AGENDART – Pour bien commencer le printemps

Tous les quinze jours, la rédaction de Maze sélectionne les événements culturels à ne pas manquer !

Théâtre – Le Direktor de Lars Von Trier sur scène

Jusqu’au 4 avril, le Théâtre de la Bastille accueille l’adaptation scénique du film de Lars Von Trier par le metteur en scène Oscar Gomez Mata. Le Direktor, c’est l’histoire de Svan, un chef d’entreprise danois qui, par pragmatisme autant que par lâcheté, a fait croire pendant plus de dix ans à ses employés qu’il était l’un deux et que l’entreprise était en fait gérée par un autre, le “directeur”, installé aux très lointains Etats-Unis… Alors qu’il s’apprête à vendre son affaire – et arnaquer ses collègues au passage- Svan est toutefois contraint d’engager un acteur de théâtre pour incarner ce “directeur”, seule personne avec laquelle les futurs acheteurs acceptent de conclure le marché. La satire peut alors commencer. Sous des aspects d’abord un peu inquiétant de théâtre contemporain foutarque et bordélique tendance hystérique, la pièce s’avère une comédie très efficace sur l’absurdité et les perversités du monde du travail, l’égo des acteurs mais aussi la complexité des rapports humains. Servie par un très bon casting au jeu très physique, le Direktor est un moment de théâtre très plaisant.

Le Direktor au théâtre de La Bastille (Paris, 10ème). Durée: 2h15. Jusqu’au 4 avril. Informations et réservations: Théâtre de la Bastille

© Berlinde de Bruyckere

Femmes Artistes – La série artistique et féministe d’Arte

La série de Claudia Muller revient pour une deuxième saison et continue de mettre à l’honneur les femmes artistes. Partant du constat que les femmes sont moins présentes dans les musées ou que leurs oeuvres sont moins cotées que celles de hommes, la série d’Arte rappelle que, de tout temps, les femmes n’ont jamais cessé de créer et de développer un art parfois très subversif. Chaque épisode d’une trentaine de minutes voit une femme artiste être commissaire d’une exposition fictive dans laquelle elle doit choisir de faire figurer une sélection d’oeuvres réalisées par des femmes qu’elle-même admire. La sculpture italienne Monica Bonvicini, les plasticiennes Berlinde de Bruyckere ou Tatiana Trouvé se sont prêtées au jeu en choisissant des oeuvres de leurs consœurs. Ludique, l’émission permet à chaque invitée de disposer des reproductions miniatures (absolument adorables !) des oeuvres élues dans une maquette servant de base à une exposition virtuelle en 3D… en attendant le “vrai” musée ?

Femmes artistes, série de Claudia Muller disponible sur Arte.

Crédit : Jean-Louis Fernandez

Théâtre – Qui a tué mon père

L’acteur et metteur en scène Stanislas Nordey porte à la scène le texte écrit par Edouard Louis. Dans ce petit ouvrage en forme de pamphlet, le jeune auteur s’adresse à son père et expose les raisons politiques de son destin. Ce père, qui apparaissait comme une figure brutale, raciste et homophobe dans En finir avec Eddy Bellegueule, le premier ouvrage d’Edouard Louis, est ici une figure quasi spectrale, diminuée par une vie de labeur et de souffrance sociale. On a déjà longuement évoqué les qualités de cette pièce dans cet article mais on ne résiste pas à l’envie de vous recommander, une nouvelle fois, d’aller voir ce spectacle indispensable. D’abord, pour voir Stanislas Nordey au sommet de son art d’acteur mais aussi pour assister à un grand moment de théâtre politique.

Qui a tué mon père, texte d’Edouard Louis mis en scène par Stanislas Nordey. Avec Stanislay Nordey. Durée : 1h50. Jusqu’au 3 avril au Théâtre de la Colline à Paris puis en tournée. Informations et réservations ici.

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

Pas encore de commentaires

Laissez un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.