L’Agendart – Pas d’armistice pour la culture !

L’Agend’art, c’est tous les quinze jours la sélection culturelle de la rédaction.

Exposition – “I want” Pauline Boudry / Renate Lorenz à Rennes

L’espace rennais 40mcube nous propose dans le cadre de la Biennale d’Art Contemporain une œuvre unique réalisée par le duo d’artistes engagés Boudry et Lorenz. Cette double projection vidéo immerge le spectateur dans une installation plurielle, mêlant littérature, poésie, one-woman-show, théâtre, autour de la question du genre et de l’identité sexuelle. Par le biais de références aux mouvements sociaux des années 70, aux textes punk de Kathy Acker, à la sphère queer, et aux vidéos-clips des années 80, les artistes évoquent explicitement leur positionnement par rapport à la récente polémique autour de l’ancien analyste de l’armée américaine Manning. Condamné pour divulgation de documents officiels attestant de la pratique de la torture et de l’exécution d’individus en Irak, Bradley, aujourd’hui devenue Chelsea, a été gracié en 2017 par Obama, décision remise en cause depuis par Trump. I want s’inscrit dans une profonde dénonciation d’une discrimination toute aussi plurielle et a le mérite d’oser mettre des mots sur un discours concret, loin d’un art actuel qui se perd parfois dans son conceptualisme.

Jusqu’au 1er décembre 2018 au 40mcube : Production et diffusion d’art contemporain, 48 avenue Sergent Maginot à Rennes.

Photographie –  L’Exposition Momentum de JR à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) de Paris

Depuis le 7 novembre, la MEP accueille l’exposition « Momentum. La mécanique de l’épreuve » qui retrace plusieurs projets de l’artiste français JR depuis ses premières photographies en 2000 jusqu’aux plus récentes de ses inspirations. Connu pour ses oeuvres monumentales réparties aux quatre coins du globe, le français n’a pourtant pas toujours vécu son art à si grande échelle. Aussi fidèle que possible à l’évolution de ses projets et le processus créatif que ceux-ci induisent, l’exposition s’attache à exposer la diversité de son oeuvre qui mobilise des disciplines, des espaces et des interlocuteurs hétéroclites. Toujours avec pour base le portrait, JR dénonce et fait la lumière sur divers thèmes de société. Depuis le contrôle des armes aux États-Unis évoqué à travers une fresque interactive d’entretiens jusqu’à la question de l’histoire et de la mémoire d’un pays avec la série « the Wrinkles of the City ». Une immersion à découvrir jusqu’au 10 février. `

Maison européenne de la photographie, 5/7 Rue de Fourcy, Paris. Tarif: 6-10€. Mercredi-dimanche 11h-19h45.

 

SOPRO de Tiago Rodrigues (c) Christophe Raynaud de Lage

Théâtre – SOPRO de Tiago Rodrigues au Théâtre de la Bastille (Paris)

Avec Sopro (souffle en français), le dramaturge et metteur en scène portugais Tiago Rodrigues rend hommage à  Cristina Vidal, la souffleuse officielle du Teatro Nacional D. Maria II de Lisbonne. Dans une scénographie simple qui évoque les vestiges d’un théâtre passé où les herbes folles côtoient le plancher de la scène, Tiago Rodrigues reconstruit  une histoire du théâtre au travers du parcours de cette souffleuse. Depuis 1978, Cristina Vidal a vu défiler les plus grands acteurs et les plus grands textes (Antigone, L’Ecole des femmes) et se retrouve, pour la première fois, sur scène. Autour d’elle, les acteurs fétiches du metteur en scène portugais interprètent ces textes qu’elle dit mais qu’elle ne joue pas. Spectacle le plus beau et le plus émouvant de l’édition 2017 du Festival d’Avignon (en particulier grâce à sa dernière scène), Sopro est hommage érudit mais également populaire au théâtre qui devrait ravir amateurs confirmés et néophytes.

Sopro de Tiago Rodrigues au Théâtre de la Bastille et en tournée du 12 novembre au 8 décembre. 1h45 en portugais surtitré. Informations et réservations:  http://www.theatre-bastille.com/saison-17-18/les-spectacles/sopro

Exposition – Chagall, du noir et blanc à la couleur à Aix-en-Provence

Après ses années passées en exil aux Etats-Unis, Chagall ressent la nécessité de se requestionner, et dans le même temps, de requestionner la couleur. L’exposition « Chagall, du noir et blanc à la couleur » qui se tient jusqu’au 24 mars 2019 à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-provence, se consacre à ce renouvellement artistique, caractéristique de la deuxième partie de la carrière du peintre. Ayant vu la guerre en Europe, les salles réunissent un grand nombre de peintures en noir et blanc, mais qui s’inscrivent dans un dialogue permanent avec la couleur. C’est une exposition forte de plus 130 œuvres, retraçant la carrière de l’artiste de la sortie de la guerre à sa mort en 1985. C’est aussi un véritable parcours d’initiation qui invite le visiteur à découvrir la diversité des techniques expérimentées par Chagall dans cette seconde moitié de carrière : lavis, gouache, gravure, peinture, mais aussi sculptures en marbre, en plâtre, en bronze et objets en céramique.

Chagall, du Noir et Blanc à la couleur, Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence,  Du 1er novembre 2018 au 24 mars 2019 – Tarif : 14,00 euros

Marc Chagall, “Le cirque” © ADAGP, Paris, 2018 © Pola Museum of Art, Pola Art Foundation

Photographie – La Fondation Cartier-Bresson déménage

Cette semaine signe la réouverture de la Fondation Cartier-Bresson dans le Marais, au 79 rue des Archives. Installée dans un ancien garage reconverti par les architectes de l’agence Novo, la Fondation dispose désormais d’un plus grand espace offrant de nouvelles perspectives en termes d’organisation des expositions mais également de conservation des oeuvres. En plus des archives, une bibliothèque de recherches est désormais ouverte au public. Qui dit nouveaux locaux, dit nouvelle expo ! Pour inaugurer son ouverture, la Fondation consacre une rétrospective à Martine Franck, épouse d’Henri Cartier-Bresson. Humaniste et audacieuse, la photographe pose un regard sensible sur le monde qui l’entoure. À travers les clichés des causes qu’elle défend, une incroyable empathie transparaît et traduit l’optimisme dont elle faisait preuve. Le travail d’une femme à découvrir jusqu’au 10 février, dans le Marais donc. 

Fondation Henri Cartier-Bresson, 79, rue des Archives, Paris. Tarifs: 5-9€. Mardi-dimanche 9h-11h.  

 

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

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