Le MoMA à Paris : faites le plein de modernité

Opus 217 de Paul Signac

Jusqu’au 5 mars prochain, les galeries de la Fondation Louis Vuitton de Paris se remplissent de certaines des œuvres les plus importantes de la collection du Museum of Modern Art (MoMA) de New York. Des centaines d’œuvres ont traversé l’Atlantique à l’occasion de cette rétrospective du célèbre musée américain.

La longue évolution de l’art, de celui qui s’expose dans les musées, n’a pas toujours été sans heurt, loin s’en faut. Ainsi, au fil des courants divergents et des révoltes esthétiques se sont constituées de nouvelles références qui sont devenues aujourd’hui de véritables classiques. C’est tout l’enjeu de l’exposition Etre moderne : le MoMA à Paris ; rendre hommage au caractère résolument novateur du fameux musée américain, tout en retraçant en quelques salles une histoire de l’art par le prisme de ses révolutions, comme autant de modernités successives.

L’espoir, un des joyeux de l’exposition (collection du Museum of Modern Art, © Gustav Klimt)

 

Un festin sensoriel

Le nombre d’œuvres rapportées sur le sol français par le MoMA pour cet événement avait de quoi enthousiasmer : 200 originaux, et pas des moindres, prennent place à la lisière du jardin d’acclimatation. Dès la spectaculaire première salle se côtoient Picasso, Hopper, Duchamp, Cézanne et bien d’autres grands noms de l’art. D’une galerie à l’autre, la chronologie débutée dans les années 1900 se poursuit pour retracer tantôt l’apparition de l’abstraction, tantôt celle du Pop Art, ou bien encore le futurisme et l’art de propagande soviétique. Collection naturellement éclectique, chaque salle traversée possède un thème rapidement reconnaissable mêlant artistes au nom reconnu et auteurs plus confidentiels. Sans snobisme toutefois : le cartouche de l’œuvre, avec une pédagogie bienvenue, rappelle les grands éléments biographiques et conceptuels de l’œuvre que nous avons sous les yeux.

Si l’exposition est riche en peintures, les autres médias artistiques n’ont pas été laissés sur le carreau. Compte tenu de l’importance du MoMA dans l’instauration de la photographie comme art à part entière, de nombreuses salles y ont été consacrées. Sont présents des photographes emblématiques, parmi lesquels Man Ray ou encore la truculente Cindy Sherman dans une de ses collections les plus ironiques. D’autres scènes artistiques sont représentées : au deuxième étage, plusieurs salles mettent d’ailleurs le visiteur à l’honneur en lui permettant d’écouter à son envie une œuvre, ou encore de participer à une autre… Ne gâchons pas la surprise !

Untitled : dans cette série, la photographe se joue avec humour des clichés hollywoodiens sur la femme (collection du Museum of Modern Art, © Cindy Sherman)

 

Hommage à un grand musée

Juste après les détails artistiques, chaque cartouche précise avec une pointe de fierté la date et les conditions d’arrivée de l’œuvre dans la collection du prestigieux musée. En effet, en dehors de la présentation des œuvres emblématiques du MoMA, toute une partie de l’exposition est consacrée à l’histoire de ce dernier et de ses fondatrices, Abby Aldrich Rockefeller, Lillie P. Bliss et Mary Quinn Sullivan. Cette section, plus muséologique à proprement parler, est riche d’informations et apporte de nombreux détails sur le rôle libérateur qu’a pu avoir l’institution dans le monde de l’art du XXème siècle. Se dévoile là un autre objectif de l’exposition : réaffirmer la position du musée sur la scène de l’art, toujours actuelle et se voulant toujours novatrice malgré son ancienneté.

La grande force de Etre moderne : le MoMA à Paris, en dehors de l’architecture toujours majestueuse de la fondation Vuitton, c’est son catalogue. Dans cette immense et très exhaustive collection, chacun trouvera pour son compte, avec évidemment un revers à cette médaille. Par rapport à une exposition thématique, à moins d’être passionné de tout, toutes les salles n’éveilleront pas l’intérêt de manière égale. Cependant, malgré un prix compris entre 10 et 16 euros qui peut décourager, il ne vous est pas recommandé de faire l’impasse de cet incontournable du monde culturel parisien de cette année.

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