Découvre « Hawa », nouveau repère de l’art du « Monde Arabe »

Safouane Ben Slama

Elles sont jeunes, étudiantes et passionnées. Myriam Taider et Khedija Dhaoui sont les fondatrices de « Hawa », revue susceptible de changer votre perception du « Monde Arabe ».

Magazine participatif sur l’héritage culturel des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, Hawa (à ne pas confondre avec le magazine féminin du même nom) est l’agréable surprise de cet hiver. À travers un site web épuré, on découvre des artistes plasticiens, des peintres engagés, des DJ, des créateurs de mode, des écrivains, et plus récemment cinéastes (leur dernier article porte sur les frères Nasser ) qui nous permettent de nous ouvrir à cette partie du monde fascinante bien que quelque peu méconnue du point de vue artistique.

Les deux jeunes femmes s’intéressent à toutes les formes d’art et aux artistes « qui œuvrent à la transmission de ce patrimoine culturel » et veulent nous « réconcilier » avec une culture que l’on a tendance a laisser de côté. Elles en parlent très bien elles-même : « Conscientes des crispations et parfois de la méconnaissance autour de cette culture, l’art nous parait être une arme noble pour défaire certaines tensions. Parler de ces artistes, et de leurs idées, est donc un moyen de rétablir le dialogue et de revoir nos manières de penser. »

Afin de mieux connaitre les démarches de ce magazine nous avons rencontré Myriam, l’une des fondatrices :

Parle nous un peu de l’histoire du magazine.

Nous avons lancé Hawa en septembre 2016 bien que nous travaillions dessus depuis janvier dernier. Notre objectif était de laisser au projet le temps de mûrir afin d’arriver à un rendu qui nous plaise et qui soit susceptible d’intéresser les lecteurs.

Nous avons fait le choix du format web car il est plus accessible. Le site est organisé de sorte à ce que les artistes soient mis en avant car leur travail est au centre de notre projet.

D’où vous est venue cette idée ?

Avec Khedija – la co-fondatrice du magazine – nous ressentions l’envie de partager notre intérêt pour la culture du Maghreb et du Moyen Orient. La profusion artistique qui émane de ces pays, intimement liée aux enjeux socio-politiques, nous intéresse. La construction d’un projet commun nous a donc paru naturel.

Quel est le but poursuivi  ?

L’objectif d’Hawa est de faire découvrir au public les artistes qui font vivre le patrimoine culturel de ces pays. Il y a une réelle volonté de rendre plus accessible cette scène dans tout ce qu’elle a de riche et de diversifié. Nous travaillons donc tout aussi bien avec des auteurs que des musiciens ou des photographes… Il nous parait également essentiel de fournir un travail de contextualisation, de porter un regard critique – mais jamais orienté – sur les œuvres que nous présentons. En effet, il y a presque systématiquement une dimension sociale, politique ou religieuse derrière chacune d’entre ces œuvres, qui mérite d’être mise en lumière.

Quelle est votre relation à l’art et aux artistes ?

L’art pour nous est avant tout un domaine qui nous passionne. Chaque artiste avance une lecture différente d’une thématique avec une démarche tantôt engagée, tantôt esthétique. Aller à la rencontre de ces artistes nous donne l’occasion d’en apprendre plus sur leur expérience : ils nous expliquent les limites et les difficultés de leur travail, leurs inspirations et leurs aspirations. En partageant ces différentes visions du monde nous voulons donner aux gens la possibilité de mener une réflexion sur cette culture méconnue du grand public.

Quoi de prévu pour la suite ?

Hawa grandit de jour en jour, nous avons beaucoup d’ambition pour ce projet. Dans ce même esprit de partage, nous souhaitons organiser des vernissages et dj-sets avec les artistes que nous présentons. Permettre aux gens d’avoir un contact direct avec les artistes que nous présentons serait pour nous un accomplissement du projet Hawa.

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Untitled, 1996, Women of Allah series ©Shirin Neshat. Photographié par Larry Barns. Courtesy of Gladsone Gallery

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Tiens un ballon, ne touche pas à la politique, Acrylique sur toile, © L’Homme Jaune

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ARABSTAZY © WAF

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Sans nom, 2013, © Safouane Ben Slama

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Like Every Day, 2000; © Shadi Ghadirian

6

Le duo créatif Swen

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L’écrivain Abdellah Taïa, auteur de L’armée du Salut et Lettre à un jeune marocain, par David Adika

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Dégradé, 2016  © Arab et Tarzan Nasser

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