« La Mule » – L’étincelle dans le regard de Clint Eastwood

Après le mitigé Le 15h17 pour Paris sorti l’année dernière, Clint Eastwood revient ce mois-ci avec un drame intitulé La Mule, inspiré d’une histoire vraie.

Depuis Une Nouvelle Chance sorti en 2012, on n’avait pas eu le plaisir de retrouver Clint Eastwood devant la caméra. C’est chose faite avec La Mule, sorti mercredi 24 janvier. Le scénario, signé Nick Schenk, auteur de Gran Torino, est inspiré de la vie du vétéran Leo Sharp, devenant, dans les années 1980, le transporteur de drogue le plus âgé et connu pour son efficacité.

Le personnage de Earl Stone (Leo Sharp donc) est assez caricatural : un Américain sympathique de 90 ans, ancien vétéran, conduisant un vieux pick-up, aigri face aux nouvelles technologies et ayant des réflexions racistes d’un autre âge qui font sourire -ou exaspèrent. Malgré cela, Earl est très attachant. C’est un homme bon, tenace, qui a fait beaucoup d’erreurs par le passé mais à présent se rend compte des priorités à avoir.

Les clichés ne s’arrêtent pas là, notamment en ce qui concerne les « méchants » , à savoir le cartel mexicain. Villa de rêve, cigare à la bouche, filles superbes quasiment nues et au service de ces hommes, et le petit plus, un fusil en or, emblème du kitch.

Le boulot de Earl est présenté comme un métier « banal », avec sa propre routine – ce qui le devient aux yeux de Earl, les mains sur le volant, la musique rétro dans les oreilles. De plus, ce dernier garde toujours son sang-froid, même face à des situations risquées. Cela rappelle un peu certains rôles qu’a pu jouer Clint Eastwood plus jeune.

Les thèmes de la famille, du pardon et du temps qui passe sont très présents dans La Mule. Des thèmes universels, et ce quel que soit l’âge qu’on a. D’ailleurs, trois générations sont présentées dans la fratrie Stone : l’ex-femme Mary (Dianne Wiest) ; leur fille Iris (Alison Eastwood) ; sa fille Ginny (Taissa Farmiga). Earl a des rapports difficiles à un moment ou un autre avec chacune des femmes de sa vie. Il tente, tant bien que mal, de se racheter auprès d’elles après ce qu’il a pu leur faire subir.

L’agent Colin Bates, incarné par Bradley Cooper qui collabore pour la seconde fois avec Clint Eastwood après American Sniper, prend le même chemin que Earl plus jeune et ce dernier va donc lui servir, pendant de brefs instants, de père spirituel.

La Mule, c’est du pur Eastwood, au meilleur de sa forme et ça ne peut que faire plaisir de visionner un tel film. La réalisation est très bien faite, avec de superbes plans, qui mettent notamment en valeur les paysages américains. Aucun faux pas n’est fait sur la musique, encore très proche des goûts de l’acteur-réalisateur. Le plus grand bonheur est de redécouvrir cette étincelle dans le regard inoubliable de Clint Eastwood, immense acteur qu’il est.

Bradley Cooper, qui était très enthousiaste a l’idée de retravailler avec Clint Eatswood, a d’ailleurs déclaré que “ce qui est génial chez Clint, c’est qu’à 88 ans, il a dû jouer le fait d’être vieux tellement il est en forme“. Preuve que le grand Clint n’est pas près de prendre sa retraite.

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