Love Hunters, un thriller digne de ce nom

Pour son premier long métrage, Ben Young a choisi le genre du thriller. Ce choix du style aurait pu être un piège car il obéit à des codes assez stricts et il est difficile d’éviter les écueils de la redite et du cliché avec lui. Pourtant, c’est bien un premier film réussi que nous délivre le réalisateur.

Love Hunters, c’est l’histoire, en 1987, d’une jeune femme, Vicki, qui fait une mauvaise rencontre. Vivant en Australie, ses parents sont divorcés et elle n’entretient pas les meilleurs rapports avec eux. Elle décide, contre l’avis de sa mère, de rejoindre des ami·e·s pour une soirée, à pied. C’est sur le chemin de cette soirée qu’elle fait la rencontre d’un couple, rencontre qui va changer sa vie. Nous suivons la suite des événements tant du point de vue de Vicki, que celui de ses geôli·er·ère·s ou des  parents qui la recherchent.

Sur la forme tout d’abord, le film est très réussi. L’atmosphère ô combien caniculaire et étouffante est palpable. Par un habile jeu de lumières, de plans serrés et d’étalonnage, le résultat est bluffant. Ces plans serrés, d’ailleurs, nous font sentir toute la dimension organique du malaise et de la chaleur ambiant·e·s. On remarque d’ailleurs des gros plans sur des parties du corps, les mains, le visage ou les cuisses par exemple sans chercher à en dissimuler ce qui pourrait apparaître, aux yeux d’autres créateurs et créatrices, comme des défauts. La scène d’introduction s’ouvre ainsi sur des ralentis et des plans serrés sur les cuisses de joueuses de basketball sans dissimuler leur cellulite. Les ralentis sont par ailleurs un effet récurent au cours du film, savamment utilisé.

Le scénario, enfin, était vraisemblablement le principal point d’attention à avoir en tête pour éviter de faire de ce thriller un mauvais film. Partant d’une base assez simple, celle de l’enlèvement, Ben Young arrive toutefois sinon à nous surprendre, au moins à nous happer dans une intrigue qui sait prendre son temps tout en nous maintenant en haleine. Sans tomber dans le cliché, Love Hunters suit les codes du genre et nous offre une histoire complète et cohérente.

Ben Young, pour ce premier film, nous livre donc un thriller de qualité, nous donnant tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un film de ce genre. Son image rappelle par certains côtés le travail de Tom Ford ou Nicolas Winding Refn, et son écriture peut faire penser à celle de Denis Villeneuve pour Prisoners, bien que Love Hunters ne soit pas tout à fait aussi marquant.

Thomas Dufraine

Paris

Je suis un ingénieur créatif, étudiant en curiosité, vadrouilleur de l'Internet amateur de culture.