Exposition -Tutti Gio Ponti, l’archi-designer touche-à-tout

Jusqu’au 10 février, l’œuvre du designer et architecte italien Gio Ponti est présentée au Musée des Arts Décoratifs à Paris.  Retour sur l’univers créatif de ce monument italien.

Peu connu en France, Gio Ponti (1891-1979) a pourtant laissé sa signature un peu partout dans le monde. De Milan à Caracas, de Denver à Hong-Kong, le milanais voit grand et séduit par son univers coloré, empreint de légèreté et de transparence.

Jusqu’au 10 février, l’exposition du Musée des Arts Décoratifs lui consacre sa première rétrospective en France, et revient sur toute son œuvre et son parcours. Soixante années durant lesquelles l’homme navigue entre l’architecture, le design, les arts décoratifs, le théâtre ou encore l’édition. Une rétrospective où on découvre le génie d’un homme, son imagination et sa capacité à se dépasser et se renouveler d’années en années.

Affiche publicitaire Richard Ginori au Musée des Arts Décoratifs à Paris – Crédit : Marie Crabié, MAD

Gio Ponti, archi-designer

Installée dans la nef du musée, l’exposition débute tout naturellement sur les premiers pas de Gio Ponti dans le monde du design en racontant ses premières collaborations aux côtés du porcelainier Richard Ginori. Il revisite nombreuses de ses pièces si bien qu’en 1925, à l’occasion de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, le jeune homme remporte déjà le premier prix de céramique.

Un tremplin pour lui qui le hisse au rang des plus grands de son époque. De là, il puisera ses sources d’inspiration dans la luxueuse simplicité Art déco de Robert Mallet-Stevens et du Corbusier. Un départ qui cache sa passion naissante pour l’architecture, que l’on découvre ensuite au cœur de la nef, sous une chaleureuse lumière.

D’un côté, un axe chronologique accompagne le visiteur. De l’autre, les créations de l’architecte italien sont montrées, photographiées, expliquées, dessinées, exposées pour une véritable plongée dans l’univers aux milles facettes de Gio Ponti.

Le mobilier des années 1930 exposé au MAD – Crédit photo : Marie Crabié, MAD

Un homme, dix vies

Depuis la construction de la via Randaccio qu’il conçoit à Milan en 1926, jusqu’au Denver Art Muséum aux États-Unis qui achève sa carrière en 1972, l’œuvre de Gio Ponti s’avère d’une étonnante richesse. Villas, appartements, logements sociaux, cliniques, usines, l’architecte réalise plus de cent constructions et mène une cinquantaine de projets dans treize pays différents.

Carnet d’écritures et de dessin de Gio Ponti exposé au MAD – Crédit photo : Marie Crabié, MAD

Quelques unes de ses créations iconiques sont présentées au cours de l’exposition aux côtés de projets peu connus du grand public, démontrant l’incroyable diversité des réalisations architecturales de l’artiste.

Puis vient le tour de la direction éditoriale. Gio Ponti aime écrire, lire, transmettre. Il soutient la création internationale auprès d’un public vaste, et rédige plus d’un millier d’articles tout au long de sa vie pour la revue Domus, qu’il créée dès 1928. Une véritable référence dans le domaine, désormais éditée dans plusieurs langues.

Gio Ponti fait son époque, et se fait le symbole du mouvement Art Déco de la première moitié du XXème siècle. Il soutient un « art total ». Pour ses commandes, il fait tout. Du mobilier aux couleurs et du sol au plafond, rien n’est laissé au hasard. L’exposition se poursuit par la découverte de six ambiances d’aménagements intérieures conçus entre 1920 et 1960, offrant un sentiment d’immersion au cœur du travail de l’architecte pour le visiteur.

L’hôtel Parc dei Principi est l’une des 6 ambiances présentées dans le parcours de l’exposition du MAD – Crédit photo : Marie Crabié, MAD

Les mots prennent forme, les concepts deviennent réalité. Une rétrospective globale et efficace qui offre un regard habile non seulement sur l’œuvre, joyeuse, colorée, personnelle, fluide et légère mais également sur l’homme, perfectionniste, ambitieux, cultivé et plus que jamais curieux du monde qui l’entoure.

Jusqu’au 10 février 2019 au Musée des Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris. Informations et réservations: http://madparis.fr/ 

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