Marilyn Monroe, la sexualité des années 50

Hollywood, un monde à part qui éclôt au début du XIXème siècle et qui ne cesse de s’entremêler aux moeurs des étasuniennes de l’époque. Studio-système, Star-system, Bureau de Censure, la production de films hollywoodiens bascule d’un état à son opposé, revendique puis tait, et cela à l’image d’un public tout aussi interchangeant. Mais certaines périodes subissent une analyse sociale et deviennent de véritables révélations.

Pin-up ou Playmate ?

A Hollywood, la femme peut bien jouer un rôle, incarner des valeurs et des états d’esprits. Mais elle reste bien cantonnée à une typologie d’acteurs qui ne se réfère qu’à son physique, ce qui démontre bien où le regard masculin se situe. Parmi elles, on retrouvera la “rousse technicolor” , la” brune piquante” , la “blonde hitchockienne” et la “blonde hollywoodienne” très vite incarnée par Marilyn Monroe. Cette dernière devient en effet l’archétype de la “pin-up” dès ses débuts et cela influencera par la suite le regard porté sur son corps et son jeu, à la fois du public et de la caméra. Alors qu’une certaine tension sexuelle s’émane de toutes les grandes stars hollywoodiennes de l’époque, chez Marilyn, c’est très explicite. Son personnage est réduit à l’exhibition pour un regard masculin, passant de secrétaire à comédienne : des rôles qui la propulse sur le devant de l’écran pour son physique et non pour son talent. Le but est de faire voir Marilyn comme un objet sexuel que l’on attend impatiemment dans chacun de ses films. La mise en scène joue avec le désir du spectateur et attise son appétit : une bretelle qui tombe, une robe transparente, un reflet de miroir, tout est mis en place pour introduire ce personnage qui symbolise tout un fantasme social.

 

Marilyn Monroe dans une robe transparente

Richard Dyer étudie le personnage qu’incarne Marilyn Monroe toute sa vie et affirme qu’elle est un point de repère qui permet de comprendre les gens et la sexualité. Son personnage est entré dans l’intimité du public et son nom est omniprésent dans les discours sur la sexualité. Le sexe dans les années 50 aux Etats-Unis est un élément crucial de la vie des Américains. Les rapports Kinsey sortis entre 1948 et 1953 sont très médiatisés et donnent une nouvelle image de la sexualité qui va fortement influencer les américains. S’ajoute à ce premier retentissement les grandes publications autour de la sexualité, notamment avec les magazines Playboy qui vont connaitre un énorme succès. Finalement, les années 50 ouvrent sur l’ère du cinéma pornographique qui explosera dans les années 60 et qui fait disparaitre le cinéma plus familial.

Sex-Symbol au premier degré

Les deux grandes tendances qui vont lier Marilyn Monroe à la sexualité des américains sont les illustrations Playboy et la volonté de comprendre la sexualité féminine. Monroe va symboliser ce mouvement en posant nue pour Playboy en 1953. Elle veut représenter une sexualité sans tabous, naturelle, et simple qu’elle revendiquera en incarnant la définition de la femme Playboy.  Dans le discours de Marilyn Monroe, on ne note aucune culpabilité, aucun rejet mais une répartie érotique très naturelle et douce. En vérité, les studios de la Fox forge cette image en lui soufflant quelques phrases et en faisant la promotion de cette image de playmate idéale. Sa vie est extrêmement médiatisée, son mariage, sa visite aux soldats en Corée, tout est mis à nu sur les pages des magazines et alimenté de cette petite touche érotique.

 

Marilyn Monroe pose nue pour le magazine Playboy

Selon l’analyse de Richard Dyer, la playmate représente la femme désirable des années 50: blanche, hétérosexuelle, blonde. C’est dans un univers colonialiste qu’on développe la préciosité de la blancheur, la femme blanche étant le bien le plus précieux de l’homme blanc. La chevelure on ne peut plus blonde de Monroe rappelle la richesse. Les bijoux et costumes qu’elle porte rappellent cette hystérie autour de la blancheur. Le sociologue s’intéresse aussi de voir comment son image évolue au fil du temps, surtout dans l’opinion féminine. Certaines la voient comme réduite à un objet sexuel, d’autres soulignent sa rébellion contre cet aspect. Marilyn Monroe a eu certaines positions féministes et a voulu fonder sa propre maison de production pour s’émanciper du rôle qu’on lui attribuait. Tout cela bien sûr étouffé par les journalistes et par la médiatisation de son image, qui ne commenteront pas non plus le choc social qu’elle provoqua dans les années 50.

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