Japan-ness : le Japon s’invite au Centre Pompidou Metz

Du 8 septembre 2017 au 14 mai 2018, le Centre Pompidou Metz met à l’honneur le Japon à travers une série de trois expositions consacrées à l’architecture, aux arts plastiques et aux arts vivants. Pour débuter cette saison japonaise, c’est l’architecture qui fait son entrée avec une exposition intitulée Japan-ness, Architecture et urbanisme au Japon depuis 1945.

Alors que se terminait, le 24 septembre dernier, l’exposition Architecture japonaise à Paris (1867- 2017) au Pavillon de l’Arsenal (Paris), c’est au tour du Centre Pompidou de Metz de mettre en avant la culture japonaise. A travers une scénographie réalisée par Sou Fujimoto, cette exposition met en lumière sept décennies de culture architecturale japonaise au cœur du bâtiment emblématique de Shigeru Ban.

Exposition Japan-ness au Centre Pompidou Metz, Septembre 2017 © Lauranne Wintersheim/Maze

 

En s’appuyant sur plusieurs types de documents (maquettes, dessins originaux, schémas, vidéos, photographies etc.), Frédéric Migayrou, conservateur en chef du département d’architecture du Centre Pompidou et commissaire de cette exposition, cherche à révéler l’identité d’une tradition constructive que l’architecte Arata Isozaki résuma par la formule « japan-ness » (la « japonéité »).

À la fois pédagogique et pointue, la ville organique imaginée par Sou Fujimoto, au cœur de l’exposition, dévoile chaque grand courant esthétique (le métabolisme, le modernisme, le brutalisme, le pop art, l’art conceptuel, le minimalisme, le high-tech, l’architecture pauvre, le post-modernisme etc.).

Des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki en 1945 jusqu’à nos jours, l’architecture japonaise a accompagné tous les débats et mouvements internationaux tels que le brutalisme, le minimalisme et le conceptualisme, tout en affirmant une esthétique et un sens de l’espace singuliers.

L’architecture japonaise, dialoguant en permanence avec la tradition tout en témoignant d’une capacité à s’ouvrir et à innover, fascine et influence l’architecture d’aujourd’hui sur le plan international.

Maquette de l’Eglise de la lumière de Tadao Ando, Exposition Japan-ness au centre Pompidou Metz, Septembre 2017 © Lauranne Wintersheim/Maze

 

Le Japon s’exporte en France

L’architecture occupe une place de premier choix dans le lien culturel entre la France et le Japon. Historiquement, ces deux nations sont liées par la reconstruction d’après-guerre et la mondialisation. L’architecture moderne française, prônée entre autres par Le Corbusier, a énormément influencé les architectes métabolistes au Japon tel que Kenzo Tange et Kisho Kurokawa. Aujourd’hui, les architectes japonais des années 2000 ne cessent d’être sollicités pour réaliser des projets en France. Le Centre Pompidou Metz est d’ailleurs l’œuvre du japonais Shigeru Ban, considéré comme l’un des architectes contemporains les plus importants de notre époque. On lui doit la toute récente Seine Musicale à Boulogne-Billancourt. L’agence SANAA (Kazuyo Sejima et Ryûe Nishizawa) est elle aussi régulièrement sollicitée pour réaliser des projets en France. Elle a été notamment choisie pour réaliser le musée du Louvre-Lens ainsi que la reconstruction de la Samaritaine à Paris.

Outre qu’elle donne à voir des pièces rares, comme la maquette de l’église de la Lumière de Tadao Ando, l’exposition tente de définir le processus d’innovation de l’architecture japonaise. En proposant une promenade architecturale, Japan-ness fait découvrir au grand public, comme à un public plus averti, une architecture novatrice, en prise avec son époque et qui n’oublie pas les traditions. Un bel exemple d’équilibre, qui a conquis le monde.