Cannes 2017 – Wonderstruck : Douceur des sens

En compétition pour la Palme d’or, Todd Haynes – réalisateur de Carole – présente au Festival de Cannes, Wonderstruck. Un drame touchant qui relie deux enfants atteints de surdité et séparés par cinquante années. Guidés par la musique, ces deux enfants nous prennent par la main pour nous emmener à travers une curieuse épopée dans le New-York de ces deux époques. Quelques longueurs mais une véritable douceur propre au réalisateur.

Le premier, Ben, est un garçon d’une dizaine d’années qui vit en 1977. Après la mort de sa maman (Michelle Williams) et alors qu’il vit chez sa tante, il prend la décision de partir à la recherche d’un père dont il n’a jamais entendu parlé. Guidé par cette citation : « Nous sommes tous dans le caniveau mais certains regardent les étoiles », qui prend son sens au fil du film, il tombe par hasard sur un livre du Musée d’Histoire Naturelle, Le Cabinet des curiosités, et l’adresse d’une librairie à New-York. Mais touché par la foudre, à ce moment-là, et soudainement devenu sourd, son aventure se révélera un peu plus difficile que prévu.

Cinquante ans auparavant, Rose, sourde de naissance et délaissée par son père, part également à New-York, à la recherche de sa mère et de son frère. La première est une célèbre actrice de film muet tandis que l’autre travaille au Musée d’Histoire Naturelle de la ville. À travers les quêtes de ces deux enfants, que tout semble relier, Todd Haynes nous livre avec Wonderstruck, un scénario plutôt original et empreint de douceur. Mais ce n’est pas la grande force du film, qui se trouve plutôt du côté des sensations du spectateur.

Une épopée musicale

Les aventures de ces deux enfants – magnifiquement interprété·e·s par ces jeunes comédien·ne·s – sont à l’écran une véritable quête pour les yeux. Entre le noir et blanc des années 1920 et les couleurs chaudes des années 1970, les deux histoires se mêlent dans un montage captivant et bien mené par le réalisateur. Ces époques sont accompagnées de musique qui leur sont également propres. À l’instar des films muets, la musique remplace souvent les dialogues et se mêle avec force aux images. Le réalisateur joue avec le son selon les personnages présents à l’écran.  Autant d’éléments qui enchantent les sens du spectateur. Malheureusement, le film met du temps à s’affirmer et est victime de nombreuses longueurs pendant toute la première partie qui pourrait en rebuter plus d’un·e. C’est dommage, car Todd Haynes parvient vraiment à raconter des histoires à la fois belles et uniques.

Diane Lestage

Une étudiante en Bachelor Journalisme à l’ISCPA Paris qui entretient une relation de polygamie culturelle avec le cinéma, le théâtre et la littérature classique.

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