Festival d’Avignon OFF – “Cent Mètres Papillon”, de la piscine aux plateaux de théâtre

Avant d’être acteur, Maxime Taffanel a été nageur de haut niveau. Dans Cent mètres papillon, il relate les hauts et les bas de cette première vie. Rafraichissant en dépit d’un texte et d’une mise en scène parfois convenus.

Festival d’Avignon, milieu du mois de juillet, 16h30, 35 degrés à l’ombre. La France n’a pas encore gagné la coupe du monde de football mais tout le monde ne parle déjà que de ça. Mais par une telle chaleur, plus que d’un détour par le stade c’est d’un plongeon dans une piscine dont on rêve. Direction La Manufacture pour le seul en scène de Maxime Taffanel qui nous raconte sa jeunesse de nageur de haut niveau.

 

(c) Ludo Leleu

 

Natation synchronisée

Avant de rentrer à l’ENSAD (Ecole nationale supérieure des arts décoratifs) de Montpellier, avant de passer par l’Académie de la Comédie Française, Maxime Taffanel a donc nagé. Beaucoup nagé. Puis il a arrêté. Pendant une heure toutefois, il replonge avec nous dans cette première carrière sous les traits de Larie, un jeune nageur de seize ans.

Sur un plateau entièrement nu et pendant une heure, l’acteur nous donne une véritable leçon de natation. Si on peut regretter l’absence de scénographie et la trop grande discrétion de la mise en scène, on apprécie toutefois la démonstration. Le comédien décrypte et mime devant nous tous les gestes techniques (les différents styles, la culbute, la reprise de nage etc.) jusqu’à ce que le tout forme une sorte de chorégraphie voire un véritable ballet quand la musique de Roméo et Juliette de Prokofiev s’élève en même temps.

 

(c) Ludo Leleu

 

Ce travail sur le corps, son déploiement, sa mise en avant, les sons qu’il émet dans l’eau, le rythme et la musicalité qui s’avèrent quasiment nécessaires à l’exploit sportif sont les aspects les plus captivants et originaux de la pièce. On voit défiler avec moins d’intérêt la galerie de personnages assez convenus que sont les concurrents (plus ou moins prétentieux) ou le coach colérique accroché à son chronomètre. Toutefois, on demeure touché lorsque, progressivement, Larie perd pied, perd du temps (l’ennemi de tout sportif), perd l’envie et que, fatalement, il arrête.

Nager, jouer, si loin si proche

Maxime Taffanel a lui aussi arrêté de nager. Mais pour commencer à jouer. Toutefois, pas sûr que pour lui les deux activités soient si différentes. Dans les deux il faut répéter (inlassablement), dans les deux il y a des stars, des références ultimes qui inspirent et font rêver (Michael Phelps en natation, sûrement Isabelle Huppert ou Laurent Sauvage au théâtre).

« C’est en m’éloignant des bassins, et en intégrant l’ENSAD de Montpellier, que j’ai découvert des textes, des auteurs. C’est en arpentant un plateau, que je me suis mis à rêver et à retrouver des sensations passées. Ces sensations qui me faisaient me sentir grand. » (Maxime Taffanel)

 

Dans les deux disciplines aussi, il y a beaucoup de candidats, peu d’élus et de nombreuses défections en cours de route… Maxime Taffanel a peut être arrêté de nager mais, avec cette pièce, on parie qu’il n’est pas prêt d’arrêter de jouer.

 

Informations pratiques : “Cent mètres papillon” du Collectif Colette. Texte de Maxime Taffanel et mise en scène de Nelly Pulicani. Durée : 1h05.

A Avignon à La Manufacture jusqu’au 26 juillet à 16h25 puis en tournée (toutes les informations sur : https://www.collectifcolette.fr/ )

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

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