L’Agendart : une photographe américaine, du théâtre allemand et un artiste tchèque

Exposition – Dorothea Lange, Politique du visible au Musée du Jeu de Paume à Paris

Le musée parisien consacre une (petite) rétrospective à celle qui est restée dans l’histoire comme la photographe de l’Amérique de la Grande Dépression. Durant toute la décennie des années 1930, Dorothea Lange va, pour le compte de l’administration américaine, immortaliser les milliers d’américains qui, victimes de la crise et de la sécheresse, vont tenter de refaire leur vie plus à l’ouest. Lange photographie en noir et blanc ces voitures sur-chargées, ces corps émaciés et ses visages marqués qui évoquent sans peine l’adaptation des Raisins de la colère de John Steinbeck par John Ford. Une partie importante de l’exposition est également consacrée à la série que Lange réalisera sur les citoyens américains d’origine japonaise qui, après l’attaque de Pearl Harbor en 1941, feront l’objet d’une sordide politique d’expulsion et d’internement par le gouvernement américain. Des photos très fortes sur une histoire trop méconnue. A noter que les cartels des oeuvres sont en partie inspirés des notes de la photographe et qu’ils sont donc, pour une fois, particulièrement intéressants à lire. 

Jusqu’au 27 janvier 2019 au Jeu de Paume (métro: Concorde). Tous les jours sauf le lundi 11h-19h, nocturne le mardi jusqu’à 21h. Tarifs: 7,5-10€. 

“The migrant mother”, 1936 (c) The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

Exposition – Alphonse Mucha au Musée du Luxembourg de Paris

La Ville de Paris déroule en ce moment le tapis rouge à l’un de ses plus célèbres affichistes : entre le film de Michel Ocelot « Dilili à Paris » qui dévoile plusieurs de ses œuvres, et le Musée du Luxembourg qui les met en exposition, on peut dire que le tchèque qu’Alphonse Mucha est partout (ou presque) à Paris.

Vous connaissez sûrement ses affiches de Sarah Bernhardt, ou ses 4 saisons (surtout l’Eté, avec sa moue boudeuse), mais connaissez-vous ses peintures gigantesques « L’Epopée Slave », ou ses emballages de cigarettes JOB ? Si non (ou si oui, d’ailleurs) on vous conseille de faire un détour par le musée du Luxembourg, ou si vous préférez les salles sombres aux fauteuils bien rembourrés, le dernier film du géniteur de Kirikou, Michel Ocelot.

Du 12 septembre au 27 janvier 2019, au Musée du Luxembourg. Tarif : 9-13€. Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22h.

Nachlass, Pièces sans personnes (c) Samuel Rubio

Théâtre/Installation – Nachlass, Pièces sans personnes de Stefan Kaegi & Dominic Huber – Rimini Protokoll à la MC93 de Bobigny

Le collectif allemand Rimini Protokoll à l’habitude d’immerger le public au cœur de ses  mises en scène. Dans Nachlass, pièces sans personnes, les berlinois s’attachent aux destins de huit individus disparus. Celui qu’il convient d’appeler le spectateur (mais qu’ici ne l’est pas vraiment) est invité à pénétrer successivement dans huit petites pièces vides dans lesquelles il écoute pendant plusieurs minutes un bout de récit de la vie d’une des huit personnes (un père, une ancienne actrice etc.). Huit intérieurs très bien scénographiés (une salle de prière, un bureau impersonnel, une caravane, une chambre d’hôtel etc.) comme une succession de petits théâtre (il y en a d’ailleurs un, de théâtre) dans lesquels se déroule la tragédie humaine de la vie et de la mort. Une déambulation jamais morbide et profondément touchante.  

Du 6 au 17 novembre à la MC93 de Bobigny (Terminus Ligne 5). Tarifs : 9-25€.

Exposition – A des années lumières au Musée des Beaux-arts de Caen 

Depuis le 19 octobre, le Musée des Beaux-Arts de Caen collabore avec le Fond Régional d’Art Contemporain Normandie Caen autour d’une exposition dialogue « À des années-lumière », une articulation d’œuvres contemporaines aux supports pluriels. Un travail de récollection qui questionne l’esthétique de la lumière et ses dimensions multiples dans l’art contemporain : du court-métrage à la sculpture, de la lampe au simple cadre. « À des années-lumière » se traduit sous la forme d’une exposition légère et divertissante, presque ludique parfois, qui invite le visiteur à interagir directement avec l’œuvre au travers de ce médium universel qu’est la lumière.

Jusqu’au 3 mars 2019 au Musée des beaux-Arts de Caen

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

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