet OVNI cinématographique du petit écran. En attendant la sortie, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook de la série pour assister à la montée du suspens.

Diane Lestage

Une étudiante en Bachelor Journalisme à l'ISCPA Paris qui entretient une relation de polygamie culturelle avec le cinéma, le théâtre et la littérature classique.

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