Festival d’Avignon OFF – “Une bouteille à la mer” : correspondance entre Jérusalem et Gaza

Une bouteille à la mer, c’est l’histoire d’une correspondance épistolaire qu’entretiennent une adolescente israélienne et un jeune palestinien. Cette adaptation du roman de Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza, met en scène les appels d’espoir et de révolte d’une jeunesse face à l’absurdité d’un conflit.

La mer dépose sur la plage de Gaza une bouteille venue de Jérusalem. Dans cette bouteille, une lettre de la jeune Tal. Dans cette lettre, destinée à une espérée correspondante palestinienne, Tal confie son envie de connaître le quotidien en Palestine.  Dans un climat permanent de peur et de conflit, elle aimerait comprendre, et partager ses questions avec une fille de son âge. Hors, ce n’est pas une, mais un gazaoui qui lira son message. Il répond au nom de Naïm.

Dialogue et poésie autour d’un conflit politique

Une explosion annonce le début de la pièce or, “une explosion, c’est forcément un attentat…

D’emblée, le contexte est posé. Sur la scène du théâtre du Petit Louvre, c’est toute l’horreur d’un conflit qui résonne à travers une écriture forte et poétique. Dans une atmosphère où la liberté d’expression est muselée, Tal et Naïm parviennent à libérer leur parole. Ensemble, ils créent leur forteresse de confiance et d’espoir. Rapidement, leur correspondance se transforme en survie.

© Julien Vivant

Une fenêtre sur un quotidien insoupçonné

Au service d’un texte ou s’entremêlent lyrisme et virulence, la scénographie nous propulse dans une métaphore du contexte géopolitique de ce conflit. Scindée par un fil barbelé, la scène offre à Tal et Naïm une partie égale de la scène. Leurs regards ne se croisent jamais. L’unique raccord à ce territoire symboliquement divisé, ce sont leurs voix, parfois accompagnées d’une musique. Nous voilà happés par la résonance de leur intimité. Au fond du décor, des films  documentaires enrichissent notre immersion dans cette correspondance épistolaire.

Sur scène, les comédiens interprètent avec justesse les états d’âme de leurs personnages, avec leurs forces et leurs faiblesse. A Jérusalem, Tal représente l’infime partie de cette jeunesse déconcertée par la guerre. Sa vivacité et son angélisme n’altèrent en rien sa prise de conscience. Naïm, quant à lui, manifeste avec ironie et méfiance sa lucidité sur ses conditions de vie. Il est l’incarnation d’une jeunesse toute autre, fermée au reste du monde, lassée de désespoir. Avec eux, on pleure, on rit et on lève le poing au nom d’une jeunesse universelle, en proie au doute et au droit de vie.

© Julien Vivante

 

 

Renseignements :

Une bouteille à la mer (1H25), Jusqu’au 29 juillet 2018 à 11H00, au théâtre du Petit Louvre – Avignon

D’après le roman de Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza – Adaptation et mise en scène : Camille Hazard – Avec Eva Freitas et Aurélien Vacher – Musique : Louis Sclavis et Bastien Nouri

 

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