Raymond Depardon : Traverser et se souvenir

Crédits : Raymond Depardon / Magnum Photos

Parcours éclectique que celui de Raymond Depardon. Réalisateur, romancier, documentaliste et avant tout photographe, l’œuvre de cet aventurier est mise à l’honneur jusqu’au 24 décembre à la fondation Henri Cartier Bresson à Paris.

Il serait facile de rater la Fondation Henri Cartier-Bresson, ouverte en 2003 sous l’impulsion du photographe renommé et de sa femme, Martine Franck : immeuble discret, enclavé dans une impasse jouxtant une école du 14ème arrondissement, seule une banderole indique véritablement la nature du lieu. C’est pourtant au sein de ce bâtiment que chacun pourra (re)découvrir l’œuvre de Raymond Depardon au travers de la rétrospective Traverser.

Park Avenue, New York, 1981 – © Raymond Depardon

 

Comment revenir sans se perdre sur la carrière colossale de Depardon ? La galerie se consacre presque exclusivement à son parcours de photographe, présentant toutefois quelques-uns de ses écrits comme une sorte de trame à l’exposition. Fondateur de l’agence Gamma, membre de l’agence Magnum, ses reportages l’ont conduit dans des lieux aussi divers que dissemblables. De New York au Rwanda en crise, des déserts mauritaniens à Villefranche-sur-Saône et sa campagne qu’on aime appeler profonde, ses reportages font le tour du monde.

Métro Avenue du Président Kennedy, Paris 16ème arrondissement, 1997 © Raymond Depardon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses photographies ne se départissent pas moins d’une vraie cohérence esthétique, d’un désir de s’éloigner de figures impressionnantes et déchirantes, pour se concentrer sur des temps plus calmes ; certains diront « morts ». Et toujours avec ce style reconnaissable par une sorte de calme, son cadre contrôlé, accompagné de courts textes revendiquant la subjectivité de l’artiste. Afin, ainsi, de retracer ce parcours particulier, quatre thèmes se succèdent au fil des deux étages de l’exposition : La terre natale en dialogue avec Le voyage, puis La douleur en dialogue avec L’enfermement, une dernière série touchante sur  certains asiles psychiatriques italiens.

Une exposition un peu courte pour une carrière pourtant fort remplie, mais qui a su cependant sélectionner ses œuvres avec soin, donnant envie au novice de découvrir plus de cette œuvre, à la croisée du photojournalisme et d’une sensibilité artistique et esthétique originales.

Loris Prestaux

Fait des trucs et pense qu'il serait très intéressant que le monde entier soit au courant.

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