« Une Jeunesse dorée » – Chronique décevante des années Palace

Avec Une Jeunesse dorée, la cinéaste Eva Ionesco nous offre un seconde film inspiré de sa vie d’adolescente. Elle y raconte les folles soirées au Palace, faites de fantaisie et de paillettes, le passage aux années 1980 et les affres de la jeunesse. Une belle promesse qui pourtant déçoit beaucoup.

Sur le papier, le long-métrage avait tout pour séduire. On nous promettait Isabelle Huppert et Melvil Poupaud incarnant respectivement Lucille et Hubert, un couple libre et excentrique qui s’entiche de la jeune Rose (l’héroïne du film incarnée par Galatéa Bellugi) et de son petit ami Michel (Lukas Ionesco). Un quatuor qui nous laissait présager d’heureuses et extravagantes aventures à l’âge d’or du Palace, fameux club de la capitale qui, au tournant des années 80, voyait se bousculer à ses portes tout le gratin parisien en quête d’audace et de notoriété.

Or, cet aspect n’est pas du tout exploité, voire carrément mis de côté. Les quelques plans (car ils sont trop peu) qui se passent entre les murs de la boîte se contentent de lister cliniquement les membres constitutifs de cette faune nocturne et interlope. Tout est mis en œuvre pour tenter de recréer l’atmosphère si spéciale de ce temple de la fête mais rien ne prend. On a l’impression que la réalisatrice est restée en surface et a choisi ce décor pour ce qu’il représente, beaucoup moins pour ce qu’il est. On aurait pourtant tant aimé connaître ses histoires, ses secrets, ses recoins…

À côté de ça, le film reste très faible en matière de scénario. Les dialogues sonnent faux et creux si bien qu’ils en viennent à entacher le jeu d’acteur des différents personnages : on croit parfois à une mauvaise blague tant ce qui nous est montré à l’écran semble invraisemblable voire même assez risible. Seul Melvil Poupaud s’en sort même si, bien entendu, il ne s’agit pas d’une de ses meilleures performances. Il faut dire que les situations proposées ne permettent pas vraiment aux comédiens de briller ou bien de les mettre en valeur : elles laissent indifférents, parfois pire, elles agacent.

Seule la photographie est à sauver mais elle n’est pas suffisante pour sortir de la salle conquis : Une Jeunesse dorée est un bien bel objet esthétique mais résolument sans saveur.

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