Jane Austen à l’ère de la comédie romantique

Une héroïne à l’esprit vif et à contre-courant de son époque, un prétendant idéal qui doit concourir pour son cœur contre un autre s’avérant être un truand : ces éléments composent aussi bien les romans de Jane Austen que les comédies romantiques. Aussi cocasse que cela puisse paraître, l’influence de la célèbre autrice britannique du XIXème siècle est omniprésente dans le genre plus contemporain des « rom-com ».

On pourra penser, par exemple, aux adaptations romancées, dont la version 2005 d’Orgueil et Préjugés, mais ces versions omettent souvent de traduire l’humour fin et burlesque d’Austen et de son époque. D’autres, à l’inverse, ont eu l’idée de transposer ces situations dans un contexte actuel. Si, par exemple, la célèbre Bridget Jones s’inspire ouvertement d’Orgueil et Préjugés, le genre connait d’innombrables adaptations modernes des œuvres.

Des mariages arrangés en Inde…

Le temps des mariages arrangés semble révolu, mais c’est encore une réalité dans certaines parties du monde, comme en Inde. L’adaptation Bollywood moderne Bride and Prejudice (Coup de Foudre à Bollywood) de Gurinder Chadha ne s’éloigne donc pas de la réalité ou du synopsis initial d’Orgueil et préjugés. Les quatre sœurs Bakshi sont toutes prêtes à marier, la jeune Lalita rencontre alors Will Darcy – le riche héritier américain, dédaigneux, et elle le rejette au départ pour son mépris de la culture indienne. On y garde alors un contexte et un humour assez proches de l’œuvre d’Austen, en appréciant la beauté de la culture indienne et l’originalité du style Bollywood.

Bride and Prejudice © Pathé Distribution, Miramax Films

 

S’inspirant de l’œuvre plus subtilement, on trouve aussi Austenland (Coup de Foudre à Austenland), tiré du roman éponyme de Shannon Hale. Ici, c’est une trentenaire américaine, Jane Hayes, folle de Jane Austen et de son époque qui dépense ses économies entières pour s’immerger dans une reconstitution du XIXème siècle en Angleterre. Farfelu et plein de rebondissements, Austenland est une reprise originale de l’œuvre de Jane Austen.

Bien sûr, son œuvre ne se résume pas qu’à Orgueil et Préjugés, et nombre de ses romans ont inspiré le cinéma depuis les années 1990. Dans From Prada to Nada de Ángel Gracia, les deux sœurs Dashwood, du roman Raison et Sentiments, sont incarnées par les sœurs Dominguez dans une réadaptation moderne et Latina située à Los Angeles. Les deux orphelines, habituées à vivre dans le luxe, sont obligées de loger chez leur famille moins fortunée dans un quartier malfamé. Elles sont alors obligées de s’adapter à leur nouvelle situation.

… aux machinations d’une jeune lycéenne à Beverly Hills

Jeune, belle et riche, Emma Woodhouse parait tout avoir, sauf l’amour qu’elle essaie pourtant de trouver en maniganceant autour d’elle. C’est aussi le cas d’Aisha dans le film Bollywood éponyme réalisé par Rajshree Ojha. L’héroïne tentera, avec peu de succès, de faire l’entremetteuse dans son entourage. Reçu de manière globalement positive en Inde, notamment grâce à la musique et aux chorégraphies, la comédie romantique Aisha est encore un exemple de la représentation des œuvres d’Austen à Bollywood.

Film « culte » dans le genre, Clueless remplace Emma par Cher Horowitz, une belle lycéenne de Beverly Hills qui met en couple deux de ses professeurs et entame comme projet le relooking de Tai, petite nouvelle au lycée. Comme Emma, Cher réalisera enfin que l’amour l’attendait devant elle tout le long. Des réparties drôles et un rôle iconique pour Alicia Silverstone, Clueless illustre bien la vie d’adolescents en remplaçant les normes restrictives de l’époque d’Austen par les attentes absurdes des jeunes du XXème siècle.

Clueless © Paramount Pictures

 

Des adaptations modernisées, adaptées à des époques, des cultures et des contextes différents, mais qui conservent tout de même l’essence des œuvres de Jane Austen. Qu’ils soient niais, drôles, ou encore pas forcément bien réalisés, on apprécie tout de même l’humour intemporel de l’autrice qui ne cesse d’inspirer le genre de la comédie romantique, à voir et à revoir en ce mois de février.

1 commentaire
  1. Je suis on ne peut plus d’accord !! Même si aucune de ces adaptations n’arrive à retranscrire l’immense richesse des romans de Jane Austen, on y retrouve toujours quelque chose de son essence et c’est un plaisir renouvelé. Le tout est de ne pas oublier que Jane Austen ne se résume pas à cela !