Parlez-moi d’asso #5 – IMBY, pour un refuge solidaire

Le projet solidaire IMBY est né de l’association Quatorze en 2016. Il consiste à installer une « tiny-house » dans votre jardin pour accueillir des réfugiés. Surprenant, n’est-ce pas ? C’est pour cette raison que nous avons échangé avec Maïté Pinchon, chargée du projet IMBY, pour avoir plus de précisions sur ce projet.

Comment vous est-venue l’idée du projet NIMBY ?

Ce projet est né il y a deux ans suite à un appel à projet du musée de l’architecture finlandaise. Il souhaitait trouver un moyen pour accueillir les réfugiés de plus en plus nombreux dans les grandes villes européennes. Ayant remporté le concours, nous avons ensuite eu l’honneur d’exposer ce projet à la Biennale d’architecture de Venise en 2016, véritable fierté pour un architecte.

Ces encouragements nous ont incité à continuer ce projet en région parisienne. Nous avons aussi développé l’idée grâce au soutien du projet ELAN du samusocial de Paris qui vise à loger des réfugiés chez soi afin d’offrir un cadre favorable à l’ouverture aux droits (en matière de santé, de formation ou dans l’accès à un logement).

Nous souhaitons apporter notre contribution à ce dernier projet par le nôtre en offrant un espace intime aux réfugiés avec la « tiny-house », tout en permettant à la personne de rencontrer la famille qui l’héberge dans son jardin pour favoriser son intégration.

Comment se déroule ce projet et quel est son objectif ?

Le concept est assez simple : des familles acceptent de mettre dans leur jardin une « tiny-house », pour une durée minimale de deux, et les personnes réfugiées accueillies peuvent y rester sur une période allant de 6 mois à 1 an. Cette durée peut être renouvelée ou non au loisir de la famille qui accueille la construction. La « tiny-house » ressemble à un mobil-home mais s’apparente davantage à un studio, faisant 20m2 environ, comportant une mezzanine où se trouve le lit. Non seulement solidaire, ce projet prend aussi en compte l’aspect intime : la construction est réalisée en bois pour offrir un cadre plus chaleureux aux personnes qui y sont logées.

L’objectif était tout d’abord de créer un espace pour les réfugiés, un endroit où ils puissent respirer et leur laisser le temps pour reconstruire un projet d’avenir. Nous voulions prouver qu’une solution alternative était possible face aux besoins d’urgences et croissants dont nous sommes témoins ces dernières années sur cette question.

Comment est vécu ce projet par de la famille et l’hôte ? Est-ce que le voisinage et la commune se montrent coopératifs ?

Ce projet est très bien vécu par la famille et l’hôte. On rencontre néanmoins quelques fois des difficultés au début du projet. Étant donné que ces deux derniers vivent indépendamment, il est souvent difficile de trouver un rythme pour se voir régulièrement. Une fois ce rythme trouvé, il n’est pas rare de les voir manger ensemble une fois par semaine.

Quant au voisinage, il accepte le projet lorsqu’il est expliqué de vive voix. Nous avons la chance de réaliser actuellement le projet à Montreuil où l’association a déjà œuvré. La commune est assez ouverte sur les thématiques qu’aborde le projet, ce qui lui permet d’être bien accepté.

Ce cas n’est pas général puisque dans d’autres communes, les mairies se font plus timides et froides. La mairie possède le pouvoir d’accepter ou non le projet. En cas d’avis défavorable, il peut empêcher le projet grâce à la législation sur l’urbanisme, en évoquant des raisons qui paraissent absurdes, concernant le paysage par exemple. Ces raisons sont dues au fait que ce projet peut encore faire peur au voisinage lorsqu’il est mal informé.

Pensez-vous que l’intégration des personnes réfugiées doive se faire au niveau des communautés locales ou par le biais des initiatives citoyennes ? Et quel est votre opinion de la politique française à l’égard des réfugiés ?

Les deux se doivent d’être complémentaires. A mon sens, le projet peut être lancé et organisé par des initiatives citoyennes. Mais au regard de notre expérience, le projet ne peut être soutenu sans les communautés locales. Sans elles, l’impact du projet est moindre.

Quant à l’Etat, il affiche une réelle volonté d’accueillir au mieux les réfugiés en leur accordant un statut. Cependant, si nous faisons beaucoup par rapport à d’autres pays européens, nous faisons moins que d’autres. Pour ceux à qui l’on a refusé de reconnaître le statut de réfugié, la mise en rétention administrative préalable à l’expulsion du territoire est par exemple très utilisée en France, à la différence d’autres pays en Europe.

Quel futur envisagez-vous pour IMBY ?

Nous avons installé pour le moment une “tiny-house”, et projetons d’en implémenter cinq autres en Ile-de-France. Mais nous devons trouver un modèle économique et être aidés d’un public pour pouvoir en construire davantage. Si nous nous finançons par des financements participatifs ou par des fondations privées cela n’est pas suffisant.

Nous souhaitons prouver que ce projet peut fonctionner et peut réellement favoriser une vie stable ou l’octroi d’un travail pour ces personnes dans le besoin.

Si vous souhaitez participer à ce projet solidaire en le finançant en accueillant une « tiny-house » nous vous invitons à rejoindre leur site : https://www.imby.fr

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