« L’Homme qui tua Don Quichotte » – L’exquise fantaisie de Gilliam

28 ans après avoir entamé son projet Terry Gilliam achève finalement son pari fou : L’Homme qui tua Don Quichotte. Une fable enivrante dans laquelle nous mène le réalisateur et ses acteurs fantasques.

Toby (Adam Driver), réalisateur désabusé et en mal d’inspiration, tourne une nouvelle fois en Espagne, où celui-ci avait tourné son film de fin d’études, nommé L’Homme qui tua Don Quichotte. Il décide alors de se lancer à la rencontre des acteurs de son premier film, et notamment d’un vieux cordonnier, Javier (Jonathan Pryce), qui avait interprété le rôle de l’illustre Don Quichotte. Des retrouvailles le mêlant alors à des aventures déroutantes.

Présenté Hors Compétition dans la Sélection Officielle du Festival de Cannes, le film est sorti simultanément le 19 mai dernier en salles. Ce projet cinématographique exceptionnel a de nombreuses fois du être avorté. Comme en témoigne les nombreux déboires de productions, mais aussi les difficultés de tournage, mises notamment en lumière dans le documentaire Lost in La Mancha (2002). Le long-métrage, cette fois abouti de Terry Gilliam, rend hommage aux deux acteurs Jean Rochefort et John Hurt, qui auraient du tous deux interpréter le rôle de Don Quichotte, dans les précédentes versions du scénario de Gilliam.

L’Homme qui tua Don Quichotte, se révèle être une histoire retentissante, berçant le spectateur entre les illusions miroitantes d’un vieil homme, et le scepticisme de Toby. Le film se veut véritablement divertissant, et réussi à englober le spectateur à travers son scénario alambiqué. L’image participe à cet effet et se veut ici chatoyante, et capte de par sa vivacité l’attention du spectateur. Le pari est donc réussi : Terry Gilliam fait ici coïncider absurde et onirisme tout en conservant le coté débridé d’une réalité contemporaine virulente.

Dans ce registre fantasmé et jubilatoire, le duo Adam Driver et Jonathan Pryce (acteur qui avait été d’ores et déjà révélé par Terry Gilliam, dans le long-métrage Brazil) se veut être un tandem jouissif. Les deux acteurs parviennent pleinement à porter ce film très attendu, qui est aussi encouragé par un éminent casting : Stellan Skarsgard, Olga Kurylenko, Rossy de Palma, et la jeune Joana Ribeiro.

Le film et sa composition sensationnelle nous met face à des problématiques à la fois dramatiques et décomplexées : la religion, la violence, la folie, l’argent. Cependant le film ne cesse de conserver sa poésie et sa malice, faisant de celui-ci une comédie mainstream mais également un film sophistiqué.

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