« Adda / Rendez-vous » : Rétrospective française de Subodh Gupta à la monnaie de Paris

Du 13 mai au 26 août 2018, le 11 quai de Conti accueille les installations de l’artiste plasticien indien Subodh Gupta.

Dès l’entrée, dans la Cour d’Honneur, le visiteur est surpris par le People Tree, l’arbre géant conçu spécialement pour être présenté à la Monnaie de Paris. Fruit d’un assemblage d’ustensiles de cuisine en acier inoxydable, l’arbre à taille réelle donne un premier aperçu de l’exposition et plus globalement de l’œuvre de Subodh Gupta.

L’exposition se divise en six parties et restitue, à travers seulement trente œuvres, la vaste palette de l’artiste plasticien. Pas seulement plasticien, Subodh Gupta est également photographe, sculpteur, peintre et performeur : une pluralité de formes que le parcours n’oublie pas de souligner. Toutefois, à l’image de l’usage d’ustensiles de cuisine et du quotidien, certaines techniques apparaissent plus représentatives du travail de l’artiste. Autant cuisinier que sculpteur, Gupta met ici la vaisselle indienne à l’honneur en assemblant et juxtaposant les ustensiles pour former d’immenses sculptures. Il en profite pour nous faire découvrir les possibilités de son matériau de prédilection, l’acier inoxydable.

Du ready-made au gigantesque et emblématique Very Angry God qui l’a rendu célèbre, la fascination de Subodh Gupta pour la rutilance de l’acier et son exploration du matériau ne peut pas nous échapper.

  

L’alimentation est au cœur de l’œuvre de Subodh Gupta : il empile des boîtes à repas vides (les « tiffin dabba » indiennes), dépose de la pâte enfarinée sur une table en bois, filme la préparation des aliments et organise des performances mettant en scène l’ingestion de ces aliments. Plus qu’une critique de la société de consommation c’est véritablement un jeu entre le vide et le plein et entre le contenant et le contenu que Gupta veut présenter à son public.

Le mélange des thèmes du quotidien et du déplacement est un autre axe majeur de son œuvre. Two Cows, deux vélos positionnés l’un sur l’autre contre un mur et équipés de pots à lait, figurent la distribution quotidienne de lait à bicyclette. Mais le déplacement va plus loin chez l’artiste puisqu’il évoque surtout pour lui l’exode et la migration. C’est ce que montrent les bagages d’une part et l’immense sculpture Jal Mein Khmbh, Kumbh Mein Jal Hai (l’eau est dans le pot et le pot est dans l’eau). Cette grande barque en bois à laquelle sont accrochés des pots qui figurent le corps humain pour les soufis, vient symboliser la migration et le passage vers l’au-delà.

 

Par la vaisselle et les objets courants en Inde, l’artiste parvient à transfigurer en images et en sensations les histoires de communautés. Adda / Rendez-vous à la Monnaie de Paris pour découvrir celui qui se place en parrain de l’art contemporain indien.

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